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Bébés nés sans bras : « les 11 cas suspects n’en sont pas »

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    Bébés nés sans bras : « les 11 cas suspects n’en sont pas »
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Dans l’affaire des bébés nés sans bras, le nombre de cas continue de faire débat. Pour Emmanuelle Amar, directrice du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), qui a lancé l’alerte en octobre 2018, si 8 cas sont avérés, les 11 autres cas « suspects » soulevés par Santé publique France, ne souffrent en réalité pas du tout d’agénésie transverse des membres supérieurs.

Au départ, 8 cas de bébés nés sans bras ont été identifiés dans une zone de 20 kilomètres autour du village de Druillat dans l’Ain, entre 2009 et 2014. Ces cas sont avérés et considérés par le Remera comme en excès par rapport à la prévalence habituelle d’environ 1/10 000. Ce qui a déclenché l’alerte sanitaire du 29 octobre dernier.

Le lendemain, Santé publique France annonçait 11 cas suspects supplémentaires. Selon l’organisme public, ceux-ci sont encore aujourd’hui« sujets à investigation conjointement par Santé publique France et Remera ».

Mais pour la directrice du registre, il n’en est rien. Selon elle, les investigations sont terminées, et ces 11 enfants ne souffrent pas d’agénésie transverse des membres supérieurs comme les 8 autres. « Tous ont leurs deux bras et leurs deux mains. Ils souffrent en réalité, entre autres, d’achondroplasie (nanisme ndlr), d’un torticolis empêchant de lever les bras, d’hypotrophie, et un bébé présentait à la naissance une bosse sérosanguine

Manipulation des chiffres ?

Mais alors pourquoi ces cas sont-ils toujours considérés comme suspects par Santé publique France ? Emmanuelle Amar accuse l’organisme de ne pas vouloir admettre l’excès de cas et de faire planer le doute sur les chiffres.

« En additionnant les 8 cas avérés et les 11 suspects on obtiendrait 19 cas survenus entre 2000 et 2014. Cela équivaut à 1,3 cas par an en moyenne. Ce qui correspond à la prévalence habituelle. Il n’y aurait donc pas d’excès de cas ! », déplore Emmanuelle Amar.

A noter : le ministère de la Santé a annoncé ce 12 février la création de deux comités coordonnés par Santé publique France et l’Anses et chargés de coordonner les enquêtes « sur les causes, notamment environnementales, de ces cas groupés ». Les résultats de ces travaux sont attendus pour le 30 juin 2019.

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