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Les énigmes du château de Calmont d’Olt

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Sur les hauteurs d’Espalion, l’édifice, mentionné pour la première fois en 883, a connu de nombreuses péripéties à travers les siècles. Au fil des nombreux chantiers mis en place par l’association gestionnaire des lieux, salariés et bénévoles mettent au jour différents objets, entre autres, permettant d’expliquer les étapes de construction. Même si des zones d’ombre subsistent, forcément.
 

C’est une énigme de plus dans l’histoire d’un château qui en compte déjà beaucoup. À Calmont d’Olt, ceux qui nourrissent une véritable passion pour cette ancienne forteresse ne sont pas au bout de leur surprise en matière de restauration. La découverte d’un couteau, pas n’importe lequel forcément, en fait d’ailleurs partie.
Lors de fouilles encadrées par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), en 2016, une équipe met au jour, à proximité d’une zone funéraire, un couteau pliant. Sa lame, de type languedocien, est en fer à pointe rabattue vers le bas, son manche à sept faces est en corne de cerf et il mesure 11 cm fermé. Selon des spécialistes, « il s’agit d’un assemblage de l’époque mérovingienne, probablement entre la fin du VIe et le premiers tiers du VIIe siècle ». Pour la petite histoire, le plus vieux couteau pliant a été retrouvé en Autriche et date de 600 avant JC. Surtout, si la production de couteaux fermants avec des manches en os a été importante à l’époque gallo-romaine, elle a, par la suite, sombré dans l’oubli avant de revenir « à la mode » seulement au XIIIe siècle.
Un couteau jamais utilisé
« Ce couteau pliant est surprenant à la fois par ses proportions harmonieuses et la délicatesse de son décor gravé, explique Thierry Plume, le propriétaire des lieux. C’est une pièce unique dont la conservation tient du miracle. Nous l’avons montré à un coutelier et il nous a assuré qu’il n’avait jamais été utilisé ! Il avait été spécialement conçu pour le défunt. Ce qui nous a également laissés pantois, c’est de trouver ici, dans ce territoire du Haut-Rouergue où le couteau de Laguiole règne en maître, un magnifique couteau pliant. » Les visiteurs devront encore s’armer de patience avant de pouvoir l’admirer. Seul le fac-similé, et encore, présenté par Thierry Plume, est visible. « En règle générale, il faut quatre ans avant de pouvoir exposer un objet trouvé. Celui-ci passe entre de nombreuses mains d’experts avant de revenir. »
C’est en 2015 que de surprenantes découvertes ont permis de lever le voile sur l’histoire du site. Il s’avère que les monnaies, les tessons et autres trouvés là ne laissent aucun doute sur une présence romaine, cultuelle ou militaire.
Quelques mois auparavant, des archéologues avaient mis au jour une sépulture, dans la cour intérieure du château, contenant un squelette complet et des amas osseux déposés autour du défunt. Cette découverte avait créé la surprise, notamment en raison de son emplacement peu conventionnel.
Et les questions ont fusé : « Qui pouvait être ce personnage ? Pourquoi a-t-il été enterré là ? De quelle époque datait cette inhumation ? » Une équipe de fouilles épaulée par une anthropologue s’est donc attelée à pousser les recherches sur cette zone. Ce sont finalement sépultures qui ont ainsi été mises au jour ; l’espace funéraire n’était donc pas là par hasard puisqu’il était exploité avant la construction de l’édifice connu aujourd’hui.
Dans cette nécropole mérovingienne, de nombreux objets ont été trouvés et ornent, pour certains, les présentoirs de la salle d’exposition : bague en métal comportant deux granules à chaque épaule, peigne en os à deux rangées de dents…


Des chantiers programmés toute l’année


Au regard des chantiers engagés, ce ne sera certainement pas la dernière énigme mise au jour. Car, depuis qu’il a acheté le château, en 1986 (lire ci-contre), il n’a eu de cesse de restaurer les lieux. « Il est important de savoir et, pour cela, nous avons un encadrement archéologique sérieux avec la Drac et les Bâtiments de France, souligne le propriétaire qui a confié la gestion des lieux à l’association de sauvegarde du château de Calmont d’Olt en 1998. Tout au long de l’année, salariés et jeunes bénévoles internationaux mettent la main à la pâte. Les questions posées par les visiteurs ne restent jamais sans réponses. La restauration n’est réalisée que si nous sommes sûrs et certains qu’elle est conforme au passé. Nous avons parfois des surprises ; ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il faudra plusieurs décennies de travail pour venir à bout des remblais dont la hauteur atteigne parfois sept mètres ! »

 

Thierry Plume, propriétaire depuis 1986

« Ce n’est pas pour moi que je l’ai acheté, mais pour le faire revivre. C’est pour cela d’ailleurs que la gestion est confiée à une association depuis 1998. » Thierry Plume est devenu propriétaire du château en 1986 ; il était vendu par le père de Michel Bras, le célèbre cuisinier, dont la propriété est visible depuis les hauteurs de l’édifice, à 550 mètres. « Maquignon de son état, il s’en était porté acquéreur lorsque l’agriculteur à qui il appartenait l’a mis en vente. Pour la petite histoire, il avait pour projet d’en raser une grande partie afin que son fils Michel y construise un restaurant. Lorsque l’idée est arrivée sur le bureau des responsables de la Direction régionale des affaires culturelles, ces derniers ont bien failli s’étrangler ! Je me suis donc positionné pour de la restauration, mais pas la même que celle souhaitée par le cuisinier. »
Il est ouvert à la visite dès le départ. Les curieux qui font preuve de fidélité ont pu ainsi remarquer les travaux colossaux réalisés à la fois par des bénévoles et des salariés. « Nous accueillons entre 18 000 et 20 000 visiteurs par an, dont 2 500 scolaires. C’est une réelle volonté de notre part d’expliquer l’Histoire traversée par le château. »
Juché sur un piton basaltique, l’édifice domine de plus de 200 mètres la ville d’Espalion et la vallée du Lot, offrant une vue panoramique sur les monts d’Aubrac et les Causses. En 883, le lieu est mentionné pour la première fois dans le cartulaire (recueil de chartes) du monastère de Conques comme pôle défensif d’une viguerie carolingienne. Les premiers seigneurs de Calmont d’Olt sont connus à partir de l’an mil. Le château était à l’abandon depuis environ 1750.



Contact sur www.chateaucalmont.org  ou au 05 65 44 15 89.

Paulo Dos Santos
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