Santé

Un équipement de plus pour soigner la désertification médicale

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  • La structure s’est ouverte, hier matin, à un parterre de personnalités locales.
    La structure s’est ouverte, hier matin, à un parterre de personnalités locales. Repro CPA / Repro CPA
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La maison de santé pluridisciplinaire d’Onet-le-Château a été inaugurée mercredi 5 juin. C’est la 24e du genre en Aveyron.

Une de plus ! Une maison de santé pluridisciplinaire (MSP) de plus installée dans le décor aveyronnais, en l’occurrence à Onet-le-Château, sur le boulevard des Capucines, aux Quatre-Saisons. Un équipement flambant neuf qui a été inauguré, hier matin, par le maire Jean-Philippe Kéroslian, en présence notamment de la préfète de l’Aveyron Catherine Sarlandie de La Robertie, des sénateurs Jean-Claude Luche et Alain Marc, du président du conseil départemental Jean-François Galliard, du président de l’Agglo de Rodez Christian Teyssèdre…

La mise en œuvre de ce projet structurant a d’abord répondu à une problématique locale. Comme l’a rappelé Jean-Philippe Kéroslian hier matin, la commune d’Onet présentait jusque-là un taux de médecins par habitant parmi les plus bas du territoire, s’établissant à 0,2 médecin pour 1 000 habitants.

Mais, plus largement, elle confirme la forte implication de l’Aveyron dans la réalisation d’un maillage quasi complet du département en matière de MSP. Si l’on s’en tient aux données de l’Agence régionale de santé (ARS), on recense peu ou prou 24 établissements de ce type en Aveyron. Un nombre auquel on doit rajouter une dizaine de projets qui se matérialiseront dans les mois à venir. Le département est ainsi à l’avant-garde dans le domaine des MSP.

Les grands médias nationaux ne s’y sont pas trompés, France Télévision, le Journal du Dimanche, Le Point, pour ne citer que ces trois-là, ayant récemment consacré des reportages sur ce département rural en lutte contre la désertification médicale.

L’équilibre reste fragile

Alors oui, si les maisons de santé pluridisciplinaires peuvent apparaître comme un bon médicament à la pénurie de médecins, elles ne semblent pas pour autant l’antidote miracle à une pathologie particulièrement lourde.

Oui, les jeunes médecins sont attirés par ces structures collectives. Et le "modèle marche", comme le relève un médecin du Nord Aveyron. "Les jeunes ne veulent pas ou ne veulent plus travailler seuls, poursuit-il, Les MSP ont tout ce que recherchent ces praticiens qui débutent : un environnement sécurisé et collectif, un encadrement administratif. Cela étant, si les MSP proposent une solution pour résoudre l’immédiateté du problème, les départs programmés de nombreux médecins âgés vont compliquer sérieusement la situation, à moyen, voire à court terme. L’équilibre reste donc très fragile. Attendons encore un peu pour juger de la réelle efficacité du dispositif, même si, aujourd’hui, il est devenu incontournable et indispensable."

En attendant, et pour reprendre la formule, " le modèle marche ", en reposant sur l’exercice coordonné des soins. Et ce, même si, parfois, les secrétaires de MSP sont agressées verbalement par des personnes qui n’arrivent pas à obtenir de rendez-vous rapides ou qui se retrouvent sans médecin et face à des praticiens qui refusent tout nouveau patient, en raison d’un carnet de patientèle surchargé. Un détail…

Un investissement de 2,37 M€

La MSP castonétoise, qui s’étend sur une surface utile de 570 m², a bénéficié d’une enveloppe de 2,37 M€, financée à hauteur de 23 % par Rodez agglomération, 14 % par la Région, 24 % par l’État, le Département et la commune et à 39 % par les loyers qui seront réglés sur 15 ans par les professionnels de santé locataires des lieux. À l’heure de l’ouverture, et après un an de travaux, un médecin généraliste, sept infirmiers, une diététicienne, une pédicure-podologue, une sage-femme, deux kinés, un orthoptiste et un orthophoniste composent les effectifs de la structure. Un second médecin devrait arriver très prochainement, sachant que l’objectif à ce niveau est de voir quatre médecins/internes en activité simultanée.

Les jeunes médecins français ne veulent plus travailler seuls

Pour aller dans le sens de la création tous azimuts de maisons de santé pluridisciplinaires dans le pays, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a passé au crible la pratique de 3 300 médecins généralistes libéraux installés en France, au 1er janvier 2018. Il apparaît surtout que l’exercice isolé recule nettement. Début 2019, 61 % de l’ensemble du panel déclare déjà travailler en groupe avec d’autres professionnels de santé (médecins ou/et paramédicaux, en maison de santé notamment), soit sept points de plus qu’en 2010 et quatre points de plus qu’en 2014. A contrario, 39 % exercent seuls. Plus significatif, l’exercice regroupé explose chez les moins de 50 ans. Dans cette tranche d’âge, il concerne aujourd’hui plus de huit généralistes sur dix (81 %), contre 57 % pour les 50-59 ans et 44 % pour les plus de 60 ans. L’exercice de groupe avec au moins un confrère généraliste est la situation la plus fréquente. Au total, près de six généralistes libéraux sur dix (57 %) collaborent ainsi dans un même lieu avec un ou plusieurs collègues généralistes (soit 94 % de ceux qui sont regroupés).

François Cayla
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