Santé

Les violences obstétricales en lumière sur Arte

  • Le nouveau documentaire d'Ovidie, "Tu enfanteras dans la douleur", est diffusé mardi à 22H40 sur Arte et est disponible en rattrapage
    Le nouveau documentaire d'Ovidie, "Tu enfanteras dans la douleur", est diffusé mardi à 22H40 sur Arte et est disponible en rattrapage Tobias SCHWARZ / AFP / Tobias SCHWARZ / AFP
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(AFP) - "Tout ce qui relève de l'intime est politique", estime la réalisatrice Ovidie qui, après des documentaires sur l'industrie du porno et la lutte contre la prostitution en Suède, s'est penchée sur les violences obstétricales, un sujet longtemps tu.

Dans "Tu enfanteras dans la douleur" diffusé mardi à 22H40 sur Arte et disponible en rattrapage, elle accumule témoignages glaçants de mères -- dont la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa -- traumatisées par leur accouchement, entre examens brutaux, gestes médicaux vécus comme une "mutilation" et paroles déplacées.

"Ça fait longtemps que je travaille sur les questions de sexualité, de corps et d'intime et que j'avais envie de travailler sur cette question. C'est la partie du féminisme qui m'a toujours intéressée", explique la trentenaire, dont le documentaire "Là où les putains n'existent pas" sur le modèle suédois en matière de prostitution avait été remarqué.

Pour Ovidie, ce documentaire est la "suite logique" de ses précédents travaux, et parle avant tout de "consentement", un thème mis en lumière avec le mouvement #MeToo.

La question des violences obstétricales est entrée dans le débat public grâce à des blogs et aux réseaux sociaux, avant d'être l'objet en France d'un rapport il y a un an du Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes (HCE), appelant à une "prise de conscience".

Parmi les principaux actes dénoncés, le recours sans consentement à l'épisiotomie (incision du périnée afin de laisser passer le bébé) a été particulièrement pointé du doigt. En France, près d'un accouchement sur cinq donne lieu à une épisiotomie, et dans un cas sur deux, la femme déplore l'absence d'information, soulignait le HCE.

"L'accouchement a longtemps été le grand oublié de l'histoire. A partir des années 60, l'urgence était la contraception, puis l'avortement. Il y avait moins de temps et d'intérêt dans les mouvements féministes pour ces combats-là, qui auraient pu être interprétés comme natalistes", souligne Ovidie.

Elle a commencé à travailler sur ce sujet il y a deux ans, avant qu'il ne s'impose dans les médias et a tenu à rencontrer toutes les parties dans ce dossier sensible: des militantes comme la féministe belge Marie-Hélène Lahaye (qui a lancé en 2013 le blog "Marie accouche-là") et des médecins dont Israël Nisand, à la tête du Collège national des gynécologues français.

Des mois d'enquête et d'interview qui ont mis en évidence "à peu près en même temps" un mouvement de revendication à l'échelle mondiale, en particulier dans "les pays catholiques".

Relaxnews
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