Élevage

"Le destin de la race aubrac est de rester entre nos mains"

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  • Yves Chassagny préside pour la troisième année consécutives les destinées de la race aubrac.
    Yves Chassagny préside pour la troisième année consécutives les destinées de la race aubrac. Archives JAT -
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Yves Chassigny présidera vendredi à Saint-Flour l’assemblée générale de la race aubrac. Tour d’horizon de l’actualité de cette race à viande qui voit ses effectifs croître de façon régulière.

Vous allez parlez un peu de finances lors de cette assemblée générale…

Cette assemblée se concentre sur l’année civile 2018. Et l’examen des résultats comptables de l’Upra aubrac va conclure à un équilibre financier précaire. Le fonctionnement de l’Upra est fortement conditionné par les soutiens publics avec 38 % de subvention. Or, on souffre de cette dépendance et des retards de paiement. On doit en effet faire face à des retards de créances importantes de tous horizons.

Tout n’est donc pas si rose au sein de l’Upra ?

Il n’est toutefois pas question de noircir la situation. L’année 2018 a été marquée par une très forte présence de l’Aubrac en termes de communication, avec notamment le Salon de l’Agriculture. Il y eut aussi la journée Aubrac – Lacaune à Sévérac-l’Église qui a été une grosse opération.

Et, chose rare, nous avons atteint pour ces manifestations l’équilibre financier. C’est la preuve que les collectivités et les partenaires ont bien conscience de la nécessité de soutenir ce genre de démarche. C’est essentiel pour nos territoires, vis-à-vis entre autres de l’attractivité. Puis il y eut une large communication autour du PNR de l’Aubrac. L’année 2018 a offert une bonne combinaison des éléments.

En ressentez-vous déjà les retombées ?

La notoriété et la reconnaissance sont là. Plus besoin d’expliquer qui nous sommes et où se trouve l’Aubrac. La viande d’aubrac est également celle qui affiche la meilleure rémunération dans les festivals d’animaux de boucherie. Qui aurait parié là-dessus il y a quelques années ? Et la dernière fête du genre à Laguiole l’a encore prouvé.

Récemment, un groupe d’éleveurs d’aubrac s’est créé en Bretagne…

L’Upra peut en effet se flatter de disposer d’un réseau de syndicats départementaux ou interdépartementaux de plus en plus étoffé. Après les massifs, des expansions nouvelles ont lieu en plaine ou dans les bassins allaitants où nous n’étions pas forcément très connus. Dans ce contexte, on constate une progression des effectifs de 5 % par an. Ce qui n’est pas neutre.

Les retards de paiement auxquels vous devez faire face vous empêchent-ils de développer un peu plus cette expansion ?

Cela nous oblige surtout à une gestion rigoureuse sur laquelle nous devons nous concentrer. On vit la croissance des effectifs, on ne la provoque pas. Ce sont les éleveurs qui viennent vers nous.

Quelles perspectives envisagez-vous à court terme ?

Dans un avenir proche, il faut faire face à la mise en conformité avec le nouveau règlement zootechnique européen qui apporte plus de missions aux Upra mais fait souffler un vent de libéralisme. Il faudra être plus performant sur le service apporté aux éleveurs avec des moyens en baisse avec le désengagement de l’État. Il faudra être inventif.

Et à plus long terme ?

Notre gros sujet est d’assurer le développement de la race de façon "harmonieuse". On peut être fier de disposer de 640 éleveurs inscrits au Herd-book mais on a aussi le sentiment que la hausse des effectifs se fait rapidement. Et il faut être présent auprès de ces nouveaux éleveurs. Car la race aubrac doit rester rustique, exceller dans le croisement, tout en restant d’un format moyen. Le destin de l’aubrac doit rester entre les mains de ses éleveurs et ne doit pas dériver vers des attributions qui ne sont pas les siennes. Ce n’est pas parce qu’elle est à la mode qu’il faut faire n’importe quoi.

Centre Presse
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