Les acteurs du tourisme veulent rattraper le temps perdu l’été dernier

  • Le climat, très humide, n’a pas permis l’été dernier la croissance espérée. Les professionnels croisent les doigts cette année.
    Le climat, très humide, n’a pas permis l’été dernier la croissance espérée. Les professionnels croisent les doigts cette année. José A.Torres
Publié le , mis à jour

Après une saison 2018 en stagnation, voire en baisse pour l’hébergement dit traditionnel, les acteurs espèrent un été clément pour attirer les touristes. Mais, depuis peu, l’Agence de développement touristique met en place des outils pour améliorer la visibilité des hébergeurs dans un secteur très concurrentiel.

Après une saison estivale en demi-teinte, où la fréquentation touristique a affiché une certaine stabilité, les attentes sont grandes chez les professionnels du tourisme à l’approche de l’été. Pour Jean-Luc Calmelly, président de l’Agence de développement touristique (ADT) de l’Aveyron, " beaucoup de professionnels rencontrés ces derniers mois, même s’il est difficile de généraliser, sont plutôt confiants ". En particulier ceux qui travaillent " chez les prestataires de groupes ". " Ce sont, sans doute, eux qui ont le plus de visibilité sur le reste de l’année. Ils ont déjà reçu un certain nombre de réservations ", confie-t-il. Des tendances qui ne se confirmeront qu’au regard de la météo…

L’été dernier, " les touristes ne sont pas arrivés avant le 20 du mois de juillet, se souvient Jean-Luc Calmelly. Et les mois de mai et de juin ont été plombés par la pluie."

Mais dans un univers du tourisme en pleine mutation, ses acteurs ont entamé un long travail pour rendre plus visibles les offres proposées par les professionnels.

"Aujourd’hui, les dix-sept intercommunalités, qui ont compétence en matière de tourisme, doivent mieux se former aux outils du numérique et elles le font", reprend Jean-Luc Calmelly. Cette refonte des offices de tourisme, effective depuis le 1er janvier 2017, doit permettre une communication plus efficace, plus ciblée également. En clair, "une mutualisation des moyens pour mieux cibler les demandes des touristes".

Plus de visibilités

Car, au fil des années, les habitudes de ces derniers ont grandement évolué.

Ce constat relève aujourd’hui du poncif depuis déjà pas mal de temps, mais la plupart des offices de tourisme tentent toujours de trouver des solutions liées à ces nouvelles habitudes de consommations.

Pour aides les acteurs du tourisme à peaufiner leurs offres en ligne, les rendre plus visibles, l’Agence de développement touristique de l’Aveyron (ADT) mise, notamment, sur un programme d’accompagnement numérique de la destination Aveyron (Panda).

L’objectif de ce dispositif est d’accompagner les prestataires touristiques pour mettre en place, ou améliorer, leurs offres proposées via internet. Journées de formation, ateliers thématiques, conférences d’experts : l’ADT mise sur ces accompagnements afin de tirer la visibilité des hébergeurs. Un travail de fond qui va s’étaler sur au moins trois ans. "Nous ne laissons pas pour autant tomber les salons réservés aux professionnels du tourisme", précise le président d’ADT.

Pointée du doigt au sortir de la précédente saison touristique, la qualité de l’hébergement en Aveyron fait également débat.

Expériences uniques

D’ailleurs, en novembre dernier, Philippe Champetier, président de la Fédération aveyronnaise de l’hôtellerie de plein air (FNHPA) déplorait "le manque de produits haut de gamme. L’Aveyron ne possède qu’un seul établissement cinq étoiles alors que la Dordogne en compte cinq".

Rejoint sur ce point par Jean-Luc Calmelly, le président de l’ADT rajoute : "Les touristes veulent vivre des expériences uniques, particulières. Les vacanciers qui prennent deux à trois semaines d’affilées se font de plus en plus rares. Les gens multiplient les week-ends courts. Donc à nous d’être attractifs et de savoir les attirer."

En chiffres

7, 44 Le nombre de nuitées (en millions) cumulée dans les hébergements collectifs en Aveyron entre avril et septembre 2018. Un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années.
199 386 lits touristiques sont recensés en Aveyron dont 138 498 lits non marchands. L’hôtellerie traditionnelle et de plein air réunit 60 888 lits.
1 342 « établissements » constituent l’offre AirBnB en Aveyron dont 939 logements et 403 chambres.
352 millions d’euros ont été générés par l’activité touristique en Aveyron pour l’année 2017.
2 Le tourisme demeure le deuxième secteur économique sur le territoire, après l’agriculture.
17 L’Aveyron compte depuis la refonte des intercommunalités, le 1er janvier 2017, 17 offices de tourisme. Il y a deux ans, le département en comptait 50.
3 ou 4 % En pourcentage, la hausse annuelle estimée de l’activité touristique mondiale pour les années à venir, soit 15 M€ potentiels, supplémentaires, dont l’Aveyron pourrait bénéficier.

Philippe Henry
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