Rugby - Fédérale 1

Les Ruthénois punissent Fleurance

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  • Les liaisons avants-arrières étaient réussies hier au SRA.
    Les liaisons avants-arrières étaient réussies hier au SRA. Photos Jean-Louis Bories -
  • Enzo Ravanello et le Stade Rodez Aveyron n’ont pas laissé la moindre chance à Fleurance hier après-midi sous le soleil au stade Paul-Lignon. De la vitesse, de la puissance, du jeu… Les Gersois ont grandement souffert.
    Enzo Ravanello et le Stade Rodez Aveyron n’ont pas laissé la moindre chance à Fleurance hier après-midi sous le soleil au stade Paul-Lignon. De la vitesse, de la puissance, du jeu… Les Gersois ont grandement souffert. Photos Jean-Louis Bories -
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Avec neuf essais inscrits et un jeu alléchant, le SRA s’est rattrapé de son match aller raté face à des Gersois vite dépassés, hier à Paul-Lignon.

Les carafes de bières servies dans le vestiaire par le président Barriac devaient avoir un goût bien meilleur qu’à l’accoutumée pour les rugbymen ruthénois, hier à Paul-Lignon au sortir d’une rencontre face à Fleurance qu’ils auront dominé de la tête et des épaules, faisant parler leur puissance tout en mettant en place un jeu alléchant. Se rattrapant du même coup d’un match aller totalement raté (défaite 26-14 en octobre dernier) dans le Gers et faisant même poindre chez certains observateurs des espoirs de qualification, quitte à reléguer au second plan, au moins pour un temps, les toujours aussi sévères et prégnants soucis financiers qui pèsent sur le club du piton.

Il faut dire que ce matin, les neuf essais inscrits et cinq points pris hier place la bande à Dimitri Théron – qui en a fini pour cette saison (lire par ailleurs) – à quatre petits points de la qualification. "Je ne veux pas parler de ça ", a vite réagi le coach Arnaud Vercruysse au sortir de la partie. Conscient sûrement du contexte de ce match face à une formation fleurantine amoindrie, " recomposée" même de l’aveu de son coach et qui a fait ce qui s’apparenterait presque à une impasse hier en vue de la réception du dernier Graulhet lors du prochain match dans 15 jours, véritable finale pour le maintien.

Festival

Quoi qu’il en soit, ses hommes ont montré qu’ils avaient leur place parmi les gros bras de la poule. Car depuis plusieurs semaines maintenant, la mayonnaise, qui a eu du mal à monter, semble enfin avoir pris et le jeu s’en ressent grandement. " On est sur la continuité des matches à Nîmes et face à Romans (malgré deux défaites mais du jeu et des intentions, NDLR), c’est bien de travailler aux entraînements comme on le fait et de rendre ce genre de copies sur le terrain ", se félicitait le capitaine après coup. On disait cette équipe-là inconstante, s’abaissant trop souvent au niveau de son adversaire. Mais hier, elle l’a tout simplement surclassé. De façon logique. Et sans tarder. Jarreau a débuté un festival dès la 7e en bout de ligne, avant que les lignes arrières ne se régalent, notamment sur l’aile droite avec un Vabret efficace et à la conclusion par deux fois (19e, 39e). Fleurance était asphyxiée. Tout simplement. Un relâchement d’un petit quart d’heure en deuxième période a ramené les Gersois à 41-19. Mais les entrants ruthénois ont ensuite passé la deuxième couche, à base notamment de puissance, comme lors de ce raid impressionnant de Vunibaka (69e). Tachat, au pied du poteau gauche (67e), et Tiatia, non loin de là deux minutes plus tard, ont fait de même.

Avant ça, Espinasse avait, par deux fois (26e, 52e), tenter d’adoucir la fessée. Laissant des choses à revoir aux Aveyronnais notamment en défense, mais pas de quoi les inquiéter puisque Chamagne, après une interception et 70 mètres de course (40e+2), et Delouis, via une nouvelle belle séquence (55e), creusaient encore l’écart. À confirmer lors du prochain match, le 10 mars, chez la lanterne rouge graulhetoise.

Théron out, avec Marmoiton.
Théron out, avec Marmoiton. - Photos Jean-Louis Bories

Saison terminée pour Marmoiton et Théron

En ce dimanche de bonheur pour le SRA, deux mauvaises nouvelles sont néanmoins tombées. Une première déjà connue en interne, à savoir la fin de saison de celui qui portait le brassard de capitaine hier, Dimitri Théron (photo). Le talonneur passe en effet sur le billard ce jeudi pour satisfaire à une opération chirurgicale déjà programmée de la main. "Au mieux, je serai de retour pour la finale", souriait-il malgré tout hier après le match. Sorti avant même la 5e minute de jeu car touché au bras et transporté à l’hôpital, le pilier Grégory Marmoiton devrait également être éloigné des terrains pour de longs mois. Une première ligne sévèrement touchée donc et un possible casse-tête à régler pour Arnaud Vercruysse.

 

 

Ils ont dit

Arnaud Vercruysse, coach de Rodez. Je suis content pour les joueurs, car notre touche a été très performante, notre mêlée a été souveraine. Il y a eu pas mal de choses bien, des passes entre trois-quarts et avants et surtout l’inverse. Mais si on entre davantage dans le détail, par moments, on s’est laissé griser, on n’a pas fait les bons choix, commis des erreurs tactiques. Mais le jeu ne demande que faute. Ces trois essais que l’on prend, ce sont les petites scories que l’on doit être capable de gommer si on est plus pragmatique.

Jalil Narjissi, coach de Fleurance. C’est dommage, le score est lourd. On fait une bonne première mi-temps mais on fait des erreurs et la densité physique de Rodez, face à une équipe un peu recomposée avec des jeunes de la B, c’était difficile... Rodez a fait son match, il était aujourd’hui un voire deux tons au-dessus. Mais les garçons se sont bien battus. On va retenir cet état d’esprit. On était venu pour donner du temps de jeu à certains joueurs qui n’en ont pas, car pour nous, le plus grand adversaire, c’est d’abord la blessure car nous avons un effectif restreint.

Dimitri Théron, talonneur et capitaine de Rodez. Satisfait de la victoire, 60 points, c’est la première fois que ça m’arrive ici. Même s’il y a des choses à rectifier, que l’on doit encore travailler. Mais dès que l’on met du rythme et que l’on respecte les schémas de jeu, on voit qu’on marque des essais et des beaux essais.

Aurélien Parayre
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