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Vaccin contre la grippe : plus efficace par voie cutanée ?

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    Vaccin contre la grippe : plus efficace par voie cutanée ?
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Le vaccin contre la grippe – administré par voie intramusculaire – n’est pas efficace à 100%. Pour améliorer ces résultats, des chercheurs Inserm ont testé la voie cutanée. Leurs observations sont encourageantes.

Le vaccin antigrippal est le meilleur moyen pour prévenir la maladie et réduire le risque de complications graves, voire de décès. Pour autant, son efficacité n’atteint pas les 100%. La raison ? « Sa composition est fixée chaque année par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) plusieurs mois avant l’apparition du pic épidémique », explique l’Inserm. Par conséquent, « elle ne repose que sur la probabilité que telle ou telle souche de grippe sévisse lors de l’hiver à venir ». Un coup de poker en quelque sorte, car les virus grippaux sont très changeants.

Comment améliorer son efficacité malgré ces contraintes ? L’équipe de Béhazine Combadière* s’est penchée sur l’intérêt des voies cutanées par injection intradermique ou par application transcutanée (voie des follicules pileux). Objectif, déterminer si celle-ci induit des réponses cytotoxiques au cours de la vaccination anti-grippale. Actuellement, les vaccins antigrippaux administrés par voie musculaire sont efficaces dans l’induction des réponses humorales (production d’anticorps) alors que l’autre composant de la réponse immunitaire, la réponse cytotoxique (production de lymphocytes T qui détruisent directement les cellules infectées) est peu induite par voie musculaire.

Pour ce faire, ils ont mené un essai clinique sur 60 personnes âgées de 18 à 45 ans. Leurs résultats démontrent que les voies cutanées induisent chez certains sujets une réponse cytotoxique après vaccination antigrippale. En clair, une réponse immunitaire supplémentaire par rapport à la vaccination classique. Une bonne nouvelle dans la mesure où cette année, l’efficacité vaccinale pour les personnes à risque de complications a été estimée à 69%.

*directrice de recherche Inserm au sein de l’Unité 1135 « centre d’immunologie et de maladies infectieuses »

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