Cinéma

"Midsommar": le film d'horreur revisité en plein soleil

  • "Midsommar" sort le 31 juillet au cinéma
    "Midsommar" sort le 31 juillet au cinéma Courtesy of Metropolitan FilmExport / Courtesy of Metropolitan FilmExport
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(AFP) - L'épouvante ne se conjugue pas toujours de nuit au cinéma. Le réalisateur Ari Aster le prouve avec "Midsommar", en salles mercredi, un cauchemar en plein soleil à la fois gore et ultra-maitrisé.

Après avoir impressionné avec "Hérédité", son premier film avec Toni Collette, le prodige américain (33 ans) frappe un grand coup en bousculant les codes du genre et en imaginant une fête païenne qui tourne mal en Suède.

Déjà sorti aux Etats-Unis, "Midsommar" emprunte son titre à la fête de la Saint-Jean (21 juin), une des plus importantes en Suède, où il est de tradition de danser autour de mâts, de chanter et d'arborer des fleurs dans les cheveux.

Des coutumes sur lesquelles s'appuie Ari Aster. Son film imagine un groupe d'étudiants venus découvrir les traditions d'une communauté isolée dans la province d'Halsingland, lors d'une fête se déroulant tous les 90 ans.

Dans ce groupe, se trouve un couple, Dani (Florence Pugh) et Christian (Jack Reynor), qui était sur le point de rompre, avant que la jeune femme ne soit touchée par une tragédie. Compatissant à défaut d'être amoureux, Christian ne peut se résoudre à la quitter et l'emmène dans ce voyage où le soleil ne se couche jamais.

L'appétit de découvertes (certains veulent faire leur thèse sur cette communauté) et d'expériences (hallucinogènes) va bientôt laisser place à des phénomènes étranges et des coutumes perturbantes, faisant basculer le film de 2h20 dans l'horreur.

Aux palettes sombres des films d'horreur, Ari Aster et son directeur de la photographie Pawel Pogorzelski substituent une lumière éclatante, presque saturée, et des couleurs claires, évoquant plutôt le conte de fées. Le cinéaste s'est renseigné pendant des mois sur les mythes et traditions scandinaves pour créer cette fantasmagorie teintée d'anthropologie tournée à Budapest. Ce qui n'a pas empêché le quotidien suédois Dagens Nyheter d'y voir une vision "fantasmée de la Suède" bien que divertissante.

Avec ses scènes d'effroi parfois gore (le film est interdit aux moins de 12 ans), "Midsommar" devrait laisser son empreinte dans le film de genre. "Il fera pour les rites païens suédois du solstice d'été ce que +Psychose+ a fait pour les douches", a estimé le critique David Ehrlich du site Indie Wire, tandis que Jordan Peele, autre réalisateur américain revisitant les codes de l'horreur ("Get out", "Us") lui a tressé des lauriers.

Après ce film qu'il dit inspiré d'une rupture sentimentale, Ari Aster veut expérimenter d'autres formes de cinéma. "J'aime les comédies musicales, j'aime les comédies romantiques, j'adorerais faire de l'animation" confiait-il récemment au quotidien britannique The Guardian.

Relaxnews
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