Emploi

Sam technologies à Decazeville : référendum interne sur le temps de travail

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  • Marie Leroy (coordinatrice RH), Loïc Ranson (assistant gestionnaire paye), Yohan Laussel (chargé RH) et Stéphane Muccioli (directeur du site)./Photo DDM BHSP.
    Marie Leroy (coordinatrice RH), Loïc Ranson (assistant gestionnaire paye), Yohan Laussel (chargé RH) et Stéphane Muccioli (directeur du site)./Photo DDM BHSP. -
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Le repreneur de Sam Technologies, le Chinois Jinjiang est confronté à une problématique "inquiétante".

 

Pour beaucoup des 420 salariés de la société viviézoise Jinjiang Sam, c’est avec la boule au ventre que se fera ce vendredi soir le départ en congés annuels, avec fermeture durant cette période de cette fonderie fabriquant en majorité des carters pour le groupe Renault.

Cette société a été reprise le 22 décembre 2017 par le groupe Jinjiang Industries Europe (JIE) présidé par M. Yun Xu et dont le siège est situé en Ariège.

Trois jours après le placement en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Foix de la filiale lorraine de JJE, Jinjiang FVM, les salariés de Jinjiang Sam étaient appelés hier, à se prononcer, dans le cadre d’un référendum d’entreprise, sur le volet du temps de travail du projet industriel, que Yun Xu doit présenter ces prochains jours au siège chinois du groupe Jinjiang, géant économique.

Ce référendum, dont les résultats ne devaient être connus que dans la nuit après le vote des équipes de nuit, porte sur deux questions (dont la première avec une sous-question) :

  • Question 1 sur l’organisation du temps de travail pour que l’usine soit ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 :

- En 5 X8 : oui/non.

- Cycles de travail (sans RTT, semaine 40, 40, 32 heures et week-end 16, 16, 24 heures) : oui ou non.

  • Question 2 : externalisation nouveau projet usinages : oui/non.

Activité en baisse de 20 %

Pour Stéphane Muccioli, nouveau directeur du site de Jinjiang Sam, ex-directeur de FVM, "C’est une première dans cette entreprise. Avec ce référendum, il s’agit d’une volonté d’ouverture en sollicitant l’avis de l’ensemble du personnel sur le projet industriel. Nous sommes dans un secteur très concurrentiel, en particulier avec l’Europe du sud, et dans le contexte du dieselgate. Monsieur Xu a choisi le moyen du référendum car il a étudié en France et possède cette double culture, cet esprit d’ouverture. Nous devons trouver des solutions d’adaptation pour répondre à un marché très fluctuant et qui évolue rapidement".

Au-delà de la baisse d’activité programmée fin 2018 et en 2019 (les effectifs sont passés d’environ 570 personnes à 420 actuellement, avec le non-recours aux intérimaires), le chiffre d’affaires (environ 60 millions d’euros en 2018) a chuté de plus de 20 % cette année "et la tendance est encore à la baisse ", indiquent le directeur Stéphane Muccioli et le directeur RH Georges Escamilla.

Aussi, le temps de travail choisi à la lumière de ce référendum interne, pourrait conditionner les investissements sur la future capacité de production et trouver de nouvelles productions. "Les investissements se font en fonction du carnet de commandes. Nous devons trouver avec les salariés des solutions et avoir cet esprit d’ouverture, être positifs", poursuit Stéphane Muccioli.

"Une volonté d’ouverture" contre "Un cache-misère"

La CGT, par les voix de Sébastien Lallier et Ghislaine Gistau, n’a pas la même analyse et ne cache pas ses inquiétudes. "Ce référendum est un cache-misère. Le plan de reprise validé par le tribunal de commerce de Paris en décembre 2017 n’est pas respecté, notamment l’achat de nouvelles presses. 11 vieilles machines ont été démontées, mais aucune nouvelle n’a été installée, seulement un vieux four et une machine 3D, acquis aux enchères. Deux rapports de l’administrateur allant dans ce sens ont été envoyés au tribunal de commerce. Nous avons perdu le marché Bontaz, il ne reste que Renault et Compa, donc pas de diversification. Nous avons connu trois directeurs en 18 mois, ainsi que des pertes de compétences avec des départs dont le responsable du développement. Depuis début 2019, dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires), la question des salaires a été d’emblée écartée par la direction qui s’est concentrée sur le temps de travail. Au départ, il ne devait s’agir que d’une partie de la production, puis cela a été la question d’une mise en concurrence des sites de Viviez et de FVM. Plusieurs propositions de modification ont ensuite été proposées mais sans jamais produire d’informations, pourtant obligatoires, sur le chiffre d’affaires. À nos yeux, l’externalisation de l’usinage serait incohérente car la marge d’une fonderie se fait sur ce point.

Nous avons appris qu’il n’y aura pas de travaux d’entretien des fours durant les congés d’août. Tous ces éléments nous font craindre à terme un désengagement des Chinois, pourquoi pas par le biais d’un redressement judiciaire, comme pour FVM, cette fois en faisant porter le chapeau aux salariés s’ils répondent non au référendum et refusent de travailler 7 jours sur 7.

Jinjiang Sam est un bel outil auquel les salariés sont très attachés et a un fort potentiel. D’ailleurs certains mois au printemps ont été positifs. Il faut maintenant que les investissements annoncés se concrétisent…"

Correspondant
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