Agro-alimentaire

Nord-Aveyron : un projet à l’étude pour conserver l’abattoir sur l'Aubrac

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  • L’abattoir Arcadie à Sainte-Geneviève va-t-il renaître de ses cendres sous une autre forme ? C’est en tout cas un souhait clairement affirmé de la part de nombreux acteurs économiques locaux.
    L’abattoir Arcadie à Sainte-Geneviève va-t-il renaître de ses cendres sous une autre forme ? C’est en tout cas un souhait clairement affirmé de la part de nombreux acteurs économiques locaux. CPA / CPA
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Face à la fermeture de l’atelier de découpe de l’abattoir de Sainte-Geneviève, une étude va être lancée pour maintenir l’outil sur place.

Suite à la fermeture annoncée aux salariés mi-avril de l’atelier de découpe de l’abattoir de Ste-Geneviève détenu par le groupe Arcadie, une éclaircie apparaît dans le ciel d’Aubrac. En effet, une étude portée par la communauté de communes Aubrac Carladez Viadène va être lancée en juillet pour une durée de cinq mois "dans le but d’évaluer la perspective d’un abattage local en associant les acteurs locaux que sont les coopératives, les bouchers et les producteurs fermiers", annonce Jean Valadier, maire d’Argences-en-Aubrac.

À l’issue de celle-ci, un accompagnement d’un an est dans les tuyaux grâce au soutien de la Région par le biais de l’agence de développement économique (Ad’Occ) octroyant également des fonds européens. " Les perspectives sont de rouvrir un atelier d’abattage, un outil de découpe pour les professionnels de boucherie et les éleveurs ainsi que d’une unité de formation rurale pour former aux métiers de viande ", détaille l’édile. Et d’ajouter : " Cela va dans le sens de la création de notre pôle d’accueil d’apprentis en créant des espaces de formations intégrés avec les entreprises et la chambre de métiers ".

Une marque Parc ?

Dans cette boucle de réflexion figure le parc naturel régional (PNR) de l’Aubrac qui pourrait faire bénéficier cet outil local de la labellisation avec la marque Parc ainsi que le groupe Arcadie qui s’est engagé à ne pas déclasser l’abattoir ni le dépouiller le temps de l’étude. Au contraire, le groupe est intéressé par la démarche pour figurer parmi les acteurs avec la nécessité de recruter à terme une dizaine de salariés. Ce qui fait dire à Jean Valadier que "la casse est extrêmement limitée puisqu’une douzaine des salariés de l’atelier de découpe a été mutée sur l’usine de transformation". Cela explique la fermeture de l’atelier de découpe fin mai alors qu’elle était annoncée fin juin.

Une issue favorable en misant sur un débouché local sur lequel Jean Valadier tient à rester mesuré. "Face à l’annonce brutale de la fermeture de l’abattoir, cette issue sera-t-elle positive ? Je l’espère". En tout cas, cette étude fait résonance à l’engagement citoyen sur le plan local et la démocratie participative prônés par l’opération "Le Temps des possibles" qui se tient du 12 au 16 juin sur sa commune nouvelle. L’axe étant de mettre en avant le vivre ensemble via le tissu social. Le meilleur exemple étant les jardins partagés où cohabitent six nationalités.

Réunion sur l'abattoir mobile, à Graissac le 12 juin

"C’est une piste de réflexion", prévient Noël Entraygues, éleveur sur l’Aubrac et représentant de la Coordination rurale qui a eu vent de l’existence de l’abattoir mobile suite à une réunion de la… Confédération paysanne. Ainsi, il organise avec Francis Sabrié, membre du syndicat précédemment cité faisant ainsi cause commune, une réunion d’information ce mercredi 12 juin à 20 h à Graissac en présence d’Émilie Jeannin, éleveuse en Bourgogne à la tête de Bœuf Éthique qui lance des expérimentations de l’abattoir mobile en France. "On ne dit pas qu’il faut le faire mais que cela peut se faire pour valoriser le circuit court et les génisses. On a tout intérêt à travailler ensemble", dit Noël Entraygues. En effet, depuis le 16 avril, un décret autorise l’expérimentation de l’abattoir mobile mis en pratique en Suède depuis 2014 et porté depuis par la Conf’en France. "Les éleveurs sont inquiets. Depuis la privatisation de l’abattoir, il n’y a plus beaucoup de bêtes abattus du secteur et il n’y a plus d’abattage d’urgence. Ce n’est plus un abattoir de proximité. Résultat, il a fermé alors qu’il a eu des aides publiques. Cet abattoir mobile peut pallier la fermeture en mettant en avant le bien-être animal, la qualité de viande avec moins de stress et cela aide le circuit court. Cela peut s’articuler avec un abattoir de proximité". En clair s’adosser au projet énoncé par Jean Valadier. Pour ce dernier qui se rendra à la réunion à Graissac, "il s’agit d’une piste de réflexion qui va être étudiée mais on privilégie d’abord l’alternative d’une salle de découpe et centre de formation".

Trois questions à Emilie Jeannin, présidente de Bœuf Éthique

Pourquoi venez-vous à la réunion à Graissac ?

Je viens parler de l’abattoir mobile mais plus largement de l’importance d’un abattoir de proximité. C’est crucial d’avoir un abattoir à côté car il n’y a pas d’accès pour les éleveurs au marché de la viande. La situation est plus que catastrophique.

Il y a une très forte pression des grands groupes pour fermer les abattoirs de proximité car aujourd’hui la vente directe représente 10 % en France, ce n’est donc plus un marché de niche. Il faut parler d’abattoir local sinon l’élevage va mourir.

Le consommateur réclame du circuit court, de la transparence, pourquoi cette situation inverse ?

Les grands groupes sont organisés de façon verticale et peu importe le trajet des animaux et des éleveurs. C’est une erreur de choix stratégique. Consommateurs et éleveurs demandent du circuit court mais c’est l’inverse dans la réalité.

Au dernier Salon de l’agriculture, on est passé sous la barre des 250 abattoirs en France et deux ont encore fermé depuis. Tout cela au détriment des consommateurs et des éleveurs.

Quel est l’intérêt de Bœuf Ethique ?

Fondée en 2016, l’entreprise a pour but de mettre en place un abattoir mobile qui propose une viande de meilleure qualité en prenant en compte le bien-être à l’animal tout en permettant de retrouver l’indépendance pour l’éleveur. Les gros abatteurs y sont opposés car cela casse leur stratégie de monopole. Cette alternative à la vue de l’actualité s’avère cruciale.

 

Olivier Courtil
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