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Hôtels et restaurants : "Impulser une nouvelle dynamique"

  • Michel Santos, nouveau président de l’Umih, est le patron du « Kiosque » à Rodez.  Lundi et mardi, il était à l’assemblée des présidents départementaux du syndicat hôtelier.
    Michel Santos, nouveau président de l’Umih, est le patron du « Kiosque » à Rodez. Lundi et mardi, il était à l’assemblée des présidents départementaux du syndicat hôtelier. José A. Torres -
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Améliorer la visibilité des commerces, mettre en valeur la qualité des produits et du travail qui sont les atouts de l’Aveyron, mieux accéder à une main-d’œuvre difficile à trouver… L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie défend une profession pour laquelle elle veut mettre en œuvre des outils adaptés, dont une application unique en France. Rencontre avec le nouveau président Michel Santos, à l’avant-veille de l’assemblée générale de l’Umih.

L’hôtellerie-restauration est un secteur en tension où trouver de la main-d’œuvre est un parcours du combattant. Pourquoi ?

L’emploi est un gros souci pour nous, et la problématique n’est pas propre à l’Aveyron. Même trouver du personnel qualifié devient compliqué. On forme des jeunes, et puis soit ils changent de vie, soit ils partent on ne sait trop pourquoi. Et pourtant, on a amélioré les conditions de travail, les horaires, les salaires…

Mais ce sont des métiers - comme beaucoup de métiers manuels, d’ailleurs - qui ont du mal à attirer les jeunes, qui sont poussés à faire d’autres études. Le mal est profond et existe depuis longtemps. Or, chez nous, l’ascenseur social est le plus rapide en termes de salaires et de progression de carrière. Cela pourrait intéresser par exemple des jeunes en décrochage scolaire. Et puis, on nous envie notre gastronomie, inscrite au patrimoine immatériel de l’Humanité, mais seuls des jeunes venus de l’étranger semblent attirés pour travailler en France.

Le recrutement sera d’ailleurs au cœur des assises de la restauration qui auront lieu le 14 avril à Paris. On a déjà créé 175 000 postes et il en reste encore… 180 000 à pourvoir !

Quelles en sont les conséquences ?

Certains de nos établissements sont contraints à fermer, ou à adapter leurs horaires, par manque de personnel. Nous, on ne peut pas délocaliser. Et l’on est sur une tendance où l’on travaille les circuits courts, les produits locaux et l’on aurait besoin de gens pour nous aider.

Que comptez vous faire pour y parvenir ?

On est en train de créer une application pour nos adhérents aveyronnais. Et c’est une première en France ! Il s’agit d’une "CVthèque" à laquelle Pôle emploi, que nous allons approcher, pourrait s’inscrire. Il s’agit comme cela de partager les CV et mettre en relation ceux qui cherchent du travail avec ceux qui cherchent de la main-d’œuvre. Si quelqu’un du nord de la France veut travailler en Aveyron, il pourra déposer un CV. Cela se fait jusqu’à présent par groupes sur les réseaux sociaux, c’est sur cette idée que l’on s’est basé. Passer par des outils numériques est largement plus convivial. Et puis, cette application permettra aussi à nos adhérents de vendre du matériel et d’accéder facilement aux informations administratives et pratiques.

La problématique est la même pour le secteur spécifique de l’hôtellerie ?

Oui sur le problème du recrutement. Mais les hôteliers ont aussi de gros soucis avec la concurrence déloyale comme Airbnb, dont le principe d’hébergement n’obéit en rien aux contraintes des établissements recevant du public. Des hôtels en viennent à fermer désormais, à cause de cette concurrence faussée… N’oublions pas qu’à Rodez on compte 300 chambres Airbnb, et qu’elles sont de plus en nombreuses en milieu rural.

Et il y a - et cela concerne aussi les restaurants - les avis en ligne sur des sites comme Tripadvisor où rien n’est vérifié et qui ne correspond pas à la réalité. Les consommateurs regardent beaucoup ces sites. Et cela peut briser des carrières de professionnels plus facilement que cela ne peut les aider.

La réponse à ces problèmes doit être nationale : l’Umih et son président national vont faire des propositions aux structures départementales. Et des lois se préparent…

Avec la nouvelle équipe qui est à vos côtés, vos adhérents doivent-ils s’attendre à des changements d’objectifs ?

La défense de la profession reste la première des attentes de nos adhérents. Mais au-delà, il nous faut impulser une nouvelle dynamique. Mon premier souhait a été de constituer une équipe représentative de tous les secteurs du département et de tous types d’établissements. C’est une équipe rajeunie et dynamique qui est au travail.

Et la première dynamique à impulser concerne la ruralité où les bistrots se ferment comme un peu partout. De façon générale, il faut apporter à nos adhérents les outils pour se développer, leur permettre d’assurer une promotion et une meilleure visibilité en s’appuyant sur les réseaux sociaux. On est à fond dessus !

On va plancher sur la création d’événements comme les Terrasses en fête qui marchent bien à Rodez, ou la course des garçons de café, aux côtés du concours de cuisine que l’on organise depuis six ans pour mettre avant la qualité de nos formations.

Ce seront des événements qui valoriseront nos métiers, notre professionnalisme, les bons produits que nous travaillons. C’est ce qui, aujourd’hui doit faire la différence, et que nous devons mettre en lumière. On ne peut qu’aller dans le bon sens.

650

Exploitants de cafés, hôtels et restaurants… L’Umih compte en Aveyron 650 adhérents « soit 80 % de la profession », avance Michel Santos qui assure que le nombre d’adhérents « a doublé en quatre ans, fruit du travail de conseil et de formations proposées aux adhérents pour leur apporter un maximum de clefs dans la conduite de leur métier ».
 

En assemblée générale dimanche

Le conseil d’administration de l’Umih présidé par Michel Santos réunira ses adhérents dimanche à 15 h 30 aux Archives départementales à Rodez pour son assemblée générale. Un repas clôturera rapports et débats, à partir de 19 heures à la salle des fêtes de Sainte-Radegonde. 

 

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