Sociéte

Aveyron : Anne Ratier-Gallego adresse une lettre de soutien à l'épouse de Vincent Lambert

  • Le livre d'Anne Ratier-Gallego avait relancé le débat sur l'euthanasie.
    Le livre d'Anne Ratier-Gallego avait relancé le débat sur l'euthanasie. Repro CPA -
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L'Aveyronnaise, Anne Ratier-Gallego, qui a grandi dans le bassin de Decazeville a récemment publié un bouleversant témoignage d'une mère sur le droit de donner la mort. Elle vient d'adresser une lettre de soutien à Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert.

On se souvient que la publication de son livre "J'ai donné la mort à mon fils" avait relancé le débat particulièrement sensible sur l'euthanasie. Fille de réfugié espagnol, ayant grandi dans le Bassin de Decazeville, Anne Ratier-Gallego, n'est, bien évidemment, pas insensible à l'affaire Lambert. Cette affaire oppose, depuis des années, l'épouse de Vincent Lambert, Rachel Lambert, et son neveu François, qui demandent la fin de "l'acharnement thérapeutique", aux parents de cet ancien infirmier, qui sont farouchement opposés à l'arrêt des traitements.

"Soutien sans faille"

L'Aveyronnaise vient d'adresser un courrier de soutien - " un soutien sans faille" - à l'épouse de Vincent Lambert. En voici le contenu :

"Madame,
   Je tiens, par ces quelques mots, à vous dire toute mon admiration ainsi que mon profond respect en regard de la détermination qui est la vôtre à faire que soit honorée la volonté de votre époux, Vincent Lambert.

Mais ici, Madame, si vous me le permettez, je ne m’attarderai pas sur votre situation car, malgré cette lutte incessante que vous menez pour Vincent, vous êtes sereine, vous qui le soutenez de la plus belle des façons, en l’aidant à obtenir une fin digne et, par-dessus tout, en plaçant au centre de vos préoccupations, l’amour, le vôtre et celui de Vincent dont vous, son épouse, êtes dépositaire.

Je ne m’appesantirai pas non plus sur Vincent, même si je pleure à l’idée de le voir ainsi dépossédé de lui-même, lui qui se fait voler sa mort, lui qui ne s’appartient plus et doit subir depuis si longtemps un état qui n’est plus vraiment celui de vivant.

Je veux par cette lettre vous faire part de mon désarroi et de mon chagrin lorsque je pense à quelqu’un que l’on oublie en cours de route et pour qui vous vous battez aussi Madame : votre petite fille. Bien sûr qu’elle préfèrerait accueillir son papa à la maison, bien sûr qu’elle aimerait assister au retour de son prince, de son héros. Ce n’est pas vous qui empêchez son retour mais l’accident qui l’a détruit. Elle aimerait oui et vous avec elle mais, hélas, cela est impossible.

Bien sûr que vous la protégez admirablement mais ceux qui vont à l’encontre de la volonté de son père sont en train de lui faire beaucoup de mal, ajoutant au malheur causé par l’accident, celui d’un combat qui n’a pas lieu d’être. Comment réagira-t-elle lorsqu’en âge de tout comprendre, elle saura le sort cruel qu’ils  auront fait endurer à son prince et à vous, sa princesse ?

Car soyez assurée, Madame, qu’en persistant dans leur demande insensée d’acharnement thérapeutique, ce sont eux et pas vous qui ont choisi le parti de la mort contre celui de la vie. Ce sont également eux qui interdisent à une petite fille qui souffre déjà de connaître le bonheur et l’insouciance que Vincent voulait pour elle.

L’essentiel est là. L’essentiel est dans cette jeune vie où Vincent s’est déjà installé, où Vincent renaît déjà et ne vous quittera plus toutes les deux. Me revient en mémoire une réflexion du poète Antonio Machado : "Et lorsqu’il ne vous restera que quelques heures à vivre, souvenez- vous du dicton espagnol : Rien n’a été écrit sur les lâches. Et vivez ces quelques heures en pensant qu’il faut que l’on écrive quelque chose sur vous."

Croyez-moi, Madame, lorsque je vous promets qu’au terme de votre existence que je souhaite longue, paisible et heureuse, tout le monde vous remerciera pour votre courage immense et votre amour empreint de dignité comme nous vous remercions tous à présent.
Tout le monde oui et surtout votre fille !
En espérant que vous ne vous offusquerez pas de mon intervention et que vous pourrez enfin laisser partir Vincent  selon ses vœux, je vous exprime ici mes vifs remerciements, ma confiance absolue et mon soutien sans faille."

Anne Ratier.

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