Retirada

Le tragique exode des Républicains espagnols

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  • Les familles ont été séparées au passage de la frontière.
    Les familles ont été séparées au passage de la frontière.
  • Les hommes étaient parqués dans des camps de concentration.
    Les hommes étaient parqués dans des camps de concentration.
  • Les hommes étaient parqués dans des camps de concentration.
    Les hommes étaient parqués dans des camps de concentration.
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En partenariat avec Decazeville communauté, Memoria andando commémore cette année le 80e anniversaire de ce tragique exode, la Retirada.

Après une guerre de près de trois ans face à la coalition Franco-Mussolini-Hitler, la défaite des républicains espagnols signifiera en janvier et février 1939 l’exode de 450 000 à 500 000 personnes.

À partir du 28 janvier, un long cortège tragique de femmes, d’enfants, de bébés, de vieillards, de malades harassés, tremblant de froid et d’angoisse, affamés, désorientés, démoralisés, se rue vers la frontière. Mais les forces des troupes républicaines très diminuées se replient aussi en masse vers la France et se pressent à la frontière entre le 5 et le 13 février. Les récits abondent en scènes pénibles ou tragiques, en humiliations ressenties avec aussi parfois quelques actes de générosité dispensés par des inconnus. Une Française, militante socialiste et jeune institutrice au Perthus, confirme la brutalité fréquente de l’accueil : "J’ai crevé de honte durant tout l’exode". C’est au passage de la frontière qu’on procède, souvent brutalement, à la séparation des familles. Dans l’ensemble, les femmes, les enfants, les vieillards, sont massivement évacués dans divers départements de l’intérieur où des centres d’hébergement les accueillent tant bien que mal.

"Triage" à Rodez

En Aveyron, par exemple, arrivent en gare de Rodez pour "triage", en janvier-février 1939, près de 2 400 réfugiés (un millier de femmes, près de 1 000 enfants, une centaine de vieillards, plus de 30 blessés et quelques hommes valides). Ils sont répartis par la préfecture de l’Aveyron sur 43 communes. Pris en charge par l’État, ils sont hébergés dans des hôtels ou chez des logeurs particuliers. Les hommes, eux, sont escortés vers les plages (Argelès, Saint-Cyprien, Le Barcarès…) et parqués dans des camps de concentration (c’est le terme officiel) dans des conditions très difficiles : à même la plage, sans baraques, ni tentes, ni cuisines, ni point d’eau, ni sanitaires, ni latrines. Pas un médecin ou une infirmière, malgré la présence de nombreux blessés et de femmes enceintes. Puis vers les camps de Bram (Aude), d’Agde (Hérault), du Vernet (Ariège), de Septfonds (Tarn-et-Garonne), de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) et les camps d’Afrique du Nord avec, entre autres, le sinistre Djelfa.

Différentes manifestations sont programmées : exposition sur l’exode et les camps, du 5 au 23 février, à la médiathèque de Decazeville ; diffusion de deux documentaires, "Memoria viva" (à 18 heures) et "Le Silence des autres" (à 20 h 30), le 14 février, au cinéma La Strada, ainsi qu’un très beau spectacle en hommage au poète Antonio Machado, mort à Collioure en février 1939, "Flamenco por un poeta", le 16 février, à 20 h 30, à l’espace Yves-Roques. Infos au 05 65 43 75 25 ou au 06 03 89 48 07.

Plusieurs manifestations au menu

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