Rugby Occitanie

Jérôme Broseta (Rodez Rugby) : « Je ne suis pas un va-t-en-guerre »

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  • A LSA, après avoir entraîné en Fédérale 2, Jérôme Broseta  officiait  la saison dernière avec les jeunes.
    A LSA, après avoir entraîné en Fédérale 2, Jérôme Broseta officiait la saison dernière avec les jeunes. Archives jean-louis bories / Archives jean-louis bories
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Le natif de Nantes, qui a passé toute sa jeunesse dans le Gers avant d’officier en tant que prof d’EPS en banlieue parisienne puis de poser ses valises à Rodez juste avant l’an 2000, revient du LSA XV pour prendre les rênes de l’équipe fanion du nouveau club du Piton, le Rodez Rugby. Lui qui a encadré durant plus de quinze ans les jeunes et seniors ruthénois, jusqu’en Fédérale 1, « se retrouve » dans ce projet tourné vers la formation. Entretien.

Comment s’est passé votre retour à Rodez ?
C’est Vincent (Favre-Trosson, le manager-joueur du Rodez Rugby, lire notre édition d’hier, NDLR), avec qui j’ai beaucoup travaillé cette année à la fois au collège (Jean-Moulin à Rodez) et dans la section au lycée, qui m’a d’abord appelé. Puis Stéphane (Floirac, le président) a fait de même. Il m’a présenté le projet, la reconstruction de ce nouveau club, auquel j’ai adhéré assez rapidement. Puisque cela correspond à ce que j’attends d’un club et à une certaine philosophie de formation des jeunes.

Ce que vous faisiez d’ailleurs la saison dernière à LSA, non ?
Oui, j’étais avec les U14. C’est aussi une partie de mon métier, cela m’intéresse, forcément.

D’ailleurs, à Rodez, en plus de votre fonction de coach de l’équipe fanion, vous allez superviser les jeunes, non ?
Oui. On va se partager le travail avec Vincent, qui va rechausser les crampons cette saison. Donc il ne pourra pas être partout. Puis petit à petit ce sera son rôle à lui. L’objectif, c’est essayer d’avoir une certaine cohérence des cadets jusqu’aux seniors. C’est un projet global de formation. La réflexion est de se dire que les cadets 2 de la saison prochaine seront dans trois ans des joueurs seniors pour l’équipe Une. Dans la mesure où il faut rebâtir, reconstruire et essayer petit à petit de gravir des marches, on va s’appuyer là-dessus. On sait que cela prendra du temps, que ce sera compliqué mais on y croit à fond.

Le défi auquel vous faites face est d’autant plus particulier qu’à date vous ne savez toujours pas à quel niveau vous évoluerez en septembre ? On imagine que vous espérez le plus haut possible, la PH ?
Je reste très fataliste. Normalement, quand il y a création de club, tu pars en 4e série. Donc tout ce qui sera au dessus, ce sera bien pour nous. Évidemment que si on gagne des divisions, c’est mieux.

Comment fait-on pour bâtir une équipe dans pareil contexte, avec notamment très peu de joueurs encore là ?
On active les réseaux, on passe beaucoup de coups de fil. On fait le tour des connaissances. Que ce soit Yannnick (Madrières, son adjoint), Vincent, Jojo (Jonathan Chatelain, le secrétaire du club) ou moi-même. On espère faire un amalgame entre des anciens qui vont reprendre et les quelques jeunes qui sont restés. Et ensuite serrer les dents pour la première année. Puis, petit à petit, faire revenir des gamins du club qui sont allés à droite à gauche car ils étaient jusque-là dans l’expectative. Au moment où je vous parle, on compte avec certitude sur 22 joueurs. Et on en espère encore cinq ou six de plus.

D’autant que vos dirigeants ont indiqué que le RR ne jouerait pas des coudes avec les autres clubs vis-à-vis des joueurs partis et qu’il y aurait aucune démarche offensive pour les faire revenir dès cet été…
Il y en aura aucune, c’est bien clair ! Je respecte beaucoup les paroles données et les engagements pris. Des anciens joueurs du SRA ont pris des engagements avec des clubs aux alentours, c’est un fait, point. Je respecte beaucoup tous les autres clubs de l’Aveyron, j’ai ainsi passé de belles années à LSA. Et je ne suis pas un va-t-en-guerre. Chez nous, cette année, l’engagement ne sera que bénévole. Il n’y a pas un centime à gagner. Donc les gens reviennent seulement par conviction, parce qu’ils ont envie d’essayer d’aider le club à rebondir, point. Je conçois aussi que pour un jeune qui a fait quelques matches en Fédérale 1, ce n’est pas très motivant de jouer en 1re série ou en PH. Je vais même plus loin : ces joueurs-là, ils sont partis, ils vont faire leurs armes à LSA, à Decazeville ou ailleurs. Et de toute façon, ils reviendront au club tôt ou tard avec un vécu, une expérience à faire partager. C’est un cycle normal.

En championnat régional, on imagine bien que Rodez va avoir une étiquette dans le dos vis-à-vis des clubs des villes et villages alentour qui vendront forcément chèrement leur peau…
Je suis très cartésien à ce niveau-là. Rodez a pu être ce qu’il a été, avec le passé qu’on connaît. Mais la réalité sportive du moment, c’est que tu vas te retrouver en PH ou en 1re série comme l’ensemble des autres clubs contre qui tu vas jouer. Donc, on va faire preuve de beaucoup d’humilité, d’énormément de respect. Et on va travailler. Je ne connais que ça comme remède. On va essayer de proposer un rugby dans lequel on s’amuse, on joue l’intervalle, on tente de se faire la passe de plus. Car je me dis qu’on reconstruira en se faisant plaisir, en étant bien ensemble, en pratiquant un rugby qui nous plaît à tous.

S’il ne devait pas y avoir de montée à la fin de la première saison, serait-ce un frein à la reconstruction ou est-ce envisageable ?
Pour moi, c’est tout à fait envisageable. Je vais même vous dire : je vais aborder la saison qui arrive avec l’objectif de ne pas descendre. Car on part dans l’inconnu, qu’on a deux mois de retard à l’allumage, dans la préparation. Et ensuite, tout ce qui arrivera en plus, ce sera du bonus. Si effectivement, on peut rebondir directement, tant mieux. Mais là, j’avoue que je manque de recul par rapport au niveau réel pour pouvoir dire aujourd’hui : on va viser la montée ou autres. Et puis ce serait très prétentieux. N’oublions pas qu’il y a une semaine seulement, il n’y avait plus rien.

Reprise le 13 août

L’entraînement reprendra le 13 août pour les rugbymen ruthénois avec un début de championnat envisagé seulement un mois après le 15 septembre. « C’est court comme préparation, mais on n’a pas le choix », éclaire Broseta.
 

Propos recueillis par Aurélien Parayre
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