Culture et Loisirs

L’artiste américaine Crystal Wagner s’empare du château de Belcastel

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  • Depuis début juin, l’artiste américaine et plusieurs bénévoles s’affairent sur l’une des terrasses du château pour réaliser la sculpture monumentale.  
    Depuis début juin, l’artiste américaine et plusieurs bénévoles s’affairent sur l’une des terrasses du château pour réaliser la sculpture monumentale.   J.B. / J.B.
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Connue et reconnue dans de nombreux pays, l’artiste originaire de Baltimore est en résidence artistique au château de Belcastel, depuis le début du mois. Aidée par plusieurs bénévoles, elle réalise une sculpture monumentale qui habillera la façade principale du donjon.

Grandiose. Le chantier artistique de la plasticienne américaine Crystal Wagner est tout simplement monumental. Monumental et particulièrement original. Un peu à l’image de ces lieux chargés d’histoire et d’histoires, hantés par la mémoire de l’architecte Fernand Pouillon et de quelques autres figures artistiques, à l’image de Georges Moustaki, Claude Nougaro ou Juliette Gréco, qui avaient séjourné au château, au début des années 70, lors d’un festival organisé par Les Enfants terribles d’Alain Feral. Autre temps mais finalement même veine artistique nourricière. Près de cinquante plus tard, la propriétaire américaine du château, Heidi Leigh, a invité sa jeune compatriote Crystal Wagner, en résidence artistique. Depuis le début du mois, l’artiste de Baltimore, qui a exposé dans le monde entier, a investi le château où, avec une petite armée de bénévoles, elle réalise une immense sculpture multicolore et un rien étrange, appelée à habiller durant plusieurs mois, le donjon du château.

Travail de fourmis

Chaque jour, plusieurs bénévoles viennent jouer les petites mains sur l’une des terrasses du château pour habiller la structure métallique de morceaux de toile de parachute (en provenance des États-Unis et de Belgique) de différentes couleurs. Du bleu, du rose, du vert, du blanc, du mauve… Un vrai « travail de fourmis ». Ils sont parfois une dizaine. Des fois moins. En ce mercredi brûlant de soleil, il y a là Jean-Claude, le moustachu du village d’en face, Jean-Marie, le jeune retraité du Bassin, passionné de mécanique, Key, l’amie britannique d’Heidi, originaire de Manchester, qui vient d’emménager dans une maison du coin. Venu d’un département voisin, Luc tient à la perfection le rôle de traducteur. Il y a aussi Marie, la Ruthénoise, qui se « régale. » « Je suis dans mon élément et ça me permet de retravailler un peu mon anglais. C’est tout bénef », me dit-elle en souriant. Travis, l’assistant de Crystal, un jeune Texan épicurien, qui fréquente une école d’art américaine, apprécie lui aussi le cadre et l’ambiance. Une ambiance à la fois sérieuse et décontractée. C’est sa deuxième collaboration avec Crystal. Il assure, en quelque sorte, le lien entre l’artiste et les bénévoles.

Entre imaginaire et réel

Crystal adapte son inspiration à chaque lieu. Lorsqu’elle évoque sa nouvelle sculpture aveyronnaise, baptisée Ignis Fatuus (le feu follet), la jeune femme parle de « rêve, d’illusion, de mirage, en liaison avec des formes naturelles ou architecturales. » Entre imaginaire et réel. « Si on devait comparer mes œuvres à quelque chose, on pourrait parler d’art nouveau du XXIe siècle », résume-t-elle.
L’ancienne prof universitaire souhaite utiliser ses sculptures pour « ramener les gens vers des choses qui ont un rapport avec la nature. Faire une sorte de jonction entre quelque chose de familier et une forme étrange. Comme si la nature venait s’emparer de l’architecture. » La sculpture de Crystal habillera la façade principale du donjon, celle qui regarde le village, ainsi qu’une partie des deux façades des côtés. L’artiste a voulu une « structure aérée afin que le château ne soit pas étouffé. »

Belcastel ? « Magique ! »

Comme la propriétaire du château, Crystal Wagner apprécie à la fois l’art et l’architecture. Et l’artiste de Baltimore a su apprécier l’œuvre de Fernand Pouillon, le célèbre architecte qui a redonné vie au château. Lorsqu’on lui demande quelle fut sa première impression lorsqu’elle a découvert le site de Belcastel, elle répond tout de go et sans la moindre hésitation : « Magique ! » L’artiste américaine, diplômée des beaux-arts, apprécie par-dessus tout « la façon dont ce château a été construit et restauré. » « Une sorte de perfection », selon elle. Et l’on ne peut, en effet, qu’apprécier.
Outre la sculpture monumentale de Crystal Wagner, les visiteurs du château pourront également apprécier plusieurs autres œuvres d’intérieur. Des œuvres d’une grande minutie, souvent réalisées à partir de matériaux recyclés. Et Crystal d’exprimer toute sa reconnaissance envers le travail des bénévoles. Des bénévoles sans lesquels sa création ne pourrait devenir œuvre. Une démarche collaborative, à laquelle « les gens adhèrent pleinement. » Dans une démarche de partage et d’enrichissement mutuels.
joël born
Jusqu’au 15 septembre, le château de Belcastel est ouvert  tous les jours, de 10 h à 19 h.

Vernissage de l’œuvre le 27 juin

Le vernissage de l’œuvre de Crystal Wagner aura lieu le jeudi 27 juin, à partir de 17 heures, en présence de l’artiste et des bénévoles, qui ont participé à sa réalisation. Le sculpteur Pierre Matter, qui expose également plusieurs de ses œuvres sera lui aussi présent. La sculpture monumentale de Crystal, qui habille la façade principale du donjon du château, celle qui domine le village, ainsi qu’une partie des deux autres façades des côtés, sera exposée jusqu’au printemps prochain. Un éclairage particulier permettra de la mettre en valeur, notamment lors des festivités de Belcastel, fin juillet. Au final, cet œuvre, pas tout à fait comme les autres, aura nécessité près de 1 500 heures de travail et devrait quasiment peser une demi-tonne.

Joel Born
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