Couples à la ville et couples au travail, ces Aveyronnais qui ne se quittent plus

Abonnés
  • Dam’s et Mimiss Tartouille, pierceur et tatoueuse à Decazeville
    Dam’s et Mimiss Tartouille, pierceur et tatoueuse à Decazeville CPA / CPA
Publié le / Mis à jour le S'abonner

À l’occasion de la Saint-Valentin, rencontre avec six couples aveyronnais unis à la ville comme dans leur activité professionnelle. à Decazeville, à Annecy, à Rodez ou encore à Paris...

Ils ne se quittent pas d’une semelle. De plus en plus de couples se lancent dans l’entreprenariat en duo. Une entreprise sur trois (32 %) dans l’artisanat et le commerce de proximité est ainsi tenue par un couple. Mieux, 34 % des franchisés s’associent avec leur conjoint, principalement dans la boulangerie, la distribution ou l’alimentaire. Dans l’hôtellerie et la restauration, ce chiffre grimpe carrément à 49 %.

Si les chiffres tendent à démontrer le côté positif de l’entreprise en duo, le pari n’en est pas moins risqué. "Il faut savoir au préalable à quoi l’on s’engage, expliquait Michèle Montagnon, à l’origine du séminaire Vivre et travailler en couple est un art qui s’apprend. Et évaluer l’investissement personnel et financier de chacun, les objectifs, la capacité à vivre ensemble 24h sur 24".

Dam’s et Mimiss Tartouille, pierceur et tatoueuse à Decazeville
Dam’s et Mimiss Tartouille, pierceur et tatoueuse à Decazeville - CPA

1. Dam’s et Mimiss Tartouille, pierceur et tatoueuse à Decazeville

Leurs clients ne les ont pas découverts. En revanche, le grand public a pu faire plus ample connaissance avec ce couple qui ne laisse pas indifférent. Dam’s

et sa compagne Mimiss Tartouille (un nom de scène qui est aussi une combinaison de son prénom Mireille et de sa capacité "à avoir la gifle facile au collège") sont les heureux organisateurs du récent Urban Tatto Show, salon du tatouage qui a animé durant deux jours les deux salles du Laminoir à Decazeville. Alors que Damien Vidal est pierceur dans le Bassin, Mimiss Tartouille est tatoueuse à Decazeville et Figeac. Sacrée en Occitanie, elle s’apprête à briguer, fin mars en Alsace, le titre convoité de plus belle femme tatouée de France.

Adrien Séguret et Anne-Lise Rousset, trailers à Annecy
Adrien Séguret et Anne-Lise Rousset, trailers à Annecy - CPA

2. Adrien Séguret et Anne-Lise Rousset, trailers à Annecy

Saint-Valentin ou pas, Adrien Séguret a une chance énorme. Celle qui est devenue son épouse l’été dernier n’a pas besoin de lui pour recevoir des bouquets. Elle s’en charge toute seule... Mieux, elle les collectionne ! Du coup, pour cette journée entièrement dédiée aux amoureux, il a accepté une sortie en vélo autour du lac d’Annecy. "Ce n’était certes pas prévu mais il faut savoir faire des concessions, s’amuse-t-il. Elle a eu le dernier mot en me disant que c’était dommage de ne pas prendre l’air avec un si beau soleil". Anne-Lise Rousset est une championne de trail, avec son mari comme entraîneur, et le couple a quitté récemment l’Aveyron pour la Haute-Savoie.

Ils se sont connus en 2010. "J’ai repéré... sa manière de courir lors d’un raid auquel elle participait avec son école vétérinaire, se souvient-il. Elle avait une foulée naturelle parfaite alors qu’elle n’avait jamais fait de sport. Je lui ai proposé de l’entraîner car elle avait un potentiel de dingue". De fil en aiguille, la relation entraîneur - entraînée a pris une toute autre forme en 2013. Cette proximité à la ville est-elle un avantage quand ils enfilent leur tenue sportive. "C’est un vrai atout, assure le technicien. Je la connais parfaitement dès qu’elle met un pied hors du lit et, du coup, je sais la séance dont elle a besoin". Adrien Séguret (35 ans) et Anne-Lise Rousset (30 ans) sont sur la même longueur d’onde. Comment vit-il le fait d’être dans l’ombre ? "Ce qui me fait rêver, c’est de la voir briller, insiste-t-il. J’ai eu ma vie de sportif et mon rôle aujourd’hui me va très bien". Elle confirme.

Luc Pourrat et Chloé Tatin, restaurant La Maison à Rodez
Luc Pourrat et Chloé Tatin, restaurant La Maison à Rodez - CPA

3. Luc Pourrat et Chloé Tatin, restaurant La Maison à Rodez

Ils souffleront le 2 mars la première bougie de l’ouverture de La Maison, leur restaurant et salon de thé, rue Louis-Oustry à Rodez. Le Ruthénois Luc Pourrat (30 ans) et la Charentaise Chloé Tatin (42 ans) se sont connus dans le célèbre hôtel-restaurant Costes (propriété aveyronnaise), près de la place Vendôme à Paris. Il était... son stagiaire ! Les deux collègues sont devenus des amoureux et de cet amour est né Gaspard, le 2 août 2016. C’est justement quand la famille s’est agrandie qu’ils ont décidé de s’installer à Rodez. Comme à La Maison ! Et ils ont ensuite donné vie à ce restaurant et salon de thé. "Il fallait qu’on travaille ensemble, c’était une évidence, lâchent-ils en chœur. On est peut-être un peu masos mais on aime ça être collés. On fait tout ensemble". Ils parlent d’ailleurs toujours d’une même voix à chaque question posée ! C’est ainsi qu’ils ajoutent : "On est complémentaires, c’est génial. On ne fait jamais la même chose, on n’a pas les mêmes compétences, mais on a des goûts identiques. Que ce soit pour la décoration, ou bien alors pour la cuisine". La cuisine, c’est lui qui est derrière les fourneaux, mais elle n’hésite pas à lui dire ce qu’elle en pense. "On s’autorise la critique, confirme-t-elle. On dit les choses et on ne se vexe pas". Alors que Chloé Tatin tend une oreille attentive, Luc Pourrat conclut : "On n’a pas besoin de mettre les formes. On fait au plus vite, il n’y a plus de filtre".

Clémence et Raphaël, gérants de Chez Dudule à Paris
Clémence et Raphaël, gérants de Chez Dudule à Paris - CPA

4. Clémence et Raphaël, gérants de Chez Dudule à Paris

Serveur l’un comme l’autre à leur arrivée à Paris, Clémence et Raphaël ont vite pris la décision de s’offrir une gérance. Dans le 13e, à Paris. Une aubaine, à les entendre, pour un couple "soudé et solidaire" : "Nous savions où nous mettions les pieds mais il nous a fallu un petit moment pour trouver nos marques, se souvient Clémence. Nous avons changé de vie du jour de lendemain. Avec les responsabilités qui vont avec. Une source de pression qu’il nous a fallu appréhender. Aujourd’hui, les choses sont plus simples. On se connaît pas cœur, ça aide. Chacun sa spécialité, nous sommes très complémentaires. Et toujours solidaires. Si on doit s’engueuler, on s’engueule, jamais devant nos collaborateurs, c’est essentiel ! Mais si les choses doivent être dites, il ne faut surtout pas s’en priver." "L’avantage de travailler en couple, c’est de travailler en confiance. Ça n’a pas de prix mais aucun couple ne se ressemble. On peut construire à deux, avancer, se projeter dans l’avenir mais sur une base solide."

agnespierreAgnès et Pierre, chocolatiers à Rodez
agnespierreAgnès et Pierre, chocolatiers à Rodez - CPA

5. Agnès et Pierre, chocolatiers à Rodez

"On s’est rencontrés dans le chocolat, sourit Agnès. A l’école puis chacun a continué son chemin. On s’est ensuite retrouvés avec une idée en tête : ouvrir notre propre société, tous les deux. Même si beaucoup nous l’ont déconseillé. Manque de chance pour eux, mes parents ont toujours travaillé ensemble et n’ont toujours pas divorcé, loin de là. Je savais que c’était possible. Avec Pierre, les choses sont simples. Nous sommes tout les deux des passionnés donc parler chocolat, même tard le soir, à la maison, ne nous dérange pas. C’est même plutôt l’inverse. Un secret ? La complémentarité, c’est une évidence, chacun sa spécialité. Quand j’ai une idée, Pierre a déjà en tête le côté technique, écrit la recette. Il est aussi meilleur que moi pour la paperasse (rires) Nous avons aussi une confiance absolue l’un en l’autre. C’est important, même si parfois j’ai du mal a délégué certaines tâches." "Cela fait 6 ans que nous travaillons ensemble, 10 ans que l’on se connaît et avec du recul je dois reconnaître qu’il y a davantage d’aspects positifs à travailler ensemble que négatifs, admet Pierre. On se soutient mutuellement, dans les bons mais surtout les mauvais moments. On ne se sépare jamais c’est un fait mais c’est aussi très agréable de passer beaucoup de temps ensemble. Il faut aussi dire que nous sommes très rarement en désaccord. Un inconvénient ? Ne pas trouver le temps de partager des choses tous les deux en dehors du travail. Mais je ne perds pas espoir."

 Azeb et Régis Dantin, fondateurs de la brasserie Mousses du Rouergue
Azeb et Régis Dantin, fondateurs de la brasserie Mousses du Rouergue - CPA

6. Azeb et Régis Dantin, fondateurs de la brasserie Mousses du Rouergue à Decazeville

"Avec Azeb on s’est rencontrés 2010 en Éthiopie. Sur une mission humanitaire. Nous avons ensuite participé à quelques missions en Afghanistan ou au Bangladesh mais j’avais déjà l’envie de me fixer sur un territoire. Dans l’Aveyron où je suis né. À l’occasion d’un séjour en Irlande, nous avons décidé de nous lancer elle est moi dans ce projet. En 2013 nous avons créé la brasserie Mousses du Rouergue. Travailler en couple ? Pour le moment, on n’y voit que du positif. On se connaît, on se comprend vite, ça évite parfois pas mal de malentendus. Ce projet d’entreprise est aussi un projet de vie qui concrétise l’engagement personnel de chacun dans quelque chose de concret. Il faut simplement réussir à dissocier ce qui est du domaine privé et ce qui concerne l’entreprise même si la frontière est très poreuse. Il n’est pas sain pour un couple de ramener des différends liés au travail sur l’oreiller (rires). C’est dangereux ! Si l’on n’est pas capable de ça, c’est à mon avis le meilleur moyen d’échouer. Les désaccords existent, comme dans toute entreprise, mais il faut aussi se dire que ce projet à deux, est d’abord un choix et une chance incroyable. Il faut le mesurer et s’en féliciter. La Saint-Valentin ? Nous allons la fêter avec d‘autant plus de plaisir qu’elle correspond chez nous à la naissance de notre fille !" Beaucoup aimeraient recevoir un tel cadeau n’est-ce pas ?

Centre Presse
Voir les commentaires
Réagir