Economie

Lucie Héran (Millau) : "Il faut donner une nouvelle jeunesse à la ganterie"

  • Millau, capitale de la ganterie française, accueille, depuis avril 2015, ce groupement de dix-huit entreprises qui rassemble l’ensemble des professionnels  des première et deuxième transformations du cuir et réalise un chiffre d’affaires global de 39 M€ pour 383 salariés sur tout le département.
    Millau, capitale de la ganterie française, accueille, depuis avril 2015, ce groupement de dix-huit entreprises qui rassemble l’ensemble des professionnels des première et deuxième transformations du cuir et réalise un chiffre d’affaires global de 39 M€ pour 383 salariés sur tout le département. Repro CP / Repro CP
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Créé en 2015 entre les entreprises du cuir aveyronnaises, à l’initiative de la CCI et en partenariat avec la communauté de communes Millau grands causses, le Pôle cuir de l’Aveyron a pour objectif de fédérer les entreprises des secteurs de la tannerie mégisserie, de la ganterie, de la maroquinerie et de la sellerie, afin de réaliser des actions pour tous. Dernière en date, l’inscription de la ganterie millavoise au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Une démarche au long cours détaillée par la présidente Lucie Héran.

Vous êtes la présidente du Pôle cuir de l’Aveyron depuis 2018. Quel est son rôle aujourd’hui ?

Le Pôle cuir Aveyron est un lieu d’échange entre professionnel de la filière, artisans bottiers, selliers, maroquiniers, gantiers, tanneurs pour maintenir et développer un ancrage territorial fort, assurer la pérennité des savoir-faire et valoriser le "Made in france".

Lors du dernier conseil communautaire, les élus ont approuvé à l’unanimité le principe de lancement de la démarche d’inscription de la ganterie millavoise au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Pourquoi cette démarche ?

Pourquoi pas ? Cette inscription entre dans l’ADN du pôle cuir. Elle permettra sans doute d’asseoir un peu plus la filière, de lui donner la reconnaissance qu’elle mérite, comme aux nombreux artisans qui la composent. Car je crois qu’au-delà de la seule ganterie, il faut valoriser tous les acteurs de la filière cuir. Du peaussier, tanneur, mégisseur jusqu’au gantier ou au maroquinier. Car la filière cuir a beaucoup évolué depuis les années fastes de la mégisserie.

Justement, au début du XXe siècle, sur les 18 000 habitants de Millau, 12 000 étaient occupés par l’industrie du cuir. Millau comptait alors 75 ateliers pour une production annuelle de 395 000 paires de gants. Le classement à l’Unesco a aussi pour vocation de relancer la filière ?

Non, pas spécialement. Ce n’est pas ce qui a guidé la démarche. La filière a beaucoup souffert, depuis le début des années soixante, les différentes crises sociales, politiques, le déferlement des importations à bas prix. Les effets de mode. Mais la filière résiste encore notamment dans le luxe. Il nous faut apporter quelque chose de nouveau, lui donner une nouvelle jeunesse. En ce sens, un classement à l’Unesco n’est pas neutre.

Pour réussir cette lourde tâche, vous vous êtes attachés les services de Nadia Bedar, qui sera en quelque sorte la directrice du projet de candidature de la ganterie millavoise. Cette même Nadia Bedar qui a accompagné récemment le projet d’inscription à l’Unesco des parfums de Grasse. Avec succès ! Le recours à une spécialiste est une nécessité aujourd’hui ?

C’est une démarche très longue. Autant s’offrir les services de quelqu’un qui sait ce qu’elle fait. Nadia Bedar a réussi avec les parfums de Grasse, aujourd’hui inscrits au patrimoine immatériel de l’Unesco. Elle viendra très bientôt visiter tous les artisans de la filière, bien que, je ne vous le cache pas, j’attends de voir la convention définitive qui nous lie à la Communauté des communes Millau Grands Causses avant de lancer définitivement la procédure.

La démarche s’annonce longue. L’inscription des parfums de Grasse s’est faite après 10 ans de procédure… Ça ne vous a pas découragé ?

C’est très long en effet. Peut-être un peu plus court que les parfums de Grasse mais on verra. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes aux premiers jours d’un travail de longue haleine.

Christophe Cathala
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