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"En Aveyron, l’agriculture perçoit 240 millions par an"

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  • Une manne qui sert «tout le département», souligne Dominique Fayel
    Une manne qui sert «tout le département», souligne Dominique Fayel CPA / CPA
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À six jours de l’unique tour de scrutin des élections européennes, dimanche 26 mai, intéressons-nous à l’influence de l’Europe en Aveyron, à travers, pour ce premier reportage, l’agriculture. Dominique Fayel, ancien président de la FDSEA, aujourd’hui au conseil d’administration de la FNSEA, fait notamment partie d’un comité consultatif européen. Il nous livre sa vision des choses.

Pas une parcelle agricole du département n’est pas concernée par des subsides européens. Et elles sont nombreuses en Aveyron. Avec plus de 500 000 hectares, c’est le deuxième département français en termes de surface agricole utile. "L’Europe c’est 240 millions d’euros par an pour l’Aveyron, sous formes d’aides aux agriculteurs. Et il y a le Feader, le deuxième pilier le Pac, en soutien à la ruralité", résume Dominique Fayel. Soit environ 3 % de ce que perçoit la France, qui voit, elle, débouler près de 9 milliards d’euros pour la seule politique agricole. C’est dire si l’Europe pèse par chez nous.

"Ces aides-là, irriguent tout le territoire " souligne l’ancien président départemental de la FDSEA, aujourd’hui au conseil d’administration de la FNSEA. Il rappelle ainsi que l’Europe, via ses fonds, s’immisce dans toute l’économie rurale. "Sur le plan local, les élections européennes représentent donc un enjeu majeur et pas seulement pour l’agriculture… pour le département aussi !"

Des puissances mondiales de plus en plus affirmées sur le marché agricole

Reste que, de son exploitation de Sénergues, de son siège de la commission nationale de la FNSEA, ou de celui de membre de la commission européenne consultative Euromontana, Dominique Fayel voit bien que ces élections européennes ont du mal à prendre.

"Parce que le débat politique autour de ces élections tourne au débat de politique intérieure. Les opposants se focalisent sur les enjeux nationaux, regrette-t-il. Or, on voit bien que les enjeux sont d’ordres mondiaux. La Chine voit sa puissance augmenter de façon vertigineuse, la Russie s’affirme de plus en plus sur le marché agricole, et cela nous impacte directement. Je ne suis pas un spécialiste de géopolitique, mais l’on voit bien que les lignes bougent très vite. Et l’Europe n’a pas d’autres solutions que de se serrer les coudes ! Il serait bon qu’elle développe une politique agricole ambitieuse. À l’instar de toutes les autres puissances, telles que l’Inde ou les États-Unis."

Néanmoins, force est de constater que l’avenir de l’Europe n’est pas pour autant le sujet de discussion en vogue dans les campagnes. Pas plus que dans les bistrots ou sur les coins de trottoirs. " Je pense toutefois que le bon sens paysan n’a pas fondu comme neige au soleil ces dernières années. Les agriculteurs n’en parlent pas mais n’en sont pas moins lucides sur les enjeux. Après, il est plus intéressant de parler du prochain président de la République ou du prochain maire…"

"Un sujet stratégique fondamental"

Dominique Fayel pointe toutefois un public plus large. "La place stratégique de l’agriculture, nos pays dits riches ont tendance à l’oublier. Chez nous, les magasins sont pleins, mais ce n’est pas par hasard ! C’est parce que certains se lèvent tous les jours pour cela". Il poursuit : " Il serait bon que tous les citoyens en aient un petit peu conscience".

Pour Dominique Fayel, l’agriculture est "le sujet stratégique fondamental" de ces élections européennes. "Si l’agriculture ne peut pas tout résoudre, elle peut apporter de véritables solutions" conclut-il, invitant les agriculteurs à aller voter le 26 mai.

JDM
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