Disparition

L'ancien grand reporter aveyronnais François Pelou n'est plus

  • Grand reporter, l'Aveyronnais François Pelou avait traversé 70 ans d'actualité.
    Grand reporter, l'Aveyronnais François Pelou avait traversé 70 ans d'actualité. Yves Estivals - ML / Yves Estivals - ML
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Correspondant pour l'Agence France Presse, François Pelou avait été entre autres faits d'armes le premier à annoncer au monde l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963. Un demi-siècle plus tard, il s'est éteint ce samedi 4 mai, loin du tumulte de l'actualité, dans son domicile de Conques, à l'âge de 94 ans.

Le 22 novembre 1963 à Dallas. Un dépêche de l’AFP tombe laconique  en France :«John Fitzgerald Kennedy est mort à 19 heures». Son auteur s’appelle François Pelou. Deux jours plus tard, toujours à Dallas, lors du transfert de Lee Harvey Oswald, le meurtrier présumé de Kennedy arrêté le jour même de l’assassinat, un homme bouscule ce même François Pelou et tire sur Oswald. On ne saura vraiment jamais si cet Oswald était bien l’assassin du président, mais pour Pelou, c’est l’histoire qui l’a bousculé encore. François Pelou, correspondant de l’agence AFP à New York. François Pelou, un Aveyronnais.
La vie de cet homme qui depuis lors s'était retiré paisiblement à Conques où il coulait des jours paisibles jusqu'à sa mort ce samedi 4 mai était presque paradoxale: plongé de par sa profession dans la vie réelle, depuis la guerre de Corée en 1950 jusqu’à l’Espagne franquiste, en passant par la guerre du Vietnam ou la dictature au Brésil, voire même trois ou quatre couvertures de Jeux olympiques entre 1956 et 1964, François Pelou avait pourtant, et peut-être pour cette vie hors norme, la stature d’un personnage romanesque. 

Par exemple, d’où est-il vraiment originaire en Aveyron ? On lui prête des racines à Saint-Izaire où il serait né en 1924, mais aussi à Estaing, Conques, dont il serait également natif, ou encore à Villefranche-de-Rouergue où il aurait fait ses études. Cette nébuleuse d’origines vient peut-être de sa famille, issue d’une aristocratie locale qui cultivait autant la terre que les apparats du pouvoir. 

Quand l'information était une aventure

En revanche, c’est bien en 1948 que l’homme fit ses premières armes à l’AFP. Entretemps, une guerre mondiale était passée par là. Chargé de décrypter les dépêches qui tombaient au bureau venant du monde entier, François rêvait de remonter le fil de cette info mondiale. Ce qui sera fait deux ans plus tard, où François devient correspondant de guerre à Hanoï. Ce « flirt » journalistique avec des événements dramatiques va être désormais l'un des fils rouges de son existence, à Saïgon sous les bombes, à Rio emprisonné par la police politique avec de la poussière de Lune dans les poches, à Madrid sous Franco se liant d'amitié avec un certain Juan Carlos, qui à l'époque pouvait être roi...
Un « flirt » professionnel doublé d'une histoire d'amour de roman entre François et la journaliste et polémiste italienne Oriana Fallaci, célèbre dans son pays, notamment pour avoir retiré son tchador devant l'ayatollah Khomeiny qu'elle interviewait. Entre l'épouse américaine de ses débuts avec qui il n'a jamais divorcé et son actuelle compagne Caroline, fille de Cantoin, Oriana fut la fiancée de guerre de François. Peut-être jusqu'à la mort de la journaliste en 2006. La réalité et la profondeur de leur liaison tiennent là aussi du romanesque. Ici, la vérité n'appartient qu'à lui, cette information n'est pas à partager avec la terre entière, comme il en a partagé des centaines, parfois de véritables scoops, durant sa longue carrière.

Dans sa retraite conquoise, auprès de Caroline, jusqu'à ce que la mort vienne le cueillir, François Pelou bouclait tranquillement la dernière dépêche qu'il entendait signer. Celle de sa vie. Loin de l'agitation du monde mais non déconnecté d'elle. Mais cette dépêche non plus ne rejoindra pas complètement le fil de l'info... 

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Laurent Roustan
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