Cinéma

Cinq talents à suivre au 72e Festival de Cannes

  • Le réalisateur français Ladj Ly a filmé "Les Misérables", son premier long-métrage, en lice pour la Palme d'or
    Le réalisateur français Ladj Ly a filmé "Les Misérables", son premier long-métrage, en lice pour la Palme d'or Eric Feferberg / AFP -
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(AFP) - Il y aura certes les frères Dardenne, Terrence Malick, Quentin Tarantino, Ken Loach et Abdellatif Kechiche, sept Palme d'or à eux tout seuls... Mais le festival de Cannes n'oublie pas pour autant sa mission de dénicheurs de talents, à découvrir à partir du 14 mai sur la Croisette.

- Mati Diop -
Actrice chez Claire Denis dans "35 rhums" (2008), la Franco-Sénégalaise Mati Diop, 36 ans, fait son entrée par la grande porte comme réalisatrice avec une sélection en compétition à Cannes pour son premier long-métrage de fiction: "Atlantique".

Nièce de Djibril Diop Mambéty, réalisateur de "Touki Bouki", film majeur du cinéma africain, et fille du musicien Wasis Diop, Mati Diop avait déjà été remarquée avec "Mille soleils", en 2013. Un documentaire qui dialoguait avec le film mythique de cet oncle qu'elle a peu connu.

Avec "Atlantique", l'ancienne étudiante en arts plastiques, qui voit des correspondances entre cinéma et "sorcellerie", va raconter une histoire d'exil et de fantômes à Dakar.

- Ladj Ly -
Son terrain de prédilection: la banlieue est de Paris. C'est là que Ladj Ly, 39 ans, a débuté en filmant les émeutes de 2005.

C'est là aussi qu'il a filmé "Les Misérables", son premier long-métrage, en lice pour la Palme d'or, reprenant la trame de son court métrage du même nom sur les violences policières. "Dans les quartiers, les misérables ce sont aussi bien les habitants que les policiers", dit celui qui a été nommé deux fois aux César en 2018 (pour le documentaire "A voix haute" et dans la catégorie court-métrage).

Fourmillant de projets, il vient d'ouvrir une école de cinéma en Seine-saint-Denis: l'école Kourtrajmé, du nom du collectif fondé en 1995 par une poignée d'amis d'enfance (Kim Chapiron, Romain Gavras...) qui rêvaient de faire des films après la brèche ouverte par "La Haine" de Kassovitz.

- Waad al-Kateab -
Son documentaire "Pour Sama" (séance spéciale), coréalisé avec Edward Watts, "sera à n'en pas douter un des chocs de cette sélection", a prédit le Festival de Cannes.

Sama, c'est le prénom d'une petite fille née en janvier 2016 à Alep dont les parents (Waad et son mari Hamza) ont choisi de rester en Syrie pendant la période la plus meurtrière du conflit.

"Le film est pour lui expliquer le choix incroyablement difficile que nous avons dû faire", explique Waad al-Kateab, qui n'était qu'une étudiante en 2011 quand elle a commencé à filmer le conflit syrien. Elle n'a ensuite cessé de le faire, même avec un bébé sur les bras, avant que la ville d'Alep ne tombe aux mains des forces de Bachar al-Assad en décembre 2016.

Ses vidéos, notamment un reportage montrant des scènes effroyables à l'intérieur d'un hôpital d'Alep après des bombardements meurtriers, lui ont valu plusieurs récompenses, notamment le trophée télévision à Bayeux en 2017. Elle vit aujourd'hui à Londres et travaille pour Channel 4.

- Jessica Hausner -
Jusqu'ici abonnée à Un Certain regard, l'ancienne élève de Michael Haneke (et scripte sur "Funny Games") est l'une des quatre réalisatrices en lice pour la Palme d'or.

A 46 ans, l'Autrichienne imagine un futur proche avec des manipulations génétiques dans "Little Joe" et devrait porter un regard à froid et acéré sur la nature humaine, comme dans ses précédents films.

Avant ce premier projet en anglais, l'ancienne étudiante en psychologie et en cinéma a crée sa société de production --Coop 99-- et signé cinq longs métrages.

Pami eux: "Lovely Rita" en 2000, qui suit une adolescente à la dérive, "Lourdes", avec Sylvie Testud, interrogation sur les miracles et la foi, et "Amour Fou", en 2015, présenté à Un certain regard, sur le suicide du poète allemand Heinrich von Kleist.

- Robert Eggers -
Son premier film "The Witch" avait fait forte impression à Sundance en 2015 d'où il était reparti avec le prix de la mise en scène et l'aura d'un nouveau classique de l'horreur. Depuis, Robert Eggers, 35 ans, s'était fait discret malgré un projet de remake de Nosferatu, le classique de Murnau.

Finalement c'est avec "The Lighthouse", projet relativement secret avec Robert Pattinson et Willem Dafoe en gardiens de phare, que le réalisateur américain va faire son grand retour, et sa première entrée à Cannes (à la Quinzaine des réalisateurs).

Le film, en noir et blanc, se déroule au XXème siècle en Nouvelle-Écosse sur une île mystérieuse. Il est attendu comme une nouvelle pépite de la société de production indépendante A24 ("Moonlight", "The Florida project", Hereditary"). Frissons garantis !

Relaxnews
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