Portrait

Raoul Cabrol, Bozoulais et premier caricaturiste-journaliste du XXe siècle

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  • Le caricaturiste a toujours été très discret sur ses origines aveyronnaises.
    Le caricaturiste a toujours été très discret sur ses origines aveyronnaises. Reproductions CP -
  • Hitler, "tête de Turc" de Cabrol.
    Hitler, "tête de Turc" de Cabrol. Reproductions CP -
  • La championne de tennis Suzanne Lenglen "croquée" par Raoul Cabrol.
    La championne de tennis Suzanne Lenglen "croquée" par Raoul Cabrol. Reproductions CP -
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Né du côté de Curlande à la fin du XIXe siècle, Raoul Cabrol est une référence de la caricature mondiale. Un statut et des origines que l’Aveyronnais aimait à cultiver discrètement.

La caricature telle que les lecteurs l’a connaissent aujourd’hui doit beaucoup à un homme né au pied du massif de l’Aubrac. Ayant vu le jour en mars 1895 à Curlande, à quelques kilomètres de Bozouls, Raoul Cabrol est une sommité en ce domaine. Une personnalité éminente que les Aveyronnais redécouvrent depuis une poignée d’années, grâce au concours de passionnés. En particulier l’association Culture en Caricanyon, co-présidée par Franck Mézy et David Libourel.

Comment expliquer un tel silence sur un homme qui a marqué son époque ? Les raisons sont peut-être à chercher dans la relative discrétion du personnage, modeste sur son travail et ses origines. Mais aussi dans l’absence d’archives sur les premières années de son existence passées sur le territoire. "C’est bien simple, s’exclame le premier co-président nommé issue de la structure basée à Bozouls. De sa naissance à l’arrêt de ses études, à 16 ans, nous ne possédons pratiquement pas d’éléments qui puissent nous permettre de dire ce qu’il a fait, dans quelle école il était et ce qui lui a donné le goût du dessin."

Gazé durant la première Guerre mondiale

Pour trouver trace des premières œuvres de Montpellier, il faut descendre sur les bords de la Méditerranée, à Montpellier. Un lieu où il s’installe à partir de ses 16 ans. En quête de reconnaissance, il enchaîne petit boulot sur petit boulot, et croque pour le plaisir le visage de personnalités ou simples inconnus croisés dans la rue ou à la terrasse d’un café. La première Guerre mondiale freine pourtant ses ambitions. Mobilisé en 1916, il est grièvement blessé sur le front, en étant gazé durant une intervention. Réformé et déclaré invalide à la suite de cet accident l’année suivante, il se fixe un nouvel objectif : monter à Paris et frapper à la porte des grands journaux nationaux.

Le destin lui sourit en 1922. Employé comme retoucheur photo, il bénéficie du coup de pouce de son patron de l’époque qui lui facilite l’accès à une galerie d’arts. En ce lieu, il expose 110 caricatures et dessins sous le nom Masques et sourires. Le tout-Paris découvre son "trait" (voir ci-contre) et de grands noms de la presse nationale et étrangère lui passent commande : Le Petit parisien, Le Marin, New York Times, Life ou encore The Grafic. Son arrivée à L’Humanité, deux ans plus tard, provoque au sein de la caste très fermée des caricaturistes. Déterminé, le simple croqueur décroche le statut de journaliste et facilite le travail de dizaines de confrères, amenés dès lors à œuvrer également sur les terrains où se joue l’avenir de la planète.

Hitler dans le viseur

Son principal fait d’armes n’est pourtant point social. Proche des idées communistes mais non encarté, cet anti-militariste convaincu créé l’émoi en 1938. Cette année-là, l’Aveyronnais, habitué à croquer les grands de ce monde, s’en prend directement à Hitler dans le journal luxembourgeois Esch Escher Tagerblatt. Le Führer y apparaît les yeux exorbitants, postillonnant allègrement en direction de son auditoire. Le dessin publié lui vaudra d’être poursuivi par l’État allemand, condamné et pourchassé par la Gestapo dès l’armistice signé à l’issue du conflit entre la France et l’Allemagne, en 1940. "Raoul Cabrol n’en était pas à son premier coup d’essai sur Hitler, temporise Franck Mézy. Il avait déjà détourné l’image du dirigeant allemand dans une campagne de vote aux élections législatives de 1936 pour le compte du Parti communiste". Son côté "mordant" l’avait amené, durant cette même décennie, à multiplier les charges contre les dictatures, toujours sous forme graphique.

L’homme se fait tout aussi discret durant sa seconde vie aveyronnaise. Réfugié à Rodez dès l’invasion nazie, il y travaille pour un photographe, l’aidant pour des retouches photo. En privé, il utilise son talent au sein du réseau de résistance de Rignac, non pas pour dessiner mais écrire papiers et faciliter la falsification de carte d’identité.

Salué par Winston Churchill comme "le plus grand caricaturiste de France et du monde", Raoul Cabrol n’abstient de croquer le monde jusqu’au sortir du conflit mondial, en 1944, d’abord pour le Franc-Tireur, et de nouveau pour Le Canard enchaîné, avec lequel il collaborait un an avant le début de la guerre. Aimant faire "transparaître la personnalité de chacun", il poursuit son travail malgré la fatigue, avant de s’éteindre à 61 ans, dans sa résidence de Quincy-sous-Sénart, en septembre 1956.

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