Aveyron

Émilie boudeau aime soigner l’esthétique avec plusieurs cordes à son art lyrique

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  • Émilie Boudeau vit aujourd’hui à Saint-Affrique, avec son mari Pierre Blancard et leur fils Paul, mais elle prend toujours le même plaisir à se poser dans la maison familiale, au hameau de Bages, commune de Saint-Jean-d’Alcapiès.	Rui Dos Santos
    Émilie Boudeau vit aujourd’hui à Saint-Affrique, avec son mari Pierre Blancard et leur fils Paul, mais elle prend toujours le même plaisir à se poser dans la maison familiale, au hameau de Bages, commune de Saint-Jean-d’Alcapiès. Rui Dos Santos Repro CP - Repro CP
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Soprano âgée de 33 ans, très fière de ses origines aveyronnaises, cette adepte du beau vit à Saint-Affrique. Ses racines maternelles ont toutefois puisé leurs forces à Saint-Jean-d’Alcapiès, où elle a d’ailleurs grandi. Si les rôles de tragédienne ont sa préférence, elle aimerait goûter à d’autres univers. Le jazz par exemple.

Elle est certes née, en 1986, à Montpellier, où sa mère, aveyronnaise, était sage-femme (cadre) en milieu hospitalier. Mais, depuis plusieurs générations, le berceau familial maternel était dans le Sud-Aveyron, précisément à Saint-Jean-d’Alcapiès, au hameau de Bages. C’est donc là, dans cette jolie demeure, qu’Émilie Boudeau a grandi, dès l’âge de 7 ans, quand son père, originaire du nord de la France et spécialiste en informatique, a quitté la toile pour reprendre l’exploitation agricole. Soit quelques centaines d’ovins dont le lait alimente Roquefort. Avec une maman pianiste, elle a écouté beaucoup de classique et a rejoint l’école de musique de Saint-Affrique. Lors des cours de formation musicale, l’enseignante a été catégorique, lui assurant qu’elle avait "une voix hors du commun". Jocelyne Maton Canac, la prof de chant, ancienne de l’Opéra de Paris, a alors écouté et accompagné l’adolescente. Elle ne savait pas encore que c’était là le début d’une belle carrière. La soprano n’a pas oublié : "Je n’aimais pas ma voix et je me cachais pour chanter. Un jour, ma mère m’a dit qu’il y avait des dizaines d’hirondelles qui m’écoutaient sur un fil à Bages !". Le profil du public a bien changé depuis. À l’âge de 16 ans, elle a rencontré Michel Wolkowitsky et le directeur artistique de Sylvanès l’a prise sous son aile et elle a intégré l’atelier lyrique de l’abbaye. "Cela a été très formateur, reconnaît-elle volontiers. Michel est toujours un référent, un ami et un père spirituel". Elle chantera d’ailleurs, dans le cadre du festival 2019, à Sylvanès, mercredi 21 août, à 21 heures, au sein de l’ensemble Héliodores. Le bac en poche, Émilie Boudeau a rejoint Montpellier pour des études de musicologie, de médiation culturelle et de communication. Après l’atelier soliste de l’opéra junior, avec plusieurs tournées à l’étranger, et deux années au Conservatoire de Marseille en classe d’art lyrique (chant, théâtre, scène), elle a plongé dans le grand bain. Si elle aime les rôles de tragédienne, elle a également remporté un prix d’opérette à Béziers, tout en étant séduite, par exemple, par le jazz. Comment est-elle perçue dans le milieu ? La soprano sourit : "Comme quelqu’un qui fait le boulot mais je pâtis d’une image très froide, alors que je suis juste timide. Du coup, j’ai hérité d’une formule caricaturale : bien sapée, bien coiffée, un peu hautaine". Ça l’amuse ! La future intermittente du spectacle préfère consacrer du temps et de l’énergie à Paul, qui a soufflé ses deux bougies le 2 août. "Je chante dix fois mieux depuis que j’ai un fils !, insiste-t-elle. Alors que j’étais égoiste, je ne suis plus le centre du monde. Cela a changé ma vie. J’ai profité de chanter enceinte pour goûter à d’autres émotions et à d’autres sensations aussi".

Si elle anime un chœur amateur à Saint-Georges-de-Luzençon, si elle a déjà donné quelques cours à Saint-Affrique et ailleurs, Émilie Boudeau ne se voit pas enseignante. "Pas pour l’instant en tout cas", confirme-t-elle. Considérant qu’elle n’est "pas légitime", elle explique aussi : "J’aime chanter, être sur scène". En revanche, a-t-elle une idée de ce qu’elle fera après sa carrière de chanteuse ? La réponse est encore assez floue : "Je ne sais pas vraiment mais je ferai quelque chose qui sera lié au beau. Je suis passionnée, par exemple, d’art floral". Et si la chanteuse consacrait davantage de temps au Castel d’Alzac ?

 

la vie de château... à mi-temps !

« Je l’ai toujours vu par la fenêtre de ma chambre ». Longtemps en ruines, le château de Castel d’Alzac est situé à quelques dizaines de mètres de la maison de famille d’Émilie Boudeau. Rachetée par la mairie, cette bâtisse du XVe siècle a été restaurée, pierre par pierre, pour devenir « une location de vacances de luxe à la campagne ». Cinq gîtes cinq étoiles et cinq épis « Gîtes de France » sont ainsi ouverts à la clientèle depuis janvier 2017. Pouvant accueillir jusqu’à une vingtaine de personnes, forts de prestations et d’équipements haut de gamme, ils ont été baptisés : « Le jardin du château », « Chez Charles », « L’amoureuse », « La bergerie » et « Chez Simone ». Si elle l’a donc longtemps regardé par la fenêtre de sa chambre, Émilie Boudeau est aujourd’hui « très investie » au Castel d’Alzac puisqu’elle a hérité, avec son jeune frère Julien, de la gestion du château en devenant salariée de la commune de Saint-Jean-d’Alcapiès. Depuis la naissance de son fils Paul, elle est passée à mi-temps, se consacrant prioritairement au volet événementiel (concerts, expositions). « On a sauvé ce magnifique patrimoine », se réjouit-elle.

 

Rui Dos Santos
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