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Le passé "fort " de Peyrusse-le-Roc

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  •  Peyrusse-le-Roc est un village naturellement fortifié, de par une situation géographique difficile d’accès.
    Peyrusse-le-Roc est un village naturellement fortifié, de par une situation géographique difficile d’accès. F.C. / F.C.
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Peyrusse-le-Roc est un village marqué par l’histoire médiévale, dont la création remonte bien plus loin, à l’époque gallo-romaine, d’où son nom latin originel : Petrucia. Peyrusse-le-Roc est un village naturellement fortifié, de par une situation géographique difficile d’accès. Peyrusse-le-Roc a longtemps été l’une des places fortes des rois de France et des comtes de Toulouse. À son apogée, alors qu’il se prévalait d’être le plus important bailliage du Rouergue, le village abritait 3 500 habitants.
Les XVIe et XVIIe siècles virent Peyrusse perdre de sa superbe. Mais la barbacane, le beffroi, le tombeau du roi (mausolée du XIVe siècle), l’église Notre-Dame de Laval, l’hôpital des Anglais et les tours du « Roc del Thaluc » sont encore aujourd’hui les traces marquantes d’une histoire particulièrement riche. Chaque année, des milliers de touristes font le détour pour s’imprégner de ce passé, tandis qu’une poignée d’irréductibles villageois, bien moins nombreux qu’au Moyen-Âge, « défendent » toujours la place.
 

Se reposer à l'ombre des vieilles pierres

Claude Pradines est né à Peyrusse-le-Roc. Mais ce Pétrucien de souche a fait sa vie à Toulouse. Ce qui ne l’empêche pas de revenir chaque été pour "se reposer".
Claude Pradines est né à Peyrusse-le-Roc. Mais ce Pétrucien de souche a fait sa vie à Toulouse. Ce qui ne l’empêche pas de revenir chaque été pour "se reposer". - F.C.

Claude Pradines est né à Peyrusse-le-Roc. Mais ce Pétrucien de souche a fait sa vie à Toulouse. Ce qui ne l’empêche pas, chaque été, depuis tellement longtemps qu’il ne se souvient pas du nombre précis d’années, de quitter la ville rose pour venir passer une quinzaine de jours dans la maison qui l’a vu naître, sur la place des Treize-Vents. Il séjourne par ici avec ses deux sœurs Monique et Christiane, elles aussi Toulousaines et elles aussi nées dans cette maison. Assis sous les frondaisons de leur maison de famille, les trois Toulousains de Peyrusse disent apprécier ce retour aux sources, même si « le village est vraiment tranquille, presque trop. Mais bon, les vieilles pierres c’est quand même quelque chose. On vient pour se reposer, alors on se repose. Nous, comme on connaît, on n’a rien à faire d’autre en fait. Mais c’est sûr que ça nous change de la vie toulousaine… »

Un cadre préservé et authentique

Mathilde est venue cet été, avec mari et enfants, à la découverte des villages aveyronnais « chargés d’histoire ».
Mathilde est venue cet été, avec mari et enfants, à la découverte des villages aveyronnais « chargés d’histoire ». - F.C.

Mathilde est venue cet été, avec mari et enfants, à la découverte des villages aveyronnais « chargés d’histoire ». Elle et sa famille étaient cette semaine de passage à Peyrusse. Et Mathilde n’a pas regretté le détour :
« J’aime beaucoup. Ça respire vraiment l’authenticité. Par endroits, on sent le décor chargé d’histoire. C’est presque émouvant. Et puis, plus largement, ce que nous apprécions dans nos visites des villages aveyronnais, que ce soit Conques - vraiment magnifique Conques - Belcastel, La Couvertoirade ou ici à Peyrusse, c’est que le cadre a été magnifiquement préservé. Ça nous change de certains sites du même genre en Provence, qui sont malheureusement devenus des galeries marchandes. En Aveyron, il y a visiblement un autre respect du patrimoine. Et c’est très bien comme ça. »

Un village où il fait bon vivre

Monique Savignac est l’une des dernières. Ou presque. Si elle est née à Montbazens, elle revendique l’identité pétrucienne.
Monique Savignac est l’une des dernières. Ou presque. Si elle est née à Montbazens, elle revendique l’identité pétrucienne. - F.C.

Monique Savignac est l’une des dernières. Ou presque. Si elle est née à Montbazens, elle revendique l’identité pétrucienne. Dans ce cas, il y a elle, son mari et Hervé Vernhes, le sculpteur du village (lire ci-dessous). Pour le reste, des gens d’ailleurs sont venus s’installer par ici ou ont aménagé des résidences secondaires. Dans le vieux bourg, les habitants sont aujourd’hui une trentaine à vivre à l’année, pour un peu plus de 200  habitants sur la commune.
Bien calée derrière les fourneaux de l’auberge de Peyrusse, Monique Savignac défend mordicus « son » village, dont le maire n’est autre que son époux, Francis. « Il fait très bon vivre à Peyrusse. L’année, on peut la partager en deux saisons. Il y a l’été, avec le tourisme, et le passage de nombreux visiteurs. Et puis il y a la saison de l’estofinado, quand il fait moins chaud. C’est autre chose, mais c’est bon quand même. Et s’il n’y a pas autant de monde qu’à l’époque, on dira qu’on a préféré la qualité à la quantité. Après, ce que je retiens, c’est qu’on a su préserver le site. C’est beau et les touristes sont nombreux à nous le dire. »

Ici, on prend toute la conscience du passé

Hervé Vernhes est un vrai, presque un tatoué. Né à Peyrusse, le sculpteur local passe bien un peu de temps à Paris. Mais il aime à revenir très souvent par chez lui pour s’adonner à son art.
Hervé Vernhes est un vrai, presque un tatoué. Né à Peyrusse, le sculpteur local passe bien un peu de temps à Paris. Mais il aime à revenir très souvent par chez lui pour s’adonner à son art. - F.C.

Hervé Vernhes est un vrai, presque un tatoué. Né à Peyrusse, le sculpteur local passe bien un peu de temps à Paris. Mais il aime à revenir très souvent par chez lui pour s’adonner à son art. Dans le jardin en contrebas de sa maison, il sculpte la pierre, le bois. Une salle d’exposition est ouverte aux visiteurs, en accès libre. Quand il parle de Peyrusse, et après avoir pris soin de choisir ses mots, Hervé Vernhes évoque un « environnement fort, très fort. C’est un village où l’on prend toute la conscience du passé, de son passé. Ici, on ressent quelque chose. Même quand on est étranger aux choses de l’histoire, on devine que l’endroit est imprégné d’un vécu extraordinaire. Mais bon, le village se vide. C’est dommage. L’abandon de la petite ruralité est un crime. Les gens préfèrent aller crever dans les grandes villes. »
 

François Cayla
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