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Escrime : Mathias Biabiany, le bout du tunnel

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  • Mathias Biabiany a de nouveau pu exprimer sa satisfaction sur les pistes, ce week-end, à l’issue des différents matches qu’il a remportés lors de son retour à la compétition après sa longue blessure.
    Mathias Biabiany a de nouveau pu exprimer sa satisfaction sur les pistes, ce week-end, à l’issue des différents matches qu’il a remportés lors de son retour à la compétition après sa longue blessure. Archive DR / Archive DR
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L’épéiste licencié à Rodez est revenu à la compétition ce week-end avec, à la clé, des résultats plus qu’encourageants, lui qui a été tenu écarté des pistes pendant un an à cause d’une blessure.

Dans les rangs ruthénois, Mathias Biabiany n’était pas celui que l’on attendait le plus ce week-end, à Fontaine, où se déroulaient les championnats de France d’épée, par équipes et individuels. Une position en retrait par rapport à ses partenaires en N1, Alexandre Bardenet et Aymerick Gally, dans laquelle l’intéressé s’était retrouvé confiné depuis plusieurs mois, la faute à une blessure, mais qu’il a quittée de belle manière à l’occasion de ces deux jours en Isère.

"La saison dernière, j’ai souffert d’une rupture du tendon rotulien du genou gauche, raconte-t-il. J’ai réussi à tenir avec la douleur pendant trois mois mais à la fin, c’était devenu impossible et j’ai été opéré à Paris."

"Je ne me souvenais plus que je pouvais être patient"

Bien que salvatrice, l’intervention ne constitua qu’une étape, la fin d’une période et le début d’une autre, toujours marquée par des douleurs, physiques mais aussi morales.

"C’était ma première grosse blessure et donc la première fois, en vingt ans de pratique, que je devais vivre sans escrime aussi longtemps, ce qui fait que je n’avais plus vraiment de repères. Je me suis souvent demandé si ça valait le coup de continuer, si j’allais retrouver mon niveau, et même, au-delà de ça, si simplement, j’allais pouvoir remarcher normalement. Il y a eu beaucoup de doutes au cours de cette période. L’une des choses qui étaient difficiles à vivre était de se retrouver privé d’autonomie alors que j’y suis très attaché, même si le plus éprouvant était sans aucun doute la douleur, chaque jour", détaille l’épéiste, âgé de vingt-quatre ans, qui a néanmoins tiré profit de cette longue année : "Je suis quelqu’un d’actif, de super actif, même, et là, j’ai dû apprendre à être patient, ou plutôt réapprendre. J’ai redécouvert certaines facettes de ma personnalité, certaines qualités que j’avais oubliées. Je ne me souvenais plus que je pouvais être patient, méthodique, organisé, ni que j’avais cette volonté-là. C’est d’ailleurs elle qui a fait la différence sur le reste : j’avais envie de revenir sur les pistes. Au départ, quand j’ai recommencé à marcher, j’y arrivais cinq minutes, et je me disais que le lendemain, je devais y arriver six minutes, et ainsi de suite. Tous les soirs, avant de m’endormir, je me voyais en train de faire de l’escrime et sincèrement, rien que d’y penser, c’était déjà une satisfaction pour moi, et aujourd’hui, y être arrivé est une consécration."

"Je me relève doucement"

Prévue pour durer six mois, sa convalescence nécessita le double de temps, la faute à une rechute venue compliquer encore un peu plus le processus.

"Heureusement, j’ai été bien pris en charge à l’Insep (institut national du sport, de l’expertise et de la performance, NDLR) et bien soutenu par le club de Rodez, à la fois humainement, par les entraîneurs et par le président, Jean-Michel Goubert, qui étaient toujours à mes côtés, et financièrement", souligne le Guadeloupéen, dont la rééducation consista en des journées d’entraînement d’une durée de sept à huit heures, "avec du travail de posture, d’équilibre, du renforcement musculaire et de la préparation physique". "Ç’a été très, très, très, très long mais après toutes ces difficultés, je me relève doucement", glisse-t-il.

L’épisode du sac

Ce week-end, c’est donc à l’occasion des championnats de France que l’ancien pensionnaire du pôle France jeunes de Reims, médaillé d’or par équipes lors de la manche de Coupe du monde de Vancouver (Canada) en 2018, a poursuivi son chemin, non sans incertitude ("La veille du départ, quand j’ai fait mon sac, je ne savais plus ce que je devais prendre comme matériel "), mais avec, à la clé, une médaille de bronze par équipes, un quart de finale en individuel et une huitième place au classement final.

"Je suis content parce que j’ai eu de bonnes sensations, déclare-t-il. Logiquement, après un an d’absence, je n’avais aucun objectif, juste des attentes, et mes résultats ont été au-delà de ces attentes. Pour un retour, c’était très correct, et de bon augure avant la prochaine saison, qui s’annonce très, très longue, très intense et remplie de rebondissements, avec cette course olympique. Je l’ai déjà vécue avant les Jeux de Rio (en 2016) et je veux y regoûter, et décrocher mon billet pour les JO de Tokyo."

Romain Gruffaz
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