Industrie

Mobilisation générale pour la filière automobile aveyronnaise

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  • Un syndicat offensif pour défendre des centaines d’emplois industriels.
    Un syndicat offensif pour défendre des centaines d’emplois industriels. José A. Torres / José A. Torres
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La CGT appelle à l’unité syndicale et politique pour défendre les entreprises aveyronnaises de la filière automobile. Une marche départementale est prévue en avril, sûrement le 13.

Amers. Les représentants syndicaux de l’usine Bosch sont amers de ne pouvoir assister aux discussions sur l’avenir de leur site, ce vendredi 15 avril, à Stuttgart. Et cela même s’ils n’attendent pas grand-chose de cette rencontre au sommet du Directoire de Bosch. "Une rencontre de plus." Car comme l’a longuement précisé, hier matin, lors d’une nouvelle conférence de presse, le porte-parole de la CGT, Yannick Anglarès, les mois et les ministres passent mais les salariés aveyronnais ne voient rien venir de concret. Sinon que les effectifs du site continuent de s’amenuiser, avec une quarantaine de ruptures conventionnelles, chaque année. Depuis 2017, une centaine de postes en CDI ont été perdus. Au dernier pointage Bosch Rodez comptait 1 533 salariés contre 1 543 le mois précédent… Pour mémoire, depuis une douzaine d’années, le site a perdu (en douceur) près de 800 emplois…

Une forme de mépris

Malgré des demandes appuyées et répétées, les représentants syndicaux de l’usine ne seront pas du voyageen Allemagne. Une forme de mépris envers les salariés, selon la CGT. "À la lecture du programme initial, cette journée ressemblait plus à du tourisme industriel", dénonce Yannick Anglarès. Après une alerte de la CGT auprès des politiques et des représentants de l’État, le programme a été modifié et il sera finalement question de l’avenir de l’usine Bosch de Rodez, avec quatre hauts responsables du groupe.

La délégation d’élus aveyronnais sera renforcée par la présence de la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, mais également de Jean-Pierre Floris, le Monsieur Industrie du gouvernement, et de deux collaborateurs de Bercy.

Le président de Bosch France, Heiko Carrie, a donc refusé la présence des syndicats. En contrepartie, la direction a proposé un échange téléphonique, après la rencontre, entre le DRH de Bosch France et les représentants du personnel. La CGT n’y participera pas !

50 à 60 jours de fermeture

La nouvelle ligne de production d’injecteurs common rail de technologie 2.20 est en cours de démarrage et sera opérationnelle début avril. La deuxième ligne 2.18 sera donc arrêtée, sachant que les deux lignes, avant modernisation, généraient environ 700 emplois. "Tous les services et ateliers sont en pleine restructuration. Au rythme où vont les choses, il nous faudra malheureusement plus de 350 emplois", redoute Philippe Tassié, évoquant l’impact sur la sous-traitance, "dont on ne parle jamais." La baisse des volumes entraîne de 50 à 60 jours d’arrêt des productions. Jusqu’à présent, les 4 à 5 jours mensuels d’arrêt ont été prélevés sur les RTT. À compter d’avril, le chômage partiel sera enclenché, entraînant une perte moyenne de 30 € par salarié et par jour chômé.

S’agissant des projets de diversification industrielle, la CGT évoque un horizon lointain (2024 !) pour les 150 emplois promis. "Nous n’avons toujours pas de retour pour l’aéronautique, un appel d’offres pour l’horlogerie a été rejeté, de même que l’offre de Bosch Rodez pour l’internalisation de pièces, et la prospection se poursuit pour les amortisseurs intelligents."

Appel à l’unité départementale

Pour la CGT, "un bon plan social n’existe pas", et il n’est pas question d’en entendre parler. "Ce qui peut sauver l’usine, ce sont des volumes de pièces qu’on fabrique et un investissement de plusieurs millions d’euros sur des produits d’avenir", poursuit Yannick Anglarès. Avant de prévenir : "L’épine dorsale de l’usine reste le diesel. Si le marché s’effondre, le site sera menacé."

La CGT en appelle aujourd’hui à l’unité politique et syndicale, à la mobilisation générale de tout le département pour défendre l’industrie automobile. Une "marche pour le développement de la filière automobile aveyronnaise et des emplois" sera organisée le 6 avril, ou plus vraisemblablement le samedi 13 avril. La proposition a été soumise, hier aux syndicats Sud et CFE-CGC de Bosch. Elle sera finalisée avec les élus, mardi 19 décembre, en mairie de Rodez, lors de la rencontre prévue pour analyser le contenu du "sommet" de Stuttgart. "Aujourd’hui en souffrance, la filière automobile doit profiter du dispositif des Territoires d’industrie, avance Yannick Anglarès. Bosch, Sam, Filtrauto ont les mêmes problématiques. Ces entreprises sont touchées par le diesel bashing et les choix stratégiques de Renault et Peugeot. Ces groupes ont été sauvés, à l’époque, par l’État. Nous demandons un juste retour des choses, un peu de patriotisme industriel, pour fabriquer des pièces en France, dans nos usines." Et le porte-parole de la CGT de renvoyer les Aveyronnais au marasme économique decazevillois de la fin des années 80 : "Une industrie qui part, c’est un territoire qui se meurt pour plusieurs générations."

« Défendre son industrie »

Le président du Ceser d’Occitanie, Jean-Louis Chauzy, salue l’initiative de la CGT et sera « un soutien public pour la journée du 13 avril,  une journée de mobilisation consciente pour que la France défende son industrie automobile. La mutation oui, mais il faut du temps. La transition écologique, ce n’est pas que des taxes et des interdictions de produire, ce n’est pas la démolition de la filière automobile qui représente 10% de l’emploi industriel, en France et en Europe. Il nous faut maintenant gagner la bataille de l’innovation technologique. »
 

Joël Born
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