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BigFlo et Oli demain soir à Sauveterre: "Comme un sentiment de vertige"

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  • Dans le duo, les interviews sont plutôt réservées à Oli (le cadet, au premier plan) : « Je parle en notre nom. »
    Dans le duo, les interviews sont plutôt réservées à Oli (le cadet, au premier plan) : « Je parle en notre nom. » E. Catarina - E. Catarina
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Les frères toulousains, BigFlo et Oli seront demain soir en concert à Sauveterre, avant une pause annoncée.

Un succès comme le vôtre est-il plus facile à porter à deux ?

Totalement. On s’est rendu compte de la chance que l’on avait d’être à deux, récemment, en discutant avec des artistes qui affrontaient le succès seul. Entre nous, il y a une balance des énergies. On se soutient quand l’un ou l’autre a un coup de mou, on discute et on débriefe beaucoup. C’est une vraie force. Même quand on monte sur scène, on sait que le public est venu pour nous deux : la pression est moins lourde à porter.

Est-ce que vous avez toujours eu la complicité que vous affichez aujourd’hui ?

On l’a toujours eue, grâce à nos parents. Ils nous ont éduqués en nous disant à chacun : “le seul qui sera toujours là pour toi, c’est ton frère”. La musique est venue après, elle raconte notre histoire, comme une illustration pour dire notre amour. On s’était déjà construit ensemble avant que la musique nous lie, même si l’on a commencé à jouer très tôt, à 7 et 10 ans.

Dans vos caractères, vous êtes plutôt complémentaires ou similaires ?

Là encore, le temps nous a montré nos différences. Celles qui font notre force. Flo est plutôt introverti. Il est plutôt le cerveau quand je suis le cœur. On se complète bien. Les gens qui nous connaissent en sont encore étonnés : on se contrebalance parfaitement.

Des carrières en solo ne sont donc pas imaginables ?

Non, on n’y pense pas. Du moins pas pour l’instant. On se permettra peut-être un ou deux morceaux de notre côté, si cela se présente. Si un jour Flo veut jouer dans un film, par exemple, je n’ai pas besoin d’être à côté de lui. Mais dans la musique, nous avons encore beaucoup de choses à raconter à deux.

Vous êtes, cet été encore, de tous les festivals. Avant la vie d’artistes, à quoi ressemblaient vos étés ?

Ils ressemblaient certainement aux étés de beaucoup de gens. Notre famille n’avait pas forcément beaucoup d’argent, alors nous avions l’habitude de partir en colonies organisées par la mairie. Pendant notre adolescence, on s’est mis à travailler la musique pendant les vacances d’été. On faisait aussi les devoirs pour le conservatoire. C’est à cette période-là qu’on a commencé nos premiers concerts, même s’il n’y avait pas grand monde. Mais pour en revenir à nos étés, c’était souvent à Toulouse que ça se passait.

Quels souvenirs gardez-vous de vos premières tournées justement ?

La première vraie tournée doit remonter à cinq ou six ans. Je me souviens d’un festival latino-américain de musique et de cinéma dans lequel on avait été programmés, à Toulouse. On avait eu deux tickets boissons comme salaire (rires). Assez rapidement, on a trouvé des dates dans des petites salles et notamment des premières parties. J’ai le souvenir de la première partie d’Orelsan, en 2011, au Phare, à Toulouse toujours, ou celle de Sexion D’Assaut à Montauban. Quand je regarde dans le rétro, je me dis quand même que l’on a fait de la route.

Vous venez de traverser trois années d’un succès sans limite. Quel sentiment vous anime quand vous y pensez ?

Beaucoup de fierté, et quand même un peu de fatigue. En y repensant, on a enchaîné énormément de choses en peu de temps. Nous avons été rapidement suivis par le public, et ce soutien-là nous a galvanisés. Nous avons été “hyper hyperactifs” à tous les niveaux : dans tous les concerts, en studio, sur tous les plateaux télé et radio, aussi en coulisses dans les réflexions stratégiques, ou avec des projets comme Visionnaire, notre marque de vêtements. Après les deux concerts au Stadium de Toulouse (fin mai, NDLR), j’ai pris le temps de repenser à notre parcours : ça m’a fait drôle. J’ai eu comme un sentiment de vertige d’avoir accompli tout ça, à 23 ans.

D’où cette pause que vous avez annoncé vouloir marquer ?

Nous ressentons le besoin de souffler un peu, de prendre du temps pour refaire du son sans pression, pour revenir à un rythme plus naturel.

C’est donc un besoin, aujourd’hui, de couper ?

C’est un besoin pour nous, mais aussi pour nos fans. Ils ont envie de nous voir nous renouveler, prendre des risques, chercher autre chose musicalement. On est accros au boulot, on a plein de projets : on rêve d’écrire un film depuis des années, c’est peut-être le moment de s’y mettre. On va aussi composer le quatrième album. On est en train de créer un label pour lancer de jeunes artistes. Cette pause finalement sera plutôt médiatique, on va s’effacer un peu du regard des gens mais on ne va pas s’arrêter de travailler pour autant.

Si vous pouviez vous libérer un instant de la tournée, là tout de suite, vous seriez où ?

Ça me ferait de la peine… Mais je serais en Argentine ! Pour visiter notre famille que l’on ne voit jamais. Sinon, je resterais un peu à Toulouse pour reprendre des habitudes d’être humain (rires).

Qu’est ce qui vous manque, de cette vie d’avant ?

Pas grand-chose honnêtement. Nous sommes tellement reconnaissants et heureux de la vie que l’on mène. Ce qu’il me manque un peu, franchement, c’est du temps pour poser les choses.

Après les stadiums et les zéniths, vous arrivez dans l’Aveyron (lire par ailleurs). Avec la même énergie ?

Toujours ! Qu’il y ait 2 000 ou 60 000 personnes, on se dit qu’il y a peut-être dans la foule deux frères fans de rap comme on l’était, qui ont économisé pour venir nous voir. En pensant à tous ces gens, on a obligation de tout donner. On revient, après de grosses dates, à des festivals de taille moyenne. On adore ! Il y a un esprit famille et détente, à échelle humaine, que l’on apprécie réellement.

Au grand bal de Sauveterre

En terres aveyronnaises, la petite bastide de Sauveterre-de-Rouergue et ses 800 habitants créent l’événement chaque année. Et plutôt trois fois qu’une. Avec ses festivals Soft’R et Roots’Ergue, respectivement au printemps et à l’automne, l’association Ajal s’est fait un nom dans l’univers reggae. Chaque premier week-end d’août, le village célèbre aussi la fête de la lumière avec un spectaculaire lâcher de lanternes et le concert, cette année, de La Yegros. La veille, place au "grand bal" qui accueille donc BigFlo et Oli comme têtes d’affiche, le jeudi 1er août. En première partie, un autre duo en devenir est programmé : il s’agit des Aveyronnais Antes & Madzes. Lauréats du tremplin régional "Décroche Le Son", ils produisent un rap moderne et éclectique dans lequel l’écriture trouve toute sa place.

Billetterie et information : softr2rootsergue.com
Propos recueillis par Lola Cros
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