Disparition

Sports et politique, Bernard Saules était tout-terrain

  • Vice-président du conseil départemental de l’Aveyron, plus particulièrement chargé des sports et de la coopération internationale, Bernard Saules est décédé hier matin. Voilà quelques mois, il avait remis au cycliste ruthénois le trophée des sports de Centre Presse pour l’année 2018.
    Vice-président du conseil départemental de l’Aveyron, plus particulièrement chargé des sports et de la coopération internationale, Bernard Saules est décédé hier matin. Voilà quelques mois, il avait remis au cycliste ruthénois le trophée des sports de Centre Presse pour l’année 2018. Jean-Louis Bories -
  • Bernard Saules avait acquis le fameux écusson international d’arbitre de football en 1995.
    Bernard Saules avait acquis le fameux écusson international d’arbitre de football en 1995. Archives Centre Presse -
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Vice-président du conseil départemental de l’Aveyron, en charge des sports, conseiller départemental du canton de Rodez-2, avec évelyne Frayssinet, et ancien arbitre international de football, il s’est éteint vendredi 8 mars à l’âge de 64 ans.

Né le 30 mai 1954, Bernard Saules est décédé hier matin, vaincu par un cancer. S’il a fait sa carrière professionnelle en tant qu’employé de banque au Crédit Agricole, il a toujours été un homme de terrain. Il a tout d’abord trouvé son bonheur sur les prés de football (lire par ailleurs), en tant que joueur certes mais, surtout, comme arbitre. Dès 1972 et jusqu’à accrocher l’écusson international en 1995 sur sa chemisette noire.

Bernard Saules a ensuite choisi les terrains de la politique. Tout d’abord sur les bancs de l’hémicycle ruthénois. Figurant sur la liste "Rodez atout cœur" (majorité départementale) conduite par Régine Taussat, il a décroché, avec sa chef de file, les deux sièges sortis des urnes. élu conseiller municipal le 23 mars 2008, il a siégé jusqu’en 2014. Après avoir un temps imaginé mener, aux côtés de Yves Censi, une liste pour les municipales 2014 face à celle du maire sortant Christian Teyssèdre, le Ruthénois a finalement jeté l’éponge.

Entre temps, il était devenu conseiller général de Rodez-Est le 27 mars 2011. Sous l’étiquette divers droite, il avait créé la surprise en sortant vainqueur de son face-à-face avec le favori socialiste Stéphane Bultel avec un petit matelas de 194 voix (52,30 % contre 47,70 %). Au premier tour de ce scrutin, il avait été crédité de 39,78 % des voix, devançant, respectivement, Stéphane Bultel (31,48 %), émily Teyssèdre-Jullian (Europe écologie - Les Verts, 15,18 %), Emmanuel Liraud (Front de gauche, 7,50 %) et Gérard Galtier (divers gauche, 6,06 %). Vice-président de la formation conduite par Jean-Claude Luche, il a hérité de la commission culture.

Quatre ans plus tard, il a conservé son fauteuil dans l’hémicycle en étant élu conseiller départemental du canton de Rodez-2, en tandem avec évelyne Frayssinet. En ballottage favorable après le premier tour (50,75 %), ce binôme divers droite a devancé les socialistes Martine Bezombes et Serge Bories au deuxième tour (56,79 contre 43,21). Depuis mars 2015, il a eu la confiance de Jean-Claude Luche puis de Jean-François Galliard avec une vice-présidence du Département et la responsabilité de la commission vie sportive et associative, culture et coopération décentralisée.

Bernard Saules était donc un homme de terrain(s). Au point de participer, par exemple, à un maximum d’assemblées générales. Même quand les nouvelles à transmettre n’étaient pas toujours celles attendues (espérées ?) par les clubs et/ou les comités. Il n’a jamais fui ses responsabilités.

Les obsèques de Bernard Saules seront célébrées mardi 12 mars, à 14 h 30, en l’église du Sacré-Cœur à Rodez. Centre Presse présente ses condoléances à son épouse élisabeth, à sa fille émilie et à ses deux petits-enfants.

Une vie dédiée à l'arbitrage

 

Sa taille moins que sa prestance lui donnait une naturelle légitimité. Bernard Saules était évidemment un arbitre de football respecté, de renom. Au point d’ailleurs d’avoir été le premier représentant des sifflets tricolores de 1999 - à la suite de sa carrière sportive - à 2015 (!), en tant que président de l’Union nationale des arbitres de football (Unaf), mais également siégeant plusieurs années à la FFF, en son conseil fédéral.
Il faut dire que le Ruthénois n’a jamais, ou presque, quitté le maillot noir tout au long de son parcours sportif. Dix ans à arbitrer au niveau départemental et six en régional, avant de connaître l’élite treize années durant, dont dix en Division 1. Point d’orgue de cette exemplaire carrière, en parallèle de celle d’employé de banque au Crédit Agricole, l’attribution de l’écusson international, en 1995.
De ces cinq exercices en tant qu’arbitre international, il gardait notamment « les trois mois et demi passés au Japon pour diriger l’arbitrage lors d’une demi-saison de championnat ». Une escapade au pays du soleil levant qui lui avait notamment valu la mise en lumière du journal L’équipe, le premier quotidien sportif de France, qui détaillait en août 1996 sa mission « d’enseigner à ses homologues nippons les ficelles du sifflet ». Évidemment ouvert d’esprit et au monde, « l’arbitrage de quelque 50 matches internationaux » lui a permis de, disait-il, « découvrir une trentaine de pays européens » et d’enrichir ses « connaissances humaines, culturelles, historiques et économiques », qui feront aussi de lui un homme public, plus que politique d’ailleurs, unanimement salué (voir plus haut).
Sportivement, la finale de la coupe de France 1996 entre Auxerre et Nîmes, lors de laquelle il a officié, restera un grand moment pour lui. Un de ceux qui le faisaient probablement rêver déjà en 1972 lors du match Boussac - Quins où il dirigea, à 18 ans, ses tout premiers 22 acteurs sur un rectangle vert.

A.P.

Rui Dos Santos
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