L’abattoir fermera en juin, Sainte-Geneviève sous le choc

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  • Le site de Sainte-Geneviève-sur-Argence.
    Le site de Sainte-Geneviève-sur-Argence. o.c.
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Vingt-cinq emplois seraient concernés par la fermeture prévue fin juin de cette branche historique de l’usine.

Le village de Sainte-Geneviève-sur-Argence est sous le choc suite à l’annonce du groupe Arcadie au personnel de fermer l’unité d’abattage fin juin. Le sujet est évidemment sur toutes les lèvres. Au point de les brûler. Il faut dire que l’histoire qui lie l’abattoir au village est un mariage de plus d’un demi-siècle (lire par ailleurs).

Une vive émotion suscitée par la méthode, sans information au préalable. Hier, certains cachaient leur consternation avec amertume, d’autres étaient scandalisés : "On n’a vu personne d’Arcadie à Sainte-Geneviève à part cette semaine pour annoncer la fermeture. C’est nous qui payons les pots cassés, on nous met devant le fait accompli. On parle de postes réaffectés mais on n’y croit pas. J’en dors pas !", avance un salarié souhaitant garder l’anonymat. "Il n’y a pas de gestion humaine, pas de syndicats. Et un autre salarié de pousser la réflexion : "Je me méfie, je m’interroge. On commence par fermer un atelier et vous savez ensuite comment ça se passe…" Même son de cloche auprès du maire, Jean Valadier : "J’ai été surpris par l’annonce car je l’ai appris par les rumeurs du village. Rien n’a été communiqué par le groupe. L’annonce est un choc".

Concrètement, le site d’Arcadie à Sainte-Geneviève regroupe un centre d’abattage, atelier de découpe et surtout une spécialisation dans le steak haché congelé employant 160 salariés. La fermeture prévue fin juin de la partie abattage concernerait vingt-cinq emplois dont la moitié en qualité de travailleurs détachés à laquelle s’ajoute le licenciement de la directrice annoncée dans la foulée. La méthode intrigue voire irrite. "La démarche du groupe m’échappe. L’usine de steak haché est la plus importante du groupe. Or celle-ci doit être attachée à la filière avec l’abattage. Le steak haché est aussi de plus en plus consommé, cela ne va pas dans le sens de l’action". En résumé : "Nous ne voulons pas que l’abattoir porte les effets d’une restructuration alors que l’usine de transformation est la plus importante du groupe", déclare le maire. Le site de Sainte-Geneviève payerait son éloignement de la Direction. Certains avancent un problème de gestion, d’autres de mises aux normes. Le maire balaie ces hypothèses. "La DSV (Direction des services vétérinaires, NDLR) vient tous les mardis matin et m’a dit qu’il n’y avait pas de problème de mises aux normes. Des transformations ont même été réalisées le mois dernier". Serait-ce en vue de la restructuration ? Hier, personne du groupe Arcadie n’était joignable…

En attendant, c’est tout un pan de l’économie locale qui est en danger. Conscient que le monde de la viande traverse une période difficile, Sainte-Geneviève n’entend pas être le dindon de la farce. "Nous savons que la filière est sinistrée, que le groupe souffre mais je souhaite une discussion franche et ouverte pour inverser la tendance. C’est toujours plus facile de taper sur le site le plus éloigné".

Impact économique et social

Une réalité qui impacte forcément la consommation locale allant jusqu’au tissu social quand on sait qu’une classe de l’école a pu ouvrir grâce à la manne des salariés des abattoirs. "Évidemment que cela a un impact sur l’école, la structure sociale", dit en ce sens le maire. Face à cette légitime inquiétude, ce dernier tient toutefois à aller de l’avant. "Il n’y a pas de fatalité. Il faut que la gestion centralisée du groupe Arcadie considère que l’abattoir le plus éloigné est le plus efficace. C’est un groupe coopératif qui fonctionne avec les éleveurs".

En chiffres

1967 Création de l’abattoir.

2002 SA Poujol reprend les rênes de l’abattoir, qui, de 15, grimpe à 180 emplois pour atteindre 50M€ de chiffre d’affaires en 2006.
2008 Blocage de l’abattoir par les syndicats pour qui l’abattoir ne joue pas la carte de l’économie locale.
2010 Polémique sur des subventions touchées par l’abattoir.
2011 Le site intègre le groupe Arcadie suite au départ de Jacques Poujol.

Conquet : « C’est notre abattoir »

Le boucher Lucien Conquet fait partie des commerces directement touchés par cette fermeture. « Cela vacillait depuis quelque temps mais l’annonce est une surprise. L’abattoir de Ste-Geneviève est l’un des plus rentables du groupe, quelque chose nous échappe. C’est comme si on m’enlevait mes entrailles ». Car l’histoire de l’abattoir remonte à 1967 suite aux nouvelles normes d’abattage. « Historiquement c’est notre abattoir qui a commencé avec 22-23 bouchers du Nord-Aveyron dont mon père », raconte-t-il. Avec l’arrivée de Poujol, l’abattoir s’est spécialisé en bovins, Conquet faisant alors abattre les autres espèces dans le Cantal. Au-delà des coûts supplémentaires si la fermeture est effective, Lucien Conquet est affecté pour le territoire. « On est malheureux car c’est toute l’économie qui est liée. C’est comme une école qui ferme ». Quant au problème de gestion ou de mise aux normes, il n’y croit pas. « Le groupe se retranche mais c’est politique. Si on avait été informé, on aurait pu remédier. Il faut que les éleveurs réagissent. »

Olivier Courtil
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