Justice

Millau : alcoolisé, l’ancien sans-domicile fixe sème le trouble

  • Le tribunal a condamné  le prévenu à une peine de dix mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’un suivi thérapeutique.
    Le tribunal a condamné le prévenu à une peine de dix mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’un suivi thérapeutique. archives CPA / archives CPA
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À la barre du tribunal de Rodez ce mercredi 5 juin, le prévenu, âgé de 49 ans, dit ne se souvenir de rien tout en jugeant les faits qui lui sont reprochés de « catastrophiques ». À plusieurs reprises, il s’excusera même. Car le 23 mars dernier, à Millau, cet ancien sans domicile fixe au parcours cahoteux - une enfance rythmée par les coups de son père, addiction à l’héroïne et à l’alcool durant de longues années, plusieurs passages en prison -, a « pété la soupape », selon l’expression utilisée par le substitut du procureur, Bernard Salvador.

Tout d’abord face au gérant d’une supérette s’apprêtant à fermer alors que le prévenu, fortement alcoolisé, souhaitait y faire quelques emplettes. Coups aux jambes, menaces avec un couteau, insultes… L’homme, originaire de Nantes, ne parvient pas à se calmer. L’arrivée des policiers millavois sur place ne l’apaisera pas davantage. Les insultes et les menaces continuent à pleuvoir, cette fois à l’encontre des fonctionnaires.

À l’instar de ses déclarations devant le tribunal, il dira n’avoir aucun souvenir de cet épisode après une nuit passée en cellule de dégrisement. Lors de son audition, il déclarera même « respecter l’uniforme ». Et ce, malgré un lourd passé judiciaire faisant état de 11 condamnations dont trois pour des violences et outrages envers des personnes dépositaires de l’autorité publique…

« Ce n’est pas un délinquant mais un malade »
L’expertise psychiatrique, elle, soulèvera le « caractère antisocial » du quadragénaire et « sa dangerosité sous l’emprise de l’alcool ». Son avocat, Me Pont, insistera d’ailleurs sur les difficultés et les errements passés de son client : « Ce n’est pas un délinquant mais un malade. Il faut l’aider à passer à autre chose. Aujourd’hui, c’est son père qui devrait être devant vous, pas lui. Les responsables sont toujours les parents. »

Le tribunal entendra tous ces éléments et condamnera le prévenu à une peine de dix mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’un suivi thérapeutique. Le prévenu, lui, a indiqué vouloir lancer sa microentreprise dans la maroquinerie.

 

Mat. R.
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