Lacroix-Barrez

Nord-Aveyron : le château de Valon, millénaire en devenir

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  • Le château de Valon, près de mille ans, toujours vivant.
    Le château de Valon, près de mille ans, toujours vivant. XB - XB
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Daté du XIIe siècle, l’édifice, situé au cœur d’un village qui lui est antérieur de plusieurs siècles, est passé de main en main au fil du temps. Il continue aujourd’hui de dévoiler ses charmes à tous dans le cadre de visites ou encore d’animations médiévales.
 

Le château de Valon, sur la commune de Lacroix-Barrez, érige fièrement son donjon carré, à 300 mètres au-dessus de la Truyère, depuis plusieurs centaines d’années. « Il doit exister depuis le XIIe siècle », explique Jacques Miquel, spécialiste de l’édifice et par ailleurs président de l’Association de sauvegarde du patrimoine du site de Valon.
Si aucun document n’existe sur la date création de Valon, on sait cependant aujourd’hui que de nombreuses familles s’y sont succédé : les de Valon, de Peyre, Rolland, de Chaumeil, de Fontanges, de Mandilhac puis de Bancarel d’Hyars. Plusieurs de ces occupants ont marqué l’histoire des lieux, par leur action ou leur prestige.
C’est le cas notamment de Guillaume Rolland, qui occupait la fonction de Sénéchal du Rouergue, en d’autres termes le représentant du roi dans la région. « C’était un homme de guerre, raconte Jacques Miquel. Il s’était engagé dans beaucoup de conflits armés dans la première moitié du XIVe siècle. L’essentiel du château est son œuvre ».
C’est à lui que l’on doit l’aspect et la vocation militaires du château de Valon, toujours visibles aujourd’hui.
« De réelles capacités militaires » qui n’ont pourtant « jamais servi », comme le souligne le spécialiste. On ne trouve pas de tour ou d’enceinte ni d’ouverture archère, car la défense se faisait depuis le sommet des murailles.
À ce titre, les visiteurs pourront découvrir l’évolution des aménagements réalisés, entre schiste bleuté utilisé au XIVe siècle et basalte, au XVe siècle. Valon a cependant abrité des garnisons de soldats, notamment pendant les guerres de religion, mais ils n’ont pas eu l’occasion d’y utiliser leurs armes.
Un occupant indésirable payé pour quitter les lieux
Mais l’occupant le plus illustre, celui dont on parle le plus aujourd’hui, fut sans aucun doute Marques, qui s’empara du site vers 1380, faisant de Valon le seul château du sud de la France dont on relate la prise. Routier de son état, l’homme et sa troupe louaient leurs services au roi pour intégrer, en cas de conflits, les armées féodales.
Une fois les batailles terminées, il arrivait aux routiers de prendre un lieu de force, comme cela s’est produit à Valon.
Il est relaté que Marques, pénétrant dans le château, n’y trouva que trois personnes, en l’occurrence le jardinier et ses parents. Il les délogera aisément pour laisser place à sa troupe et cette occupation dura une dizaine d’années. La force publique de l’époque étant incapable de les faire quitter les lieux, le départ de cette trentaine d’hommes, qui pillaient régulièrement la région, a été acheté.


Partiellement détruit par les habitants


Si le village de Valon, qui compte une trentaine d’habitants au plus fort de l’été, présente aujourd’hui ce charme indéniable, c’est au château qu’il le doit. Au XIXe siècle en effet, les habitants du hameau ont partiellement détruit le château pour en récupérer les matériaux afin de construire ou reconstruire « la plupart des maisons du village », explique Jacques Miquel.
Le site prendra donc la vocation de carrière à ciel ouvert, et la déconstruction durera jusqu’aux années 1920. En 1925 et pour mettre un terme à ce pillage, le château de Valon sera d’ailleurs inscrit à l’inventaire supplémentaire des bâtiments historiques par le ministère de la Culture.
Aujourd’hui et outre l’actuel propriétaire, à qui l’on doit notamment le « sauvetage » du donjon, c’est l’Association de sauvegarde du patrimoine du site de Valon et sa cinquantaine de membres qui veillent sur l’édifice, mais aussi le site dans son ensemble, avec ses jardins en terrasses et ses cultures de cerises notamment.
Le four à pain reprend ainsi du service fréquemment autour de Philippe Delanos durant l’été, pour réunir les habitants de ce lieu prestigieux autour de pain et desserts divers… mais aussi autour du château qui en est l’emblème.

De l’animation !

Animation costumée. Un conte où réel et imaginaire se croisent, où adultes et enfants se répondent, où de ravissantes miniatures donnent le ton, à ne pas manquer. Minimum 5 enfants - Maximum 20 personnes. Age minimum : 5 ans. L’inscription auprès de l’office de tourisme ou directement au château de Valon est obligatoire. Les enfants doivent être accompagnés d’un adulte. Le dernier rendez-vous aura lieu le 14 août à 11 heures.
Visites guidées. Elles sont proposées par Jean-Pierre Gaston, chercheur-archéologue et par ailleurs spécialisé dans l’archéologie du Sud-Est asiatique. Rendez-vous, jusqu’à la fin du mois, à 15 heures les mardis, mercredis, jeudis, vendredis et dimanche pour découvrir les nombreux secrets des lieux. 5 € par adulte, 2 € pour les 8-12 ans, gratuit pour les moins de 8 ans.
Visites libres. Costumes, jeux en bois, nattes au jardin, mise en musique, jumelles pour le panorama depuis la terrasse du donjon… tout a été prévu pour combler les visiteurs ! Pour ces découvertes en solo, rendez-vous jusqu’au 20 août du mardi au dimanche de 10 h 30 à 18 h 30 puis, du 21 août au 22 septembre, du mardi au dimanche entre 14 h 30 et 18 h 30. Compter entre 1 et 3 € par visiteur.
Renseignements sur ces diverses façons de découvrir le château de Valon à l’office de tourisme du Carladez, 12 Grand rue à Mur-de-Barrez, joignable par ailleurs au 05 65 66 10 16 ou à l’adresse contact@carladez.fr
 

 

Pour tout renseignement, rendez-vous sur contact@carladez.fr  ou au 05 65 66 22 36. 

Xavier Buisson
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