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L’inquiétude de la MJC face aux logiques de rentabilité

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  • Pascal Colombet est le président de la MJC de Millau.
    Pascal Colombet est le président de la MJC de Millau. E. T. -
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La Maison des jeunes et de la culture s’alarme du contexte national qui tend à tout rationaliser.

Tout va bien à la MJC. Ou presque. Malgré le fait qu’elle ait une nouvelle fois franchi le seuil des 2 100 adhérents, lié notamment à l’apparition de pratiques culturelles, artistiques et sportives, ou à la vitalité de son secteur enfance-jeunesse, son équilibre n’en demeure pas moins fragile.

"L’approche éducative que porte la MJC se retrouve aujourd’hui remise en cause, a alerté lundi soir, en assemblée générale, Pascal Colombet, son président. Elle pourrait, à l’avenir, ne plus disposer des moyens adéquats pour que les acteurs sociaux éducatifs interviennent dans de bonnes conditions."

"L’état veut quantifier"

Le financement pour mener à bien ces missions dépend en partie de la Ville, mais également de la Caf. Et c’est là que le bât blesse.

En fin d’assemblée générale, Bérénice Lacan, l’adjointe municipale à la petite enfance, la famille et la jeunesse, a rappelé deux montants. D’abord celui de 76 000 €, qui correspond à l’aide la Ville envers la MJC, au titre de ses actions éducatives dans le cadre du CEJ (Contrat enfant jeunesse).

Mais également celui de 38 000 €, octroyé pour l’accueil de loisirs éducatif 8-12 ans de la MJC. Sur ces enveloppes, la collectivité bénéficie de l’accompagnement de la Caf, autrement dit l’État.

"Mais aujourd’hui, celui-ci verrouille les financements, déplore Bérénice Lacan. L’état se désengage. Il veut quantifier. Il n’y a des financements qu’à condition qu’il y ait tant de jeunes à ces postes-là".

À savoir les actions envers les quartiers, l’atelier expression jeunes, le multimédia enfant-jeunesse, ou encore l’accueil de jeunes de 14-17 ans. "Tous les acteurs de la jeunesse sont impactés, reprend l’élue. Aujourd’hui, nous n’avons plus les capacités.

C’est la raison pour laquelle nous allons mettre en place une gouvernance pour trouver des solutions. Il va falloir se réorganiser, trouver des solutions, savoir comment on finance. Ce qui est certain, c’est que nous n’allons plus pouvoir augmenter les subventions." La MJC, elle, ne réclame d’ailleurs "pas un euro de plus".

"On ne veut pas dire : “On stoppe tout”. La réalité, c’est qu’on subit de plein fouet cette politique, poursuit Bérénice Lacan, laissant à penser que les engagements d’aujourd’hui seraient difficiles à tenir demain. On pensait que la jeunesse serait l’une des priorités de l’État dans le contexte actuel. Mais en réalité, il y a zéro pour la jeunesse."

"Réveillez-vous !"

Un discours qu’ont forcément beaucoup de mal à entendre le président de la structure Pascal Colombet, et son directeur Hervé Marcillac.

Les deux hommes, qui ont l’éducation sociale et populaire chevillée au corps, ne comprennent pas comment la Ville pourrait faire ce choix politique d’être moins-disant dans le secteur de la jeunesse.

Pascal Colombet s’insurge. "Il y a une action politique à mener pour faire prendre conscience aux décideurs qu’il faut revoir la copie et les financements en faveur des jeunes, défend-il, en mettant en avant la mission "essentielle" des MJC sur le territoire. Qu’est-ce qu’on veut pour nos enfants ? Si on ne s’occupe plus d’éducation, on va vers un danger pour l’avenir. Une population qui ne se cultive pas, c’est l’humain qui se replie sur lui-même." Les deux hommes ont la douleur de constater que la politique en faveur des jeunes est aujourd’hui vue par le prisme du chiffre et de la rentabilité. "Alors que la Ville doit porter ce flambeau et mettre les moyens pour que la jeunesse soit bien accompagnée, martèlent-ils, épaulés lundi soir par le président du Département Jean-François Galliard, et Jacques Le Montagner, directeur de la Fédération régionale des MJC. Même si on doit remercier la Ville de pallier au mieux, la MJC ne peut se résoudre à faire plus avec moins de moyens."

Concrètement, pour les deux dirigeants persuadés du bien-fondé de leur travail, "soit on laisse les techniciens avoir le dernier mot, soit nos élus s’insurgent et fixent eux-mêmes leur politique." "On a envie de leur dire, réveillez-vous !", s’écrie Pascal Colombet, qui n’entend pas céder face à cette "rationalisation" et cette "politique du court terme".

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