Sécurité

Permis de sauver : demain, tous secouristes !

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  • L’application Permis de Sauver est disponible gratuitement en téléchargement sur les plateformes Android et IOS.
    L’application Permis de Sauver est disponible gratuitement en téléchargement sur les plateformes Android et IOS. Repro CPA / Repro CPA
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Déployée officiellement jeudi 13 juin dans l’Aveyron, l’application Permis de Sauver a vocation à impliquer l’ensemble des Aveyronnais dans la chaîne des secours. Qu’ils soient formés au secourisme ou non.

C’est un drame qui est à l’origine, en 2015, de la création de l’application Permis de Sauver. Alors qu’ils sont de repos et en train de dîner, deux sapeurs-pompiers lyonnais voient leurs collègues intervenir dans le restaurant voisin au leur. "Quelques minutes plus tard, ils nous ont annoncé qu’une jeune fille était décédée d’un arrêt cardiaque suite à un étouffement alimentaire. Si nous avions été prévenus, le drame aurait sans doute été évité puisque nous nous trouvions à quelques mètres", se souvient Mehdi Boudjema, cofondateur de l’application Permis de Sauver.

Près de 60 000 "maillons" à travers la France

Aujourd’hui et après deux ans de service, l’application compte 60 000 "maillons" (le nom donné aux bénévoles) à travers le pays, dont 25 000 secouristes, et ce dans une vingtaine de départements. Elle est encore confidentielle dans le département mais, comme l’on appelé de leurs vœux Jean-Claude Anglars (président du Service départemental d’incendie et de secours) et le colonel Florian Souyris, directeur du Sdis, l’ensemble des Aveyronnais est appelé à la télécharger.

Après une session de formation aux coulisses du logiciel (le back-office), les sapeurs-pompiers du Centre de traitement des alertes sont désormais opérationnels pour orchestrer le fonctionnement de l’appli. "L’an dernier, il nous est arrivé à trois reprises de faire des massages cardiaques par téléphone, explique Jordan Dieudonné, chef du CTA. Permis de Sauver permet de donner une chance supplémentaire à la victime".

Géolocalisables et "déclenchables" par le Sdis

Le principe est le suivant : chaque personne qui télécharge l’appli renseigne son niveau de formation et devient de fait l’un des maillons de la chaîne des secours, géolocalisable et "déclenchable" par le CTA, qui reste le centre névralgique de toutes les opérations.

S’ils sont avertis et sollicités pour intervenir en cas d’urgence vitale et à proximité de leur position, principalement, ces secouristes bénévoles et volontaires peuvent aussi constituer de précieux relais d’information en cas, par exemple, de risque météorologique.

Formatrice en premiers secours pour la Croix-Rouge, Virginie a été l’une des premières à télécharger Permis de Sauver. Pour des raisons identiques à celles qui ont conduit les formateurs à lancer cette appli. "L’an dernier, mon voisin est décédé d’un arrêt cardiaque, explique-t-elle. Ma fille et moi sommes secouristes… Cela s’est passé à quelques mètres de chez nous et nous aurions sans doute pu faire quelque chose", regrette-t-elle.

Grâce aux sapeurs-pompiers et à la Croix-Rouge notamment, Permis de Sauver commence à se faire connaître dans le département et attend avec impatience ses nouvelles recrues, pour prendre leur place dans la chaîne des secours. En cas de malaise cardiaque par exemple, chaque minute de gagnée représente 10 % de chances de survie en plus pour la victime.

Qui peut télécharger l'appli ?

" Tout le monde ! ", répondent en chœur les fondateurs de Permis de Sauver, " et même des gens non formés au secourisme ". En fonction du niveau de compétences, trois échelons sont attribués aux sauveteurs numériques.

Une étoile, pour les personnes n’ayant jamais été formées aux premiers secours mais qui pourront aider à donner des informations, répercuter des messages de prévention, en cas de forts risques météo par exemple.

Deux étoiles : ce niveau est réservé aux SST (Sauveteurs secouristes du travail) ou personnes formées aux premiers secours civiques mais qui n’en font pas leur métier.

Trois étoiles, enfin, pour les gens formés et qui pratiquent, comme les sapeurs-pompiers ou les professionnels de santé.

Xavier Buisson
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