Cinéma

Berlinale: Binoche dans la spirale du mensonge dans "Celle que vous croyez"

  • Juliette Binoche à la Berlinale, le 10 février, 2019
    Juliette Binoche à la Berlinale, le 10 février, 2019 John MacDougall / AFP / John MacDougall / AFP
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(AFP) - Dans "Celle que vous croyez" de Safy Nebbou, présenté dimanche à la Berlinale, Juliette Binoche est convaincante en quinquagénaire qui refuse de vieillir et se retrouve prise dans une spirale de mensonge vertigineuse après s'être créé un faux profil sur les réseaux sociaux.

Hors compétition au festival du film de Berlin, cette adaptation d'un roman de Camille Laurens raconte l'histoire de Claire (Juliette Binoche), la cinquantaine, professeur de littérature d'université séparée du père de ses deux fils adolescents.

Pour surveiller son jeune amant Ludo (Guillaume Gouix), elle se crée un profil sur les réseaux sociaux, celui d'une jeune femme de 24 ans, et se met en contact avec Alex (François Civil), le meilleur ami de Ludo. Alors que celui-ci est rapidement séduit par celle avec qui il croit parler, elle tombe amoureuse de lui au fil de leurs conversations virtuelles, mais sans savoir comment lui dire la vérité.

"Après m'être interrogé sur la déconnexion (avec +Dans les forêts de Sibérie+, son précédent film, NDLR), je me suis interrogé sur la connexion et la surconnexion", a expliqué à l'AFP Safy Nebbou, qui dit avoir "assez vite vu un potentiel de cinéma" dans le livre de Camille Laurens.

"Je sentais qu'il y avait une dimension à la fois sociétale et de thriller", poursuit le réalisateur du "Cou de la girafe", pour qui "Vertigo" ("Sueurs froides") d'Alfred Hitchcock, "Opening night" de John Cassavetes et "Les Liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos ont été des références pour ce film à suspense, dont les différentes strates se superposent comme des poupées russes.

"Ce qui m'a touché je pense dans l'héroïne, c'est sa dimension d'abandon, donc de vertige", analyse-t-il, soulignant avoir voulu parler aussi de "la solitude moderne" à l'heure des réseaux sociaux.

"J'avais aussi l'impression de faire un film sur les femmes, avec en tête la femme de 50 ans que tristement on appelle la femme invisible", indique le réalisateur. "J'ai aimé la fragilité que Juliette Binoche a amenée dès le départ dans le personnage", acceptant de "jouer à fond intimiment la jeune, vieille, la déboussolée".

"Claire est l'un des rôles où j'ai le plus osé perdre pied et assumer de vieillir", a expliqué de son côté Juliette Binoche. "C'est un portrait de femme complexe mais pas complexée", souligne-t-elle dans le dossier de presse du film.

Relaxnews
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