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Sylvanès : un festival, une abbaye et une aventure humaine

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  • Cela fait plus de 40 ans que le directeur artistique, Michel Wolkowitsk, travaille à la notoriété du festival.
    Cela fait plus de 40 ans que le directeur artistique, Michel Wolkowitsk, travaille à la notoriété du festival. José A. Torres / José A. Torres
  • Cela fait plus de 40 ans que le directeur artistique, Michel Wolkowitsk, travaille à la notoriété du festival.
    Cela fait plus de 40 ans que le directeur artistique, Michel Wolkowitsk, travaille à la notoriété du festival. José A. Torres / José A. Torres
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Il y a deux ans, le festival des musiques sacrées fêtait ses 40 ans d’existence. Cela fait donc 42 ans que ce festival fait corps avec l’abbaye cistercienne, un lieu magique d’où tout est parti. Le festival doit sa naissance à deux hommes, le père André Gouzes et Michel Wolklowitsky.
 

C’est certainement le festival le plus ancien du département. Il y a 42 ans, le père André Gouzes, ému par l’abbaye cistercienne de Sylvanès qui tombait en ruine, décida de lui redonner vie. Très vite, des jeunes étudiants décidèrent de lui emboîter le pas.
Parmi eux, Michel Wolkowitsky. C’était en 1972. Si, on lui avait dit alors, qu’il serait directeur artistique du festival qui sera créé, quelques années plus tard et qu’il ferait carrière, dans ce petit village excentré et au milieu de nulle part. Il n’y aurait pas cru.
Pourtant, cela fait plus de 40 ans que Michel Wolkowitsky travaille à la notoriété de ce festival. Un festival dont la marque de fabrique est de faire rencontrer et dialoguer les cultures du monde, à travers leurs musiques sacrées.
« Nous étions une poignée autour du père Gouzes. Au début, nous avons commencé à rêver, sans trop savoir où nous allions », se souvient Michel Wolkowitsky.
Les premières années furent consacrées à la rénovation de l’abbaye.
« Imaginez cette salle des prêtres, où il n’y avait pas de dalle, mais de la terre battue. Elle servait aux bêtes, elle était transformée en bergerie », ajoute l’actuel directeur en faisant visiter les lieux.  Le cloître aussi était en piteux état.
« Après la rénovation, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de ce lieu, car notre but était de le faire vivre. Mais vite, on s’est dit qu’on allait concrétiser, ce qu’on savait faire, c’est-à-dire de la musique pour moi et du chant liturgique pour le père André Gouzes », confie-t-il.
C’était en 1976, c’était le début de l’aventure. « Nous avons commencé à proposer des stages de musique et de chant, en été. Ensuite, on a proposé des concerts, avec des amis, dans une programmation très éclectique », se souvient le directeur artistique.

A contre-courant des années 70

Quelques années plus tard et à contre-courant de tout ce qui pouvait se faire dans les années 70, le festival des musiques sacrées commençait à prendre forme.
« On s’est dit pourquoi ne pas faire dialoguer les musiques chrétiennes. Il s’agissait de l’Église catholique et orthodoxe. Mais petit à petit, on a élargi aux musiques méditerranéennes, en programmant des concerts évoquant les trois religions monothéistes », confie, le cofondateur.
Et d’ajouter, cette période a été « un long travail de rencontres et de découvertes ».
Une fois le festival consolidé et la notoriété au rendez-vous, il s’agissait pour l’équipe d’apporter de la nouveauté. « C’est là que nous avons décidé de nous ouvrir à toutes les traditions du monde et à la sagesse de l’Humanité », souligne Michel Wolkowitsky.

12 000 mélomanes par an

Début des années 2000, c’est une exploration sans fin qui s’annonce. « Nous voulions parler le langage universel, le langage où l’on n’a pas besoin de parler pour se comprendre », se remémore le directeur artistique.
Depuis quelques années, le langage du festival des musiques sacrées est aussi un langage corporel qui fait appel à la danse et aux louanges comme une prière. Les traditions font aussi partie de ce nouveau langage. Les derniers exemples en témoignent. Rappelons la présence du Ballet royal du Cambodge, les tourneurs derviches… nul besoin de comprendre ce qui se dit. Devant la gestuelle religieuse, l’émotion devient palpable.
De plus, l’abbaye s’ouvre de plus en plus à la création contemporaine. Le centre favorise les résidences d’artistes, pour des stages ou des répétitions. Il se murmure que des grands artistes viennent (incognito) y répéter pour des rôles, des concours… L’acoustique et la tranquillité des lieux font de l’endroit, un lieu prisé.
Aujourd’hui, l’abbatiale de Sylvanès, qui attire 12 000 mélomanes par an, n’a plus rien à démontrer. Mieux, elle a obtenu le label « Centre culture de rencontre », en 2015. Donné par le ministère de la culture, le label garantit une belle visibilité au niveau national (voire international).
Pour découvrir toute la beauté, à la fois de l’abbaye et du festival, le mieux est de s’y rendre jusqu’au 25 août.

Le festival mercredi 14 août

Mercredi 14 août, à 17 heures, c’est le chœur « Gloire à la mère de Dieu » qui se produit. Le groupe interprétera des chants znamenny (polyphonies et liturgie Mariale orthodoxe russe du 16 au XXe siècle).
Le chœur du patriarcat russe de Moscou (sous la direction d’Anatoly Grindenko) est venu tout spécialement de Moscou. Il est garant de la grande tradition de la liturgie orthodoxe. Créé en 1980, il s’est bâti une réputation internationale à la hauteur de la beauté des douze voix qui le composent. Tarif de 15 à 25 € (gratuit pour les moins de 13 ans).
Demain, jeudi 15 août, c’est la 30e académie de Chœurs et d’orchestre, avec l’interprétation de « Mozart Sacré ! ». Au programme « Exulte Jubilate » pour soprano solo et orchestre, Messe du couronnement, Vêpres Solennelles d’un confesseur (symphonie salzbourgeoise n°29).  Cette rencontre créatrice entre choristes amateurs, solistes et instrumentalistes professionnels est dirigée par Michel Piquemal, à 17 heures. Réservations au 06 08 62 71 64.
Samedi 17 août, c’est « L’Europe mystique », des polyphonies sacrées du XVIIe et XVIIIe siècles qui sera interprétée, en l’abbatiale de Sylvanès, à 21 heures. Tarifs de 15 à 25 € (gratuit pour les moins de 13 ans).
Dimanche 18 août, Stabat Mater de Josquin Desprez, de Arvo Part (de tradition Sarde, à quatre voix). Ce programme est conçu autour de Stabat Mater - lamento de la passion telle que vécue par la mère du Christ- et propose de découvrir trois versions différentes. A noter, qu’à partir de 19 heures, un repas est prévu sur réservation uniquement. 

Salima Ouirni
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