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Cancers : le niveau de vie, crucial facteur d’inégalités

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    Cancers : le niveau de vie, crucial facteur d’inégalités
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Nous ne sommes pas tous égaux face au risque de cancer. En effet, le mode de vie influe nettement sur les facteurs de risque liés à l’hygiène de vie (sédentarité, malbouffe, tabagisme…). Les experts du CIRC de l’OMS à Lyon font le point sur la question.

Les cancers peuvent trouver leurs origines dans les prédispositions génétiques, et résulter d’un manque d’hygiène de vie au quotidien. Surpoids, manque d’activité physique, ces facteurs de risque dits modifiables, le niveau de vie et l’exposition au cancer ?

Les pays développés les plus diagnostiqués

Selon le rapport du CIRC*« Réduire les inégalités sociales du cancer : preuves et priorités pour la recherche », publié le 12 avril, « l’incidence des tumeurs est supérieure dans les pays développés, comparés aux pays aux niveaux de revenus faibles à modérés ». Cette sur-exposition résulte des modes de vie retrouvés dans les milieux aisés (sur-alimentation comparée aux dépenses énergétiques, excès d’aliments transformés dans les supermarchés, tendance à la sédentarité professionnelle…).

La preuve par les chiffres : l’incidence annuelle des cas de cancers s’établit à 300 pour 100 000 en Australie et en Nouvelle-Zélande, en Amérique de Nord et en Europe de l’Ouest. Contre à peine 100 sur 100 000 en Inde, dans le Golfe Persique et en Afrique Subsharienne.

Mais la mortalité par cancer dans les pays pauvres reste similaire, parfois plus élevée même, comparée aux territoires développés, du fait « d’un manque d’accès au dépistage et aux traitements », détaille le Dr Salvatore Vaccarella**, scientifique du Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC). A l’échelle mondiale, 25% de la population n’a pas accès à une chirurgie oncologique de qualité.

Le manque d’éducation fragilise les femmes

L’impact d’un faible niveau de vie sur les chances de survie relève du concret. Ainsi, en Colombie, les femmes d’un faible niveau d’éducation ont un risque de décès par cancer du col de l’utérus 5 fois supérieur, par rapport aux femmes diplômées atteintes de la même maladie.

Enfin les facteurs de risque modifiables concernent nettement les populations défavorisées : en 2014, aux Etats-Unis, « 30% des hommes vivant sous le seuil de pauvreté étaient fumeurs, contre 18% chez ceux vivant au-dessus de ce seuil ».

Pour améliorer la situation, les experts du CIRC proposent d’établir de nouvelles bases de données pour observer la corrélation entre mode de vie et incidence du cancer. Mais aussi de renforcer la prévention dans le monde entier.

A noter : cliquez ici pour en savoir plus sur les disparités du cancer en France.

* selon 70 scientifiques du Centre international de la recherche sur le cancer* (CIRC) de l’OMS à Lyon
**groupe épidémiologie des infections et cancers

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