Millau : chez Julien Bouteiller, la greffe du graffiti a pris

  • Âgé de 35 ans, Julien Bouteiller a connu l’explosion du graffiti en France.
    Âgé de 35 ans, Julien Bouteiller a connu l’explosion du graffiti en France. Aurélien Trompeau
Publié le , mis à jour

Le Millavois, devenu peintre reconnu, expose aux quatre coins de la France et en Espagne.

Connu d’abord sous le nom de Digital et Voire, Julien est un street-artist au parcours atypique. "J’ai toujours aimé peindre, explique-t-il. Quand j’étais petit, je passais pas mal de temps dans ma chambre à dessiner. Quand on allait voir une exposition avec l’école, j’étais l’un des seuls à être content. Les tableaux, ça me passionnait."

Quelques années plus tard, c’est un peu par hasard que Julien va découvrir le graffiti. "Je suis au collège et le copain de ma grande sœur me rapporte des cartes postales de Marseille avec des graffitis. Ça me plaît tout de suite et je m’entraîne à les reproduire. Quand on va voir ma sœur qui fait ses études à Toulouse, je demande à ma mère de s’arrêter, pour faire des photos des graffitis que l’on croise sur la route. C’est le début d’internet, il n’y a pas de magazines spécialisés et je ne connais personne d’autre qui fait ça à Millau."

Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur.
Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur. DR - Repro CPA

Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur.
Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur. DR - Repro CPA

"Comme des bandits"

Très vite, les lettrages reproduits font place à des signatures personnalisées. Le dessinateur amateur devient graffeur et troque les stylos-billes contre les bombes de peinture. Il passe la majorité de son temps libre à peindre sur les murs du bord du Tarn ou dans les usines désaffectées de Millau. "Aujourd’hui, le graffiti est démocratisé, mais à l’époque, les gens nous regardent presque comme des bandits. Pourtant, je me suis toujours dit que ce n’était que de la peinture." Il faudra attendre le départ en études à Toulouse, pour que son parcours artistique prenne une autre dynamique. "Je rencontre très vite d’autres graffeurs et pas les moins connus. Tout s’accélère, il y a une émulation de dingue et les sorties se multiplient. En parallèle, internet se développe de plus en plus, ce qui ouvre des portes. Au fil des recherches, je m’intéresse de plus en plus au travail des artistes des Pays de l’Est. C’est une véritable révélation. Ils décomposent les lettres et imposent des motifs géométriques, loin du graffiti conventionnel." Dans les réalisations de ces street-artistes, Julien retrouve également la marque de peintres qu’il admire : Klee, Kandinsky ou Miro.

Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur.
Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur. DR - Repro CPA

Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur.
Quelques-unes des oeuvres de Julien Bouteiller, dont certaines ont déjà trouvé preneur. DR - Repro CPA

Tour d’Europe de l’Est

Cette découverte artistique motive le jeune homme à voyager, pour voir par lui-même ces incroyables réalisations. Slovaquie, République Tchèque, Roumanie ou encore Bulgarie, il saute dans des trains qui l’emmènent dans une vingtaine de pays d’Europe.

"Ça change tout, je commence aussi à réfléchir autour des formes géométriques et de plus en plus sur toile. Je ne dénigre pas les murs, mais j’ai envie de toucher un autre public, ou du moins autrement. Lorsque je reviens à Millau, après trois ans d’études, je me lève tous les matins à 7 heures, avant le boulot pour peindre." Le style est original et percutant. Des toiles aux couleurs vives, dans lesquelles il faudra être expert pour déchiffrer le pseudonyme Digital, pourtant au cœur de chaque tableau.

Après une première expo à l’Espace culture en 2007, de nombreuses autres suivront à Paris, Marseille, Toulouse, Montpellier, et même Barcelone et Gérone. Julien Bouteiller s’est plusieurs fois posé la question de faire de la peinture son activité principale. Aujourd’hui, la réponse semble claire : "Je ne veux pas que ça devienne quelque chose d’imposé, où je dois faire des concessions pour vendre mes toiles. J’ai envie de garder la liberté qui me motive depuis le début, tout en continuant de développer des projets seul et avec d’autres artistes."

Aurélien Trompeau
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