Agriculture

Les salariés agricoles souhaitent sortir de l’ombre

  • Sébastien Issalis, à gauche, président de l’association des salariés agricoles.
    Sébastien Issalis, à gauche, président de l’association des salariés agricoles.
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L’association des salariés agricoles, représentant près de 1500 emplois à temps plein dans le département, poursuit sa campagne de communication pour promouvoir cette "filière qui recrute".

Ils sont la branche invisible de l’agriculture. Ils sont tantôt saisonniers, tantôt dans la même ferme depuis des années… Ils, ce sont les salariés agricoles ou bien les techniciens d’exploitation en agriculture, c’est selon. Dans le département, leur nombre est en perpétuelle augmentation. En Aveyron, ils sont près de 4 000 à s’être déclarés auprès de la Mutuelle sociale agricole (MSA) l’an dernier, soit l’équivalent de 1 500 emplois à temps plein. Leur association, présidée par Sébastien Issalis, salarié agricole depuis plus de 20 ans à la Cuma de Villeneuve, a tenu son assemblée générale ce week-end. Histoire de rappeler une nouvelle fois l’importance de tous ces travailleurs de l’ombre. "On entend trop souvent que l’agriculture se résume aux agriculteurs, ce n’est pas le cas", ont notamment tenu à dire les membres du bureau de l’association.

Décalage entre l’offre et la demande

Tout en appuyant également sur le fait que la demande ne cesse d’augmenter au fil des ans. Mais que le décalage entre cette demande et l’offre reste toujours "trop grand". La faute à "un manque de reconnaissance du métier alors que nos salariés sont de plus en plus qualifiés" mais également aux cursus scolaires ne mettant que trop peu en avant cette activité "quand on ne la dénigre tout simplement pas !". La bourse de l’emploi, créée pour mettre en relation les exploitants et les salariés, ne cesse d’ailleurs de progresser au fil des années.

En attendant, l’association aura toujours pour objectif ces prochains mois de faire davantage connaître la profession de salarié agricole. Notamment via les réseaux sociaux car "il faut qu’on touche les jeunes", explique Sébastian Issalis. Avant d’évoquer le futur sans langue de bois : "La place et le nombre des salariés dans le monde agricole est croissante […] De nombreuses exploitations ont atteint une taille critique et ne peuvent plus fonctionner sans ces salariés. Nous sommes convaincus que nous avons un rôle indispensable à jouer. Nous allons continuer à le dire clairement : nous sommes au pied du mur et sans volonté politique clairement affirmée, il n’y aura bientôt plus d’associations de salariés agricoles". Et donc plus de voix pour toute cette branche, bien trop souvent oubliée…

JDM
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