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Endométriose : les facteurs de risque à la loupe

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    Endométriose : les facteurs de risque à la loupe
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En France, l’endométriose touche 1 femme sur 10. Génétique, environnement… que sait-on aujourd’hui des principaux facteurs de risque associés à cette pathologie encore diagnostiquée très tardivement ? Le point sur la question.

Maladie inflammatoire chronique, l’endométriose se caractérise par « une présence anormale de tissus semblables à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus », notent des scientifiques de l’Inserm. Douloureuse et souvent invalidante, cette pathologie fait l’objet d’un retard crucial de diagnostic. En effet, 7 à 10 ans séparent en moyenne les premiers symptômes de la confirmation de la maladie. A ce jour, les chercheurs élaborent « un score diagnostique*, basé sur une dizaine de questions à partir desquelles le médecin pourra poser un diagnostic fiable à 85-90 % ».

Récemment des patientes et associations de patientes ont sonné l’alerte auprès du corps médical et des politiques pour une meilleure reconnaissance. En réaction la ministre en charge de la Santé Agnès Buzyn a récemment publié un plan d’action censé améliorer la prise en charge des femmes.

La science se penche fortement sur le sujet. Dans le monde, pas moins de 1 200 articles sont publiés chaque année sur l’endométriose. Et de nombreuses études sont en cours pour élucider facteurs de risque. Car sur ce point, il existe encore beaucoup de zones d’ombre, qu’il s’agisse de la forme d’endométriose superficielle, ovarienne ou profonde.

Des facteurs de risque in utero mais pas que…

A ce jour, les déterminants établis de l’endométriose sont classifiés en fonction de 3 périodes de la vie : in utero et périnatale (faible poids de naissance), l’enfance et l’adolescence (survenue précoce des premières règles, indice de masse corporelle faible), l’âge adulte (cycle menstruels irréguliers, indice de masse corporelle faible). « Au-delà de ces facteurs, peu de connaissances sont disponibles sur les causes de la maladie », confirme l’Inserm.

Concernant la génétique, on sait aujourd’hui qu’il n’existe pas un seul gène de l’endométriose mais 14 gènes différents (variants) impliqués dans la maladie. Enfin, le stress oxydatif et une défaillance du système immunitaire sont aussi envisagés.

A noter : Formée par Marina Kvaskoff, épidémiologiste et chercheuse à l’Inserm, la cohorte ComPaRe-Endométriose a recruté 8 000 femmes en 6 mois. L’objectif est d’attendre 15 à 20 000 femmes pour mener l’étude la plus large possible sur l’origine de la maladie, les symptômes et le parcours de soin des patientes. Le principe pour les volontaires ? Répondre aux questions des scientifiques en ligne sur le site https://compare.aphp.fr/, autour du vécu de leur maladie.

*A compléter si besoin avec des examens radiologiques

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