Aveyron

Delphine Mégret, "enfant" de Sylvanès

Abonnés
  • Après huit années passées à Londres, Delphine Mégret s’est installée à Perpignan voilà un an. Elle aime se ressourcer au parc de Saint-Vicens.
    Après huit années passées à Londres, Delphine Mégret s’est installée à Perpignan voilà un an. Elle aime se ressourcer au parc de Saint-Vicens. Rui Dos Santos - Rui Dos Santos
Publié le / Modifié le S'abonner

Née à Pont-de-Salars, voilà tout juste trois décennies, passée par Paris et Londres, installée à Perpignan depuis juillet 2018, cette soprano a fait ses classes à l’école de musique de Rodez, mais elle avoue qu’elle doit tout à Michel Wolkowitsky.

L’Europe mystique", samedi 17 août, et "De la musique anglaise à la mélodie française", mercredi 21. Quel est le trait d’union entre ces deux concerts, à l’affiche (tous les deux à 21 heures) de la 42e édition du festival de musiques sacrées et de musiques du monde de Sylvanès ? Le premier aura lieu dans l’abbatiale et le deuxième dans le scriptorium. La (bonne) réponse est… Delphine Mégret.

Elle chantera, ainsi, au sein du jeune chœur le samedi 17 août pour interpréter des polyphonies sacrées des XVIIe et XVIIIe siècles, puis, cinq jours plus tard, avec ses trois amies qui composent L’ensemble Héliodores (la pianiste Anne-Lise Dodelier, la mezzo soprano Marine Chaboud et la soprano aveyronnaise Émilie Boudeau) des airs, duos et trios de Purcell, Haendel, Dowland, Debussy, Fauré et Hahn. Née à Pont-de-Salars (à la maison), le 23 août 1989, dans une fratrie de quatre enfants dont elle était la benjamine, de parents originaires de Rennes "mais qui avaient envie de se poser et qui sont tombés amoureux de la région", elle a rapidement déménagé, avec toute la famille, à Souyri, sur la commune de Salles-la-Source. Avouant "avoir baigné dans une enfance unique" (en particulier l’école à domicile assurée par sa mère), elle se souvient aussi des deux leitmotivs de ses parents : "Avoir une bonne alimentation, apprendre la musique classique".

Michel Wolkowitsky, clé de voûte !

Sa formation a eu lieu à l’école de musique de Rodez. À la chorale mais aussi dans les cours de flûte traversière. "Je voulais choisir quelque chose à moi, ne pas opter pour un instrument “classique”, se souvient-elle. L’expérience a été de courte durée et je me suis orientée vers le piano". Son enseignant a vite décelé qu’elle était faite pour… le chant. "C’est vrai que je me sentais bien, j’étais dans mon élément, confirme-t-elle. Même si ma prof m’a averti que “c’était beaucoup de travail”, j’étais totalement déterminée". Amenée à aller travailler les chœurs à Sylvanès, elle a donc fait la connaissance de Michel Wolkowitsky, le maître des lieux. "C’est la rencontre de ma vie !, lance-t-elle haut et fort alors qu’elle est plutôt de nature pudique et discrète. Il m’a demandé de faire quelques vocalises. Le courant est tout de suite passé. Il m’a mise en confiance". Les premières notes d’une très belle aventure humaine et artistique. À l’âge de 20 ans, Delphine Mégret a décidé de partir à l’étranger. Elle a posé ses partitions à Londres, décrochant une place à la Guildhall school of music and drama. "Un jour de fou ! C’était incroyable", se réjouit-elle encore, avec le recul. Elle a passé huit ans dans la capitale anglaise avec, notamment, Jennifer Smith comme enseignante. Elle n’est pas prête d’oublier cette expérience. Un projet avec sa sœur violoncelliste

Delphine Mégret est installée depuis juillet 2018 à Perpignan, où l’ont menée les battements de son cœur. L’heureux élu s’appelle William Salesne, Will pour ceux qui suivent l’actualité musicale. Guitariste et chanteur, il se produit, soit avec son groupe (un trio) de rock et blues, soit avec la chanteuse Isabelle, dans un registre plus jazz et soul. Curieuse de "goûter à d’autres univers", la soprano s’est glissée à plusieurs reprises dans la peau d’une jazzwoman, accompagnée par son amoureux. Elle ne cache d’ailleurs pas que des projets personnels la tentent. Comme L’ensemble Héliodores avec lequel elle se produit donc le 21 août à Sylvanès ou celui qui se prépare avec sa sœur Shani, violoncelliste de 32 ans (vivant à Perpignan), et une amie pianiste. Mais chut, elle n’en dira pas plus. Patience.

Rui Dos Santos
Réagir