Culture et Loisirs

De Cannes à Rodez, Yoanna Yglaris ou "l'art à l'âme"

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  • Yoanna Yglaris dans son univers de peinture et de nature.
    Yoanna Yglaris dans son univers de peinture et de nature. F.C. / F.C.
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    Yoanna Yglaris dans son univers de peinture et de nature. F.C. / F.C.
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Rencontre avec une Ruthénoise d’adoption au parcours étonnant, à la démarche touchante.

Yoanna Yglaris est une artiste. Au sens le plus large et le plus noble du mot. Son monde n’est pas vraiment le nôtre. Un monde d’enchantement et d’émerveillement permanents, dans lequel elle s’éparpille avec bonheur. Même si l’on devine quelques ombres lourdes planer non loin de là.

Car son monde est aussi un monde de souffrances, qu’elle préfère taire, par pudeur. Tout juste glisse-t-elle dans la conversation : " Combien de larmes ont coulé sur mes joues à cause d’injustices, de trahisons, de jalousies… Au travers par exemple de l’adoption douloureuse d’une enfant que je retrace dans mon livre, Agrément pour l’enfer. Mais je me suis attachée à rebondir, à survivre. "

Chiringuito

Yoanna Yglaris est née à Cannes, où elle a vécu le plus souvent, avant de rejoindre Rodez, voilà quelques années.

Dès son plus jeune âge, cette fille du sud, influencée par les cultures grecque et slave, a compris que sa voie devait suivre celle de la création artistique. Alors elle a chanté. Elle a dansé. Elle a joué du piano. Elle a écrit des poèmes. Elle a peint. "Quand j’étais toute jeune, je voulais faire les beaux-arts, se souvient-elle, tout en arpentant son jardin foisonnant de la rue Carnus. Mais ma mère n’a pas voulu. J’ai cru que tout s’effondrait. J’étais anéantie."

Peu importe. Conciliant tant bien que mal vie professionnelle et passions artistiques, Yoanna sort en 1985 un 45 tours intitulé Chiringuito, sélectionné à l’époque par le Club Méditerranée. Inspirée par le folk tzigane russe, elle enregistre en suivant plusieurs chansons, dont elle signe les paroles.

Besoin de lumière

Attirée par le public, fascinée par la scène, elle enchaîne les spectacles. Mais, comme elle le glisse dans une courte autobiographie : "Les ailes brûlées par tous les problèmes matériels et parce que je n’ai jamais eu la chance de pouvoir m’appuyer sur de solides épaules, j’ai préféré quitter les planches".

Le bois du chevalet va alors remplacer celui des planches. Yoanna Yglaris revient ainsi à l’une de ses premières passions : la peinture à l’huile. "D’une façon qui se veut vivante, j’exprime à travers mes toiles ma foi en Dieu, en la vie et dans le partage avec les autres, explique-t-elle avec la voix et le geste. La lumière m’attire. La lumière s’oppose à la noirceur du monde actuel. C’est pour cela que j’ai choisi de peindre des icônes. Je ne cherche pas à copier des icônes du passé. Je leur associe plutôt ma technique et ma sensibilité."

Si Yoanna s’inspire parfois d’œuvres célèbres de la Renaissance, elle crée aussi des tableaux originaux. Le regard de ses personnages et la lumière de ses toiles sont particulièrement travaillés. "Oui j’ai besoin de lumière. En donner à certaines œuvres, c’est pour moi une manière de participer au renouvellement de la peinture sacrée", commente-t-elle, habitée d’une foi qu’elle revendique et qui semble la porter.

Retour sur les planches

Yoanna Yglaris ne le cache pas : elle est aujourd’hui en quête de reconnaissance. Elle aimerait voir son travail et sa démarche mis en valeur, à travers expositions et autres expressions publiques. C’est pour elle un "dernier défi au temps qui passe. Ne faut-il pas du talent pour être vieux sans être adulte, disait Jacques Brel ? J’adhère tellement à cette merveilleuse idée."

Dans cette quête de reconnaissance assumée, Yoanna Yglaris commence par retrouver le public. Dimanche en l’abbatiale de Conques, elle a voulu offrir "un bouquet culturel" à son auditoire. "Un bouquet culturel parfumé, coloré de poésie, de chants et de peinture", glisse-t-elle avec une envie débordante.

Un petit cercle d’artistes musiciens a été invité pour l’accompagner dans ce retour sur des planches que l’on devine quittées depuis trop longtemps.

Du mouvement perpétuel à la contemplation de la nature

"J’ai eu plusieurs vies dans ma vie. J’ai même plusieurs vies dans une seule journée." Yoanna Yglaris est dans le mouvement perpétuel. Si elle vient à se figer, c’est pour mieux saisir une parole, un geste, une sensation. Mais pour le reste, elle bouge. De son patio, elle s’en va dans une pièce ouverte chercher un livre. À peine assise, elle se rend dans une autre pièce en quête d’une toile. Elle rejoint encore son atelier pour en sortir quelques coupures de presse, quelques poèmes, quelques photos, quelques bouts de papiers sur lesquels sont griffonnées quelques pensées. "Mais je sais être calme, tempère-t-elle. Je me passionne pour la lecture, le jardinage, les promenades avec des amis artistes dans des lieux préservés à travers les vallées, les plaines, escortée par une myriade d’oiseaux. C’est pour moi une manière de méditer, de contempler et de me ressourcer…" Elle s’émerveille aussi devant un papillon qui volette par là. Devant un escargot accroché tout en haut d’un arbuste. Devant le mouvement d’une feuille d’arbre. "C’est magnifique." Autour d’elle, son chien, Mowgli, le dalmatien joueur, ne la lâche pas. Ses chats ne sont pas loin. Comme sa tortue, qu’elle prend dans sa main pour caresser une petite tête curieuse sortie timidement de sa carapace. "C’est dans la nature que je trouve le ferment nécessaire pour chanter, écrire, peindre, pour créer avec mes mains, mon cœur, mon esprit. Je ne peux peindre qu’avec le chant des oiseaux, le parfum des fleurs. Mes prochaines toiles seront empreintes d’encore plus de liberté, avec des oiseaux et des chevaux. J’ai besoin de liberté."

François Cayla
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