Sylvie et Laurent Rémes sont tombés dans le bio quand ils étaient tout jeunes

  • Laurent Rémes s’est lancé dans le bio en 1994, bien avant que le concept devienne « à la mode ».
    Laurent Rémes s’est lancé dans le bio en 1994, bien avant que le concept devienne « à la mode ». José A.Torres
Publié le

À Livinhac-le-Haut, le Gaec Biotenga trouve ses racines en… Afrique.  

Aux origines ? Un service militaire. Trente-six mois passés en Afrique, au Burkina Faso, en coopération. C’est là que Laurent Rémes a vu. Il a vu comment les multinationales écoulaient massivement leurs produits toxiques, entre pesticides, engrais et autres. Il a vu les dégâts que cela pouvait occasionner. Il a vu et il a été convaincu. "La seule manière que j’avais de combattre ça, c’était de faire du bio", glisse-t-il aujourd’hui. Alors, quand il rentre d’Afrique en 1994, Laurent Rémes reprend d’abord la ferme familiale, à Livinhac-le-Haut, abandonne très vite l’élevage des vaches à lait, et se lance dans la culture des légumes et des fruits biologiques.

À l’époque, le bio était encore un concept balbutiant, "même si les premiers questionnements remontent à l’entre-deux-guerres", souligne-t-il. Comme dirait l’autre, il fallait en avoir pour s’aventurer sur ce terrain encore très meuble. Considérant en ce temps-là, et encore aujourd’hui, que le métier nécessite un travail partagé, il recherche sans tarder un associé pour l’aider dans sa tâche. Dans cette quête, Sylvie arrive dans la vallée du Lot en 1998. Quelques mois plus tard, elle devient rien de moins que l’épouse-associée de Laurent. Sylvie a donc quitté sa Belgique natale et les métiers de la presse pour rejoindre l’Aveyron et la culture bio et, accessoirement, fonder une famille.

Le couple partage à la base la même vision de l’agriculture. La même vision de la vie, plus largement. "Le bio, c’est beaucoup plus qu’un choix économique, affirme Sylvie. C’est d’abord un choix de conscience."

Ainsi réunis, Sylvie et Laurent Rémes vont faire de leur "choix de conscience" un chemin de vie. Ce sont des agriculteurs bio, des vrais, des authentiques, pas de ceux qui sont venus à ce modèle au fil du temps et des opportunités. Et ce modèle agricole, ils le défendent mordicus. "Qu’on ne nous dise pas qu’on ne peut pas y arriver, que le bio ce n’est pas possible, que ce n’est pas une bonne méthode de travail, s’énerve presque Laurent. Nous sommes bien la preuve que l’on peut y arriver."

Les Rémes y sont arrivés jusqu’à employer un salarié. Jusqu’à voir arriver Aymeric Blanpain, en 2005. Installé en tant que jeune agriculteur, ce dernier a porté et développé un projet de culture de petits fruits et d’extension du maraîchage.

La prochaine étape de ce développement raisonné et maîtrisé interviendra en 2011, avec la création d’un GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun), baptisé "Biotenga" : "Bio", pour bio, et "Tenga" pour "terre" en langue moré, langue du Burkina Faso. Aujourd’hui, les acteurs du GAEC "Biotenga" cultivent près de deux hectares de maraîchage, dont 8 000 m2 sous tunnels, avec une très vaste gamme de légumes et de petits fruits qui sont proposés en circuit court aux consommateurs, notamment sur les marchés de Rodez les mercredis et samedis, au Panier paysan de Nuces, ou directement à la ferme les jeudis soir.

Des consommateurs de plus en plus nombreux, constatent avec satisfaction Sylvie et Laurent, qui croient dans le concept agricole qu’ils pratiquent au regard de l’intérêt que semblent lui porter les jeunes générations.

"Si les lignes doivent vraiment bouger, elles bougeront grâce aux consommateurs, et sûrement pas grâce aux politiques. Pour les consommateurs, c’est une question de choix. Le bio est plus cher ? Oui, mais c’est normal quand on sait le travail à fournir et les critères exigés. Mais ça reste quand même abordable. Après, chacun doit se demander s’il est préférable de s’acheter un portable à 800 € ou des aliments bio. Ce sont des choix de fonctionnement, des choix de priorités."

Ou des "choix de conscience", selon la formule de Sylvie, tandis que Laurent, que l’on sent très engagé sur le sujet, élargit son discours au monde agricole. "Dans mon idéal, tous les agriculteurs devraient fonctionner en bio. On peut rêver. C’est vrai, il faudrait tout reconstruire, tout repenser. Mais c’est possible et les choses évoluent. Actuellement, en Aveyron, la quasi-totalité des jeunes maraîchers qui s’installent le font en bio. Pour ceux qui sont installés, ce qui empêche de franchir le pas, c’est souvent la peur. La peur de l’inconnu."

Cet inconnu que la nature connaît pourtant parfaitement bien, elle qui a choisi de ne pas donner de fraises en hiver…

Centre Presse
Voir les commentaires
L'immobilier à Livinhac-Le-Haut

58000 €

Beaucoup de potentiel pour cette maison en pierres, composée d'une grande c[...]

157000 €

MAISON 5 PIÈCES AVEC BALCON - INTÉRIEUR EN EXCELLENT ÉTAT À vendre à Livinh[...]

127000 €

A VENDRE-Dans village Vallée du LOT- sur le GR 65, maison caractère rénovée[...]

Toutes les annonces immobilières de Livinhac-Le-Haut
Réagir