Bleu de brebis Société : la Confédération de roquefort choisit la conciliation

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  • Dialogue de sourds entre José Bové et les membres de la CGR.
    Dialogue de sourds entre José Bové et les membres de la CGR. VG
Publié le , mis à jour

Réunie mardi en conseil d’administration à Millau, elle engage une médiation sur le bleu de brebis.

La montagne a accouché d’une souris. Rassemblée mardi après-midi, à Millau, en conseil d’administration, la Confédération générale de Roquefort (CGR) devait statuer sur l’avenir du bleu de brebis de Société. Plus de 3 h 30 d’échanges entre collèges producteurs et industriels ont été nécessaires pour aboutir à la lecture d’un communiqué devant la presse et une poignée d’opposants. Ces derniers étant opposés à ce fromage au lait de brebis pasteurisé, accusé d’être "une contrefaçon de roquefort" et de porter atteinte à l’AOP, selon le rapport de l’avocate de la Confédération générale, dévoilé à la presse par le député européen José Bové, le 24 avril.

Avis de l’Inao et de la DDCSPP pris en compte

"En complément de la consultation demandée à la juriste de la Confédération, les administrateurs ont pris connaissance, ce jour, des avis officiels de l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) et de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) de l’Aveyron", a introduit Jérôme Faramond, vice-président de la Confédération et président de l’Association des producteurs de lait de brebis de l’aire Roquefort (APLBR). Lequel était entouré des vice-présidents de l’APLBR, Jean-François Ricard et Walter Muller.

"Ces avis ont été lus en conseil […]. À date, les deux organismes consultés concluent que la commercialisation du bleu de brebis de la marque Société ne contrevient pas à l’AOP roquefort", indique Jérôme Faramond, qui poursuit : "Néanmoins, pour répondre aux inquiétudes exprimées, les administrateurs de la Confédération générale de roquefort ont décidé d’engager une conciliation telle que prévue dans les statuts de l’ODG, organisme de défense et de gestion."

En conclusion, une commission de conciliation doit désormais se réunir, sous un à deux mois, pour décider des suites juridiques à donner, ou non, au dossier. Elle doit mettre face à face l’Organisme de défense et de gestion (ODG) de l’AOP roquefort (chargé notamment de contrôler la qualité du lait transformé en roquefort, faire respecter le cahier des charges de l’AOP et défendre l’appellation) et l’entreprise Société.

"C’est une honte, on va te foutre au tribunal"

"Un coup d’épée dans l’eau", a notamment fustigé José Bové, présent sur place. La lecture du communiqué a également entraîné la colère de Christian Cros et Michelle Valette, producteurs indépendants pour Société installés à Saint-Rome-de-Cernon. "C’est une honte, on va te foutre au tribunal", ont-ils ainsi adressé à l’encontre de Jérôme Faramond. Celui-ci, avant de s’éclipser, a précisé que cette décision avait été prise de façon collégiale, sans donner plus de précisions sur les arguments ayant guidé la prise de position de la Confédération générale de roquefort. Laissant les opposants sur leur faim.

« La Confédération de roquefort et Société jouent la montre »

Au cours de l’après-midi, le député européen Franck Proust, le député de l’Aveyron Arnaud Viala et le maire de Millau Christophe Saint-Pierre, ont apporté leur soutien aux opposants devant le siège de la Confédération. Dans la mesure où « lorsqu’on touche l’appellation, on touche à notre culture, notre patrimoine et notre identité », a souligné Franck Proust. « C’est impossible de discuter avec Société, on est face à un mur », a regretté, amer, Alexandre Vialettes, éleveur à Saint-Jean-du-Bruel et élu à la CGR. José Bové, lui, a accusé la CGR et Société de « jouer la montre » à l’approche de la fête du roquefort, les 8 et 9 juin. « Comment faire une fête à Roquefort avec un contrefacteur qui détient la moitié du village ? Pendant ce temps, le syndicat d’appellation tue le produit qu’il doit défendre… Le message de la Conf’est mort et enterré. La mobilisation va continuer. »

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Victor Guilloteau
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