Pêche

En mai, ils prennent la mouche !

  • La pêche à la mouche.  Tout un art.
    La pêche à la mouche. Tout un art. CPA -
  • En mai, ils prennent la mouche.
    En mai, ils prennent la mouche. CPA -
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"Pour lancer une mouche artificielle, il faut quelques heures ou quelques jours. Pour savoir pêcher toute une vie est nécessaire !"

Mai et juin sont certainement les mois préférés du pêcheur à la mouche. Les pieds au frais, alors qu’une chaude journée n’en finit pas de s’étirer, il savoure, canne en main une éclosion de mouches de mai, en train d’avoir lieu. Les truites il est vrai, raffolent de cette majestueuse éphémère, sortie de l’eau pour quelques heures ou quelques jours au plus, afin de s’accoupler, pondre et disparaître. Ce moucheur, donc, est cette personne, qu’on aperçoit parfois dans la rivière, à l’occasion d’un pique-nique, ou en s’arrêtant sur un pont. Tel un dresseur de fauves, il dessine avec sa canne (le fouet) des arabesques au-dessus de l’eau. En vérité, il donne de l’élan à sa mouche, fixée à la ligne, elle-même raccordée à la soie du moulinet. Puis quand il estime avoir déroulé la bonne longueur de soie pour atteindre sa cible, alors il "pose" le plus délicatement possible sa mouche. Soit sur le poste où un poisson se tient peut – être, soit en amont du gobage qu’il a aperçu. Ce gobage est matérialisé par un "rond" sur l’eau, que provoque le poisson venu se nourrir en surface, un insecte en principe. On ne parlera donc pas ici de pêche en nymphe (insecte à l’état larvaire) sur le fond de la rivière, et encore moins en mouche noyée, entre deux eaux. Votre mouche dérive uniquement à la surface de courants vifs ou de zones lisses, et sera capable de prendre, selon sa taille, ses couleurs, sa famille et l’adresse du pêcheur, truites, chevesnes, ablettes, ombres, vandoises… Considérée souvent comme la plus belle des pêches, et parfois élevée au rang d’un véritable art, cette discipline reçut une véritable consécration avec la sortie du film de Robert Redford, "Au milieu coule une rivière". Un formidable coup de publicité qui permit à certains de découvrir et pratiquer cette pêche ancestrale.

De l’histoire ancienne

Les premières traces de cette pêche remonteraient, en effet, à l’Antiquité, 200 ans après J.C (*). Dans son ouvrage De natura animalium, Claudius Aelianus note qu’il a observé en Macédoine, des pêcheurs fouetter l’eau avec des cannes de 6 pieds. Au bout de chaque ligne est fixée une imitation de bourdon. Conçue à l’aide d’un brin de laine rouge et de deux plumes de coq couleur "cire", le tout enroulé autour d’un hameçon de bronze, cette première mouche artificielle devait permettre la capture de poissons à "la robe tachetée de points colorés", très vraisemblablement des truites ! Il faudra ensuite attendre la parution, en 1496, du premier traité de pêche à la ligne, attribué à Dame Julyana Berners pour reparler de mouches. Elle y décrit la fabrication de 12 modèles pour truite et ombre, dont la Yellow fly (mouche jaune), qu’elle préconise d’utiliser en mai. Montée avec "un corps en laine jaune, et des ailes en plumes de coq roux et de canard teints en jaune", nous voilà en présence de la première imitation de la mouche de mai, Ephemera danica.

Des clubs mouche à Saint-Geniez

Le samedi 18 mai, le club mouche de La marmotte, accueillera plusieurs autres clubs du département (Auzits, Espalion, Millau, Les petits pêcheurs de la Muse et des Raspes), et d’ailleurs, en l’occurrence celui du Gévaudan, venu de Lozère.
À partir de 14 h 30, il sera possible de voir des moucheurs en action, sur le magnifique parcours de pêche situé au niveau des quais, au cœur du centre-ville. D’autres se déplaceront sur les boraldes et en amont de la ville, dans les gorges du Lot.
Une belle occasion pour découvrir ce sport et ses pratiquants, jamais avares d’informations et de conseils.  

Une pêche à portée de mains

Depuis cette date, et après bien d’autres contributions décisives (Izaac Walton, Cotton, Charles de Massas, Charles Ritz…) la discipline n’a cessé d’évoluer et de se populariser. Les clubs mouche, la publication d’ouvrages stimulants, autant que les sites spécialisés, ou plus simplement les conseils d’un ami pêcheur, ont peu à peu, et heureusement, cassé l’image aristocratique de cette pêche. Parce que réputée (à tort) onéreuse, mais aussi réservée à des Superman de la pêche, à la fois entomologistes, monteurs virtuoses de mouches, et lanceurs d’exception, beaucoup ont renoncé à sa pratique. En vérité, cette pêche est très accessible, mais impose quelques règles : l’approche lente du cours d’eau et l’observation, éviter d’entrer tout de suite dans l’eau, dérouler peu de soie (le poisson est souvent proche) et économiser les lancers pour éviter de l’effrayer. Le montage des mouches les plus courantes est lui aussi très accessible et procure au débutant un plaisir supplémentaire, lorsque "sa" mouche trompe l’œil avisé d’une jolie truite en mai.

(*) Sources : "Mouches de pêche" Pierre Affre et Philippe Boisson (Ed. Tana).

Romain Gabriel, éleveur de coqs.
Romain Gabriel, éleveur de coqs. - Repro CPA

Romain Gabriel éleveur de coqs

Depuis que Romain Gabriel a commencé son élevage, il y a bientôt 8 ans, la qualité de ses coqs, à force de sélections, s’est sans cesse améliorée. Comme il le dit lui–même, « Au départ je ne savais rien. C’est en discutant avec des éleveurs et en lisant que je me suis lancé(*). Mais c’est peut-être plus profond que cela, car gamin, je me régalais dans la basse-cour de ma grand-mère. Puis il y a aussi le fait que je pêche à la mouche! Son élevage compte actuellement 20 poules et 12 coqs, dont 2 Pardo originaires d’Espagne et 10 Limousin dont les plumes très réputées, servent au montage de mouches de pêche.


« J’ai d’abord eu 12 poussins. Je suis allé ensuite acheter 2 coqs dans le Gers, chez un éleveur de concours, pour améliorer les résultats. Ce que j’apprécie d’abord chez le Limousin c’est sa rusticité. Il est très résistant et bien adapté à notre région. Ils sont d’ailleurs le plus souvent dehors. Les plumes d’un coq sont bonnes à partir d’un an à 2 ans. C’est à partir de là qu’il faut bien observer le plumage pour sélectionner les qualités que l’on recherche. Personnellement, c’est la densité, la nervosité, et la couleur d’une plume qui m’intéressent en priorité. Ce qui les caractérise c’est leur pigmentation. Mes couleurs préférées sont le rouillé, le gris cendré, le gris rouillé et le brun or. Leur aspect évolue avec le temps et par rapport à la saison. Par exemple, le rouillé, avec l’âge ressort de plus en plus. Je garde donc uniquement les coqs qui répondent à ces critères. Les plumées ont lieu 2 fois par an, entre septembre et la fin du printemps, périodes pendant lesquelles ils changent naturellement leur plumage, ce qui leur évite toute souffrance. C’est une opération laborieuse, qui consiste à retirer et trier une à une, entre 300 et 400 plumes que j’utiliserai sur des hameçons de n°12 à 16. »

  
Sur les Pardo, Romain prélève uniquement les plumes du dos, qui repoussent en quelques mois. C’est un travail quotidien contraignant qui s’ajoute à sa journée de travail mais qui lui procure une grande satisfaction, quand,  conclut-il, « On voit une mouche qui flotte parfaitement avec des couleurs changeantes en fonction du soleil et qui surtout pend des truites ! » 

(*) Les coqs de pêche en Limousin - de la plume à la mouche artificielle / Charles Gaidy / Ed. Gerfaut


 

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