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Olivier Douzou : "Un jour, j’ai écrit un petit livre pour ma fille, simplement"

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  • Si ses projets le mènent souvent loin de l’Aveyron, Olivier Douzou aime à retrouver son atelier ruthénois.	 RDS
    Si ses projets le mènent souvent loin de l’Aveyron, Olivier Douzou aime à retrouver son atelier ruthénois. RDS RDS / RDS
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À la fois, graphiste, directeur de collection pour Actes Sud, l’ancien architecte, aujourd’hui auteur à succès, a retrouvé l’Aveyron pour développer sa "vie intérieure", tout en multipliant les collaborations avec Michel Bras ou Catherine André. Un choix de cœur pour ce Ruthénois, boulimique de travail et de rencontres qui partage aujourd’hui sa passion du livre et de la littérature jeunesse aux quatre coins du monde. Rencontre avec Olivier Douzou que l’on retrouvera au Grand Palais, au printemps 2020, avec un livre support d’une prochaine exposition autour de la couleur.

Architecte formé à Montpellier, puis directeur artistique de deux agences de graphisme à Paris durant quatre ans, vous vous êtes lancé dans l’illustration de livres pour enfants. Pourquoi ce changement de cap ?

Un peu par hasard. J’étais architecte, directeur artistique dans plusieurs agences à Paris. Mais avant ça, j’ai toujours dessiné, et toujours eu beaucoup d’activités autour du dessin, que ce soit dans le design, l’architecture, le packaging, le mobilier… Des logos, des choses variées, j’avais notamment travaillé sur la charte des premiers magasins Nature & Découvertes. Un jour, j’ai écrit un petit livre pour ma fille, tout simplement. Un livre, "Jojo la mâche", que j’ai présenté aux Éditions du Rouergue qui l’ont publié.

Une première collaboration avec la maison d’édition aveyronnaise qui s’est prolongée par la suite…

En effet. Par la même occasion, Danielle Dastugue, la directrice, m’a proposé de prendre en charge la collection jeunesse des Éditions du Rouergue. Ce que j’ai fait pendant 7 ans, jusqu’en 2001, avant de m’éclipser pour revenir en 2011. Entre-temps, j’ai publié beaucoup d’albums à titre personnel. Plus de 90, soit en tant qu’auteur ou illustrateur, dont le dernier, Les aoûtiens, plutôt bien accueilli par la critique.

Une expérience enrichissante ?

Évidemment. Cet épisode a duré parce que le succès a été au rendez-vous et avec lui une certaine reconnaissance, une certaine estime dans le milieu de l’édition. À cette époque, Les éditions du Rouergue, c’était un peu la "petite maison dans la prairie" qui venait chatouiller les maisons parisiennes.

Autour d’un secteur, la littérature jeunesse, qui se porte toujours particulièrement bien ?

Plutôt bien. C’est vrai que la littérature jeunesse, ce n’est pas moi qui le dis, mais c’est quand même la plus grande innovation du XXe siècle. Plus de 8 000 albums paraissent chaque année et il faut exister là-dedans. Mais quand on a des choses à dire, et à lire, c’est plus facile.

Justement, quel est le style "Olivier Douzou" ?

On va dire inattendu, non conformiste ! Je ne suis pas du genre conforme.

Vous êtes aussi très impliqué dans Salon du livre jeunesse de Montreuil, ou auprès du Centre National du livre qui organise l’opération "Partir en livres"… Une façon de transmettre votre passion ?

Pour moi, tout est important dès que l’on parle du livre, un objet essentiel dans le quotidien des enfants, dans leur construction. Au-delà du livre, on touche aussi à l’accès à la culture tout simplement.

La lecture n’est pourtant plus que le neuvième loisir des enfants, loin derrière internet par exemple…

Oui, mais en même temps, le livre a une longévité que n’ont pas beaucoup de choses. On prévoyait la fin du livre avec l’arrivée du CD-ROM, et force est de constater que le CD-ROM a disparu avant le livre ! Je reste persuadé qu’il y aura toujours des enfants qui préféreront la lecture ! Un espace de "concentration" aujourd’hui nécessaire, essentiel même. S’il est un contresens par rapport à tous les autres supports que l’on propose aux gamins, le livre est un contresens utile.

À votre retour à Rodez vous déclariez : "Ce n’est pas simple de travailler ici. Il faut une grande vie intérieure car la ville est un peu austère." C’est toujours le cas ?

Tout le monde le dit (rires). Ici, c’est bien pour la "vie intérieure". On est obligé de voyager avec sa tête. À Rodez, c’est d’ailleurs bien plus facile que de voyager avec le train… Certains endroits favorisent la création, l’inventivité… Quand on est trop distrait par l’extérieur, c’est plus compliqué. Mais ce n’est pas le cas à Rodez, bien que la ville évolue très favorablement.

Où vous porte aujourd’hui votre vie intérieure justement ? Vers quels horizons ?

Le prochain projet est un livre sur les couleurs avec la Réunion des musées nationaux pour une exposition qui aura lieu, à Paris, au Grand Palais au printemps 2020. Et c’est vrai, quand on est à Rodez, et que l’on est contacté par le Grand Palais, c’est plutôt flatteur. Mais ça reste un sacré défi, un vrai beau challenge ! C’est ça aussi qui me fait avancer !

Propos recueillis par Aurélien Delbouis
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