Solidarité

Des bénévoles au service des gens en difficulté financière

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  • Deux des conciliateurs de l’association, Jean-Louis Coste (à g.) et Guy Pomarède (au c.) aux côtés du président Jean-Luc Paulat.
    Deux des conciliateurs de l’association, Jean-Louis Coste (à g.) et Guy Pomarède (au c.) aux côtés du président Jean-Luc Paulat. Photo José Torres / Photo José Torres
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Les conseillers de l’association de consommateurs Afoc 12 viennent en aide des particuliers confrontés à des difficultés bancaires ou à des situations de surendettement.

Ils sont quatre. Quatre conciliateurs bénévoles. Pour la plupart d’anciens cadres bancaires, qui mettent leurs connaissances et leurs compétences au service des particuliers qui se retrouvent en situation de difficulté financière. Tout au long de l’année, Guy Pomarède, Jean-Louis Coste, Jean-François Bouges et Guy Solier sillonnent ainsi le département, du nord au sud, d’ouest en est, pour aller à la rencontre de ceux qui éprouvent des soucis bancaires, des problèmes de remboursements de crédits ou de surendettement. Des gens de tous âges et de toutes conditions sociales. Du SDF au cadre supérieur. Car le surendettement, "ça n’arrive pas qu’aux autres." Il suffit parfois d’un accident de la vie pour que la machine se dérègle.

Assistance gratuite et de proximité

Depuis 2014, l’association de consommateurs de Force Ouvrière, Afoc 12, présidée par Jean-Luc Paulat, a signé une convention avec le conseil départemental et la Banque de France, afin d’animer ces espaces de conciliation bancaire.

Soumis à une obligation de neutralité et d’objectivité dans le traitement individuel des situations, au respect de la liberté de choix des particuliers et de confidentialité, excepté avec les travailleurs sociaux, les quatre conciliateurs interviennent à plusieurs niveaux. Ils informent sur les pratiques bancaires, la procédure de surendettement, conseillent sur la gestion budgétaire, effectuent de la prévention et mènent la conciliation auprès des banquiers, des fournisseurs, des propriétaires et autres huissiers. " Nous essayons d’obtenir des délais. Quand ce n’est pas possible, nous aidons au montage des dossiers de surendettement, explique Guy Pomarède. Nous aidons aussi les gens à tenir un budget, nous les informons sur les procédures, comme celle du droit au compte bancaire, par exemple, le suivi et la mise en place des dossiers de surendettement." Un énorme travail d’écoute et d’information, qui incombait auparavant principalement aux assistantes sociales, ainsi que le souligne Jean-Luc Paulat. Un service de proximité entièrement gratuit, via les six centres sociaux de Rodez, Decazeville, Espalion, Villefranche-de-Rouergue, Millau et Capdenac. En 2018, les conseillers de l’Afoc 12 ont assuré plus de 400 rendez-vous. C’est à la fois beaucoup et peu, quand on sait que "de nombreux particuliers n’arrivent pas à franchir le pas."

Au final, environ quatre dossiers sur dix, en moyenne, remontent jusqu’à la commission de surendettement. Preuve de l’utilité de ces espaces de conciliation. Et si le nombre de dossiers de surendettement a encore diminué en Aveyron, en 2018, un dossier sur deux environ est effacé. Ce qui dénote l’importance des difficultés financières de certains surendettés aveyronnais.

Incidents de parcours

"Souvent, les gens qui se retrouvent en difficulté financière sont victimes d’un incident de parcours. Ce peut être un divorce, une séparation, un licenciement, un problème de santé ou un crédit à la consommation qu’on ne parvient pas à éponger. Et ce ne sont pas des gens qui abusent du système", observent les conseillers de l’Afoc. Ainsi, ce chauffeur routier, célibataire et locataire de 45 ans, qui se retrouve en invalidité avec 531 € par mois et un crédit de voiture à rembourser, après avoir été victime d’un AVC. Ou cette jeune salariée de 21 ans, qui se retrouve en arrêt maladie, à la suite d’une opération, avec seulement 50 % de son salaire, littéralement étranglée par plus de 5 000 euros de frais bancaires !

L’occasion de rappeler que depuis le 1er février 2019, conformément à un engagement pris par la profession bancaire, les frais d’incidents bancaires doivent être plafonnés à 25 € par mois pour les clients identifiés comme étant en situation de fragilité financière. Des frais qui étaient déjà plafonnés, depuis 2014, à 80 € par mois pour dépassement du découvert autorisé. Ce qu’ignorent la plupart des gens. Comme ils ignorent que le tribunal d’instance peut directement accorder des délais de paiement (jusqu’à deux ans de pause) pour des crédits immobiliers.

Afoc 12. 66 avenue Tarayre, à Rodez. Tél. 05 65 68 65 92.
Joel Born
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