Du CFA 2 à la Ligue 2 en trois ans, comment le Raf a-t-il fait ?

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  • En  2017, le Raf accède au National. La relation entre Peyrelade et son capitaine courage Da Silva est quasiment filiale.
    En  2017, le Raf accède au National. La relation entre Peyrelade et son capitaine courage Da Silva est quasiment filiale. Archives JLB.
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Quatre saisons hautes en émotions pour les Ruthénois d’un Laurent Peyrelade fidèle aux siens, plaçant l’humain au premier plan.

C’était un choix fort. Et payant. Peut-être la meilleure décision qu’un président du Rodez Aveyron football version moderne n’ait jamais prise. Conserver Laurent Peyrelade, le technicien manceau arrivé en 2015, alors même que ce 4 juin 2016, au bout d’une saison en forme de long chemin de croix à vouloir sûrement trop jouer au ballon dans une poule sud davantage tournée vers l’engagement athlétique, les Ruthénois sont relégués en CFA 2. Mais Pierre-Olivier Murat est sûr de lui.

« Dans mon comité directeur, parfois, ils me prennent pour un fou, mais moi, je voulais qu’il reste. Parce qu’il avait des convictions, dira-t-il en mai 2017 alors que Peyrelade et ses hommes, finalement sauvés administrativement au printemps 2016, viennent d’acter, seulement 12 mois après, leur accession en National. Quand vous prenez un entraîneur jeune (le Raf est sa première équipe senior), que vous descendez, que vous êtes à Rodez, le fusil sort facilement. Mais je n’avais, moi, pas de doute. […] Il a une grosse compétence. »

Au point donc de vivre une deuxième accession, la ratant de peu déjà l’an passé (4e au final). « Je suis super fier de ce qu’ont fait les gars, Laurent et le club dans son ensemble, a réagi hier le capitaine du Raf jusqu’à la saison dernière, Sébastien Da Silva, aujourd’hui en course pour une montée en National sous les couleurs de Fréjus (leader actuel du groupe A de N2). J’étais cette saison leur premier supporter, je suis très content pour eux. Je veux vraiment souligner le travail de Laurent et de tous les gars. Et ça ne m’étonne pas quand tu connais l’équipe et comment le coach a réussi à faire évoluer certains mecs. »

Justement, quel est le secret de « LP » pour tirer le meilleur de chacun depuis tant de saisons ? « Il te donne de l’amour, répond sans hésiter l’attaquant arrivé en même temps que le coach à Rodez. Du coup, tout le monde veut le lui rendre, à envie de se battre pour lui. Il a aussi fait prendre conscience aux jeunes que le foot devait être un boulot avec tout ce que cela implique au niveau des à-côtés, la préparation, l’hygiène de vie… » Et de rajouter : « Son secret : c’est d’avoir créé une famille. C’était un père pour nous. Je suis, aujourd’hui, vraiment heureux pour lui. »

Grinta collective, l’héritage

S’il ne veut pas tirer la couverture à lui, l’ancien de Moulins aura aussi laissé en héritage à ce Raf-là sa grinta, son don de ne jamais rien lâcher quitte à renier sur ses propres statistiques voire sur l’esthétique de son jeu. « Si je peux modestement avoir amené ma pierre à l’édifice de cette façon, alors j’en suis ravi. C’est ma petite victoire. J’espère avoir apporté certaines choses aux jeunes. » « Le fait que Laurent confie aujourd’hui le brassard (de capitaine) à Amiran (Sanaia) n’est pas un hasard, poursuit-il non sans émotions mais sans regret aucun sur son choix de quitter le Raf.  Avec “Sana”, on joue avec nos “couilles”. Il y a cette continuité, avec, en plus, du talent chez les nouveaux. » 

Champion dès vendredi ?

Dans la course au titre alors qu’il ne reste plus que quatre matches à disputer, le Raf conserve sept points d’avance sur Chambly, accroché hier soir sur sa pelouse par Marignane, 2-2. Ce qui veut dire qu’il pourrait décrocher le titre honorifique de champion de National dès vendredi à Bourg-en-Bresse s’il s’impose et que, dans le même temps, les Camblysiens s’inclinent à Concarneau.
 

Aurélien Parayre
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