Archéologie - Histoire

Aubin : la mémoire des résistants est honorée

  • À la stèle des Hermets. Ci-contre : Monique Boyer-Robert et René Latieule, deux témoins oculaires de cette journée.
    À la stèle des Hermets. Ci-contre : Monique Boyer-Robert et René Latieule, deux témoins oculaires de cette journée.
  • À celle de Nuces.
    À celle de Nuces.
  • À la stèle de Panat.
    À la stèle de Panat.
  • Monique Boyer-Robert et René Latieule, deux témoins oculaires de cette journée.
    Monique Boyer-Robert et René Latieule, deux témoins oculaires de cette journée.
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Sous l’égide de la Maison départementale de la mémoire à Aubin, la journée du 10 août 1944 a été commémorée samedi dernier. Ce jour-là, la tristement célèbre colonne Das Reich est passée dans le vallon de Marcillac avant de rejoindre le Bassin.

Samedi dernier, dans l’église de Panat, était installée par l’Association des amis et habitants de Panat, présidée par Josèphe Robert-Lamar, l’exposition sur la tragique journée du 10 août 1944, au cours de laquelle 18 résistants allaient perdre leur vie. Deux témoins oculaires du drame qui s’est joué à Nuces et à Panat, Monique Boyer-Robert et René Latieule, étaient, 75 ans après ces événements, assis côte à côte dans cette église.

Le 10 août 1944, vers 13 h 30, René Latieule, de Fijaguet, âgé de 16 ans, vaquait à ses occupations dans un champ, quand il fut pris pour cible par un "voltigeur" allemand de la colonne Das Reich. Cette colonne réputée pour sa violence était partie de Rodez, vers midi, pour mater la Résistance sur le Bassin. Blessé à une jambe, il raconte : "J’ai fait le mort, je n’ai pas bougé tant que j’ai entendu les tirs des “snipers” allemands qui depuis les crêtes tiraient sur tout ce qui bougeait. J’ai eu plus de chance que les trois maquisards : Georges AndréAssian et Michel Gruselle qui sont tombés à Nuces et Pierre Boissière, blessé à Nuces, puis poursuivi et assassiné à Panat par les nazis".

Il était aidé par Marcel Cabrol, lui aussi blessé par les Allemands, et qui doit d’être en vie grâce à une chute de dix mètres dans un ravin.

À ce moment-là, Monique Boyer, âgée de 20 ans et étudiante en pharmacie, à la demande de sa mère et de sa grand-mère, ramassait des prunes sur la propriété familiale quand elle entendit des balles siffler à ses oreilles.

Comme elle l’a raconté à sa fille Josèphe Robert-Lamar, "malgré le danger, nous avons recueilli et donné les premiers soins à Marcel Cabrol. Je lui ai tenu la main pendant que le docteur Escorbiac le soignait et ce sont les résistants du maquis des Faux qui sont venus le récupérer. Elle lui a avoué d’avoir toujours en tête ces moments et de n’avoir pu oublier le visage de Pierre Boissière sur lequel les Allemands s’étaient acharnés".

René Latieule, présent à toutes les stèles commémoratives, Les Hermets, Nuces et Panat, assure : "Jusqu’à mon dernier souffle, je n’oublierai jamais cette journée".

À Saint-Christophe, cette colonne tombe nez à nez avec une voiture avec quatre maquisards à bord, Pierre Blanquier, Domingo Costa, Claude Laurent et Daniel Rodriguez, qui vont être tués. Aux Hermets, les maquisards attaquent la colonne, et après un combat intensif, trois résistants vont perdre la vie. Marcel Fourquat, Raphaël Paya et Roger Puech. En suivant, les résistants ont fait sauter le pont des Claux et dans cet accrochage le maquisard Roger Bessière va perdre la vie.

Nez à nez avec les maquisards

La colonne allemande décide de se scinder en deux parties, dont l’une passera par Cransac et Aubin. Dans cette ville, Paul Lhorte, prisonnier de guerre évadé, va être tué par les balles allemandes au lieu-dit Le Battut, où une stèle sera inaugurée en 1945.

À Viviez, comme cela s’était passé à Saint-Christophe, la colonne allemande tombe nez à nez avec une voiture ayant à son bord trois maquisards du Lot, André Larive, Alfred Ischard et André Lescure, qui vont perdre la vie. Une quatrième victime collatérale de cet accrochage sera à déplorer, Yvette Frayssinet, qui était promise à Pierre Boissière, mort sans qu’elle ne le sache quelques heures avant à Panat, va à son tour perdre la vie.

Arrivée à Decazeville, deux autres victimes vont s’ajouter à cette liste noire, Paul Planque et Raymond Molinié.

Sous l’égide de la Maison départementale de la mémoire à Aubin, la journée du 10 août 1944 a été commémorée samedi dernier. Ce jour-là, la tristement célèbre colonne Das Reich est passée dans le vallon de Marcillac avant de rejoindre le Bassin. Monique Boyer-Robert et René Latieule témoignent.

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