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Jean-Henri Fabre, une vie au plus près du vivant

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    J-H. Fabre, une vie au plus près du vivant Repro CP / Repro CP
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L’œuvre considérable de Jean-Henri Fabre (1823-1915), né à Saint-Léons, continue aujourd’hui de nourrir les travaux et réflexions des scientifiques. L’entomologiste d’origine aveyronnaise a été à l’origine de nombreuses découvertes et observations de cette nature méditerranéenne, si riche et pourtant mal connue à l’époque. Ses travaux rayonnent bien au-delà de l’Hexagone, en particulier en Extrême-Orient. Sa rigueur scientifique, l’universalité de son propos, sa conscience des lois de la nature ont participé à la diffusion de ses travaux.
 

Le battement d’ailes du papillon, la stridulation de la sauterelle, du grillon et du criquet… De quelle manière l’environnement du petit Jean-Henri Fabre, né à Saint-Léons le 21 décembre 1823, élevé au cœur de ces paysages secs et sauvages à Malaval chez ses grands-parents, va-t-il influencer sa personnalité ?

En 1833, il séjourne à Rodez où son père reprend un café. Cette parenthèse ruthénoise refermée, quatre ans plus tard. La famille s’installe à Toulouse où Jean-Henri Fabre rentre au séminaire. Il le quitte en cinquième, pour gagner sa vie.

Il entame sa carrière d’instituteur à Carpentras, à l’âge de 19 ans. Dans le Vaucluse, Jean-Henri Fabre va parfaire son savoir d’entomologiste et s’adonner passionnément à l’étude de la faune et de la flore.

La proximité de l’imposante silhouette du mont Ventoux tient une part importante dans la formation et l’apprentissage du jeune instituteur. D’ailleurs, régulièrement, Jean-Henri Fabre parcourt les pentes et les crêtes de ce sommet pour y étudier l’habitat naturel exceptionnel du site. Il publiera, en 1879, Une Ascension au mont Ventoux, après une excursion difficile sur ces pentes où la récolte botanique a été fructueuse.

Il poursuit son étude du monde des insectes et des plantes en Corse où il est nommé professeur de physique au collège d’Ajaccio.

De retour sur le Continent, il accepte un poste à Avignon, il poursuit avec passion son étude de la faune et de la flore de la garrigue.

Il rédige les premières pages de ses Souvenirs entomologiques qui seront publiés en 1878. Huit autres séries vont suivre.

La publication de cette œuvre majeure entrera en résonance bien au-delà du milieu scientifique. Jean-Henri Fabre fait partie de cette catégorie de scientifique vulgarisateur, érudit, embrassant de multiples disciplines.

D’ailleurs, Jean Rostand, académicien, écrivain et biologiste, décrit Fabre comme : "Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s’exprime en poète."

Dans son Harmas de Sérignan, acquis un an plus tard et où il restera jusqu’à la fin de ses jours, il se livre encore et toujours à l’étude de son environnement. Laboratoire à ciel ouvert et refuge familial, l’Harmas de Sérignan abrite aujourd’hui un musée et un jardin d’un hectare ; véritable écrin et concentré d’espèces végétales méditerranéennes.

Jean-Henri Fabre tisse des liens avec des scientifiques de renoms qui s’intéressent de près à son travail. En récompense de ses travaux, l’entomologiste reçoit de nombreux prix.

Le président de l’époque Raymond Poincaré, au cours de l’année 1913, lui apporte l’hommage de la nation en ces termes : "Ce n’est pas seulement par la patience de vos recherches et la consciencieuse exactitude de vos observations que vous avez donné à l’entomologie et à la science en général une gloire nouvelle. Vous avez mis dans les êtres les plus humbles une attention si passionnée, une pénétration si ardente, un enthousiasme si bienveillant et si compréhensible, que dans les plus petites choses, vous avez fait voir de très grandes et qu’à chaque pas de votre œuvre nous éprouvons la sensation de nous pencher sur l’infini."

Le biographe et ami de Jean-Henri Fabre, le docteur Georges-Victor Legros, dans le premier ouvrage qui lui est consacré écrit que la devise du scientifique aurait pu être De fimo ad excelsa : "Du bas vers la perfection".

Cette conscience des lois de la nature, la rigueur de ses recherches, et l’universalité de son propos concourent à la diffusion de ses travaux dans le monde entier. En Extrême-Orient et au Japon en particulier. En 2007, le centenaire de ses Souvenirs entomologiques est marqué par la traduction de cet ouvrage par une maison d’édition sud-coréenne.

Aujourd’hui, l’œuvre de Jean-Henri Fabre continue de rayonner à travers le globe. Ses travaux, réalisés dans de nombreux domaines, ont nourri les réflexions d’innombrables scientifiques.

Pour s’en faire une idée, il suffit de visiter Micropolis, la cité des insectes de Saint-Léon, s ou l’Harmas de Sérignan, et se plonger dans l’héritage considérable laissé par l’entomologiste mort en 1915, à l’âge de 92 ans. Jusqu’à son dernier souffle, il n’a eu de cesse de vouloir comprendre le vivant.

Philippe Henry
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