Santé

Une Maison Rose à Paris, un "cocon" pour les femmes atteintes d'un cancer

  • Sur le modèle de la première Maison Rose ouverte à Bordeaux en 2015, ce lieu prévoit d'accueillir un millier de patientes par mois, en complément de leur parcours hospitalier.
    Sur le modèle de la première Maison Rose ouverte à Bordeaux en 2015, ce lieu prévoit d'accueillir un millier de patientes par mois, en complément de leur parcours hospitalier. Eva-Katalin / IStock.com / Eva-Katalin / IStock.com
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(AFP) - Réapprendre à se maquiller, essayer de la lingerie adaptée, mais aussi s'informer sur les traitements ou échanger sur les effets secondaires... La Maison Rose ouverte cette semaine à Paris ambitionne d'offrir "un endroit où poser ses valises" aux femmes traitées pour un cancer.

Créée à l'initiative de l'association RoseUp, sur le modèle de la première Maison Rose ouverte à Bordeaux en 2015, ce lieu prévoit d'accueillir un millier de patientes par mois, en complément de leur parcours hospitalier.

Parquet en bois clair, papier peint rose pâle orné d'oiseaux, cuisine chaleureuse... Tout a été fait pour éloigner l'univers médical et donner envie aux malades de pousser la porte de cette "maison", située dans une petite rue du 12e arrondissement, derrière le Viaduc des Arts.

Les "soins de support" proposés gratuitement (sophrologie, réflexologie plantaire, soins de beauté, etc.) servent de "porte d'entrée", pour permettre aux patientes de "relâcher la pression, avant de les accompagner sur d'autres sujets" moins faciles à aborder, a expliqué Aurélie Grange, directrice de la Maison Rose parisienne au cours d'une conférence de presse mercredi.

Pour beaucoup d'entre elles, "il est souvent plus facile d'échanger avec des gens qui vivent la même chose qu'elles" qu'avec leurs proches, souligne-t-elle.

Les ateliers de cuisine, les cours de sport adapté, les soins de beauté et autres séances de coiffure sont tous assurés par des intervenantes formées à l'accompagnement de personnes malades et aux changements provoqués par les traitements.

Des conférences seront aussi proposées, sur les sujets de préoccupation des patientes (nouveaux traitements, cures post-cancer, reconstruction, nutrition, etc.) ainsi qu'un programme d'accompagnement pour la reprise du travail ou le changement d'orientation professionnelle.

Pour Céline Dupré, cofondatrice de RoseUp, association de soutien aux patients et leurs proches touchés par le cancer, l'expansion des soins en ambulatoire (sans hospitalisation) rend d'autant plus nécessaire ce type de lieux, car les patientes se sentent souvent livrées à elles-mêmes entre deux rendez-vous à l'hôpital.

Le projet a notamment reçu le soutien de la mairie de Paris, qui a financé une partie des travaux du lieu, de la Fondation L'Oréal et du Printemps.

Selon un sondage réalisé par Odoxa pour la Fondation L'Oréal à l'automne 2018, seules 12% des personnes atteintes d'un cancer bénéficient de "soins de beauté et de bien-être" pendant leur traitement, alors que plus de 90% de ceux qui y ont eu accès affirment que cela leur à permis de penser à autre chose qu'à la maladie, de se sentir mieux psychologiquement et physiquement et d'avoir davantage confiance en eux.

Certains hôpitaux développent eux-mêmes ce type de soin à l'intérieur de leurs établissements, mais ils sont encore trop rares, selon les fondatrices de RoseUp.

Relaxnews
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